Regional workshop on AMR/AMU in aquaculture for French speaking African countries. “WOAH standards: Addressing AMR while enhancing sustainable aquaculture production”
Rimmibitiri Segda, Ministry of Agriculture, Livestock and Fisheries, Burkina Faso. Photo © E. Uber (woah) 2026
The World Organisation for Animal Health (WOAH), with support from the Fleming Fund via British Aid (United Kingdom), organised its fourth series of progressive training courses on antimicrobial resistance (AMR) in aquaculture.
Held in Tunis, Tunisia, the workshop brought together national AMR focal points, as well as veterinary specialists in fisheries, from French-speaking African countries, a few months after a similar training session was held in Harare, Zimbabwe, from 13 to 15 August 2025 for English-speaking Member States: Zimbabwe hosts WOAH workshop on AMR in Aquaculture for english-speaking Africa
Dr Hajer Kilani - Deguiche, WOAH Sub-Regional Representative for North Africa. Picture (c) E. Uber (woah) 2026.
The training course was opened by Dr Hajer Kilani, Sub-regional Representative for North Africa, alongside Dr Wahib Mehri, Director General of Veterinary Services and WOAH Delegate for Tunisia.
The training brought together national officials responsible for combating AMR and veterinarians specialising in fisheries from French-speaking African countries. It provided a valuable platform for exchanging best practices and fostering a common understanding with a view to developing effective strategies to combat AMR in aquaculture.
Monsieur le Directeur Général des Services vétérinaires,
Chers participants, chers experts,
Chers collègues,
C’est avec une émotion toute particulière que je prends la parole aujourd’hui.
Je suis particulièrement honorée et heureuse de vous accueillir à Tunis pour l’ouverture de cet atelier régional, qui constitue mon premier discours en tant que Représentante sous-régionale de l’Organisation mondiale de la santé animale pour l’Afrique du Nord. Je suis convaincue que cet événement restera gravé dans ma mémoire, non seulement parce qu’il marque une nouvelle étape de mon parcours au sein de l’OMSA, mais surtout parce qu’il nous rassemble autour d’un enjeu qui dépasse largement le secteur de l’aquaculture : celui de notre responsabilité collective pour préserver la santé, garantir la sécurité alimentaire et protéger les ressources dont dépendront les générations futures.
Je tiens à remercier chaleureusement les autorités tunisiennes, et tout particulièrement la Direction Générale des Services vétérinaires, pour leur engagement et leur précieuse collaboration dans l’organisation de cette rencontre. J’adresse également mes sincères remerciements à mes collègues de l’OMSA, aux experts ainsi qu’à l’ensemble des participants venus de plus de vingt pays francophones d’Afrique. Votre présence illustre une conviction forte : les défis sanitaires auxquels nous faisons face sont communs, et ils appellent des réponses collectives fondées sur la confiance, la science et la coopération.
Mesdames et Messieurs,
L’aquaculture occupe aujourd’hui une place stratégique dans les systèmes alimentaires mondiaux. Alors que la demande en denrées alimentaires devrait augmenter de 35 à 56 % d’ici 2050, ce secteur offre une réponse durable à la nécessité de produire davantage tout en préservant des ressources naturelles de plus en plus sollicitées. Il contribue à la sécurité alimentaire, à la nutrition, à la création d’emplois et au développement économique de nombreux territoires. Pour l’Afrique, où le potentiel de développement est considérable mais encore largement sous-exploité, l’aquaculture représente une véritable opportunité d’investissement pour l’avenir. Pourtant, le continent ne contribue encore qu’à moins de 2 % de la production aquacole mondiale, ce qui souligne l’ampleur du chemin qu’il nous reste à parcourir.
Accompagner cette croissance implique toutefois une responsabilité majeure : celle de construire des systèmes de production durables, capables de concilier performance économique, santé animale, protection de l’environnement et confiance des consommateurs. Les effets du changement climatique, la multiplication des maladies émergentes, l’intensification des échanges commerciaux et les pressions croissantes exercées sur les écosystèmes aquatiques renforcent chaque jour cette exigence. Les milieux marins et continentaux sont au cœur de cet équilibre. Ils constituent un patrimoine naturel essentiel, mais également un espace où interagissent les animaux, les êtres humains, les agents pathogènes et l’environnement.
Dans ce contexte, la résistance aux antimicrobiens représente l’un des défis les plus complexes auxquels nos systèmes de santé sont confrontés. Elle compromet progressivement l’efficacité de médicaments indispensables, fragilise les systèmes de production et constitue une menace croissante pour la santé animale, la santé humaine, la sécurité alimentaire et les échanges internationaux. La réponse à ce défi ne peut se limiter à réduire l’utilisation des antimicrobiens ; elle consiste avant tout à prévenir les maladies grâce à une biosécurité renforcée, à de bonnes pratiques d’élevage, à une surveillance efficace et à des Services vétérinaires performants.
Préserver l’efficacité des antimicrobiens n’est pas seulement un impératif sanitaire : c’est un investissement pour l’avenir de nos systèmes alimentaires. Cette vision est au cœur de l’action de l’Organisation mondiale de la santé animale.
Depuis plus de cent ans, l’OMSA accompagne ses Membres en élaborant des normes internationales fondées sur les meilleures connaissances scientifiques, en renforçant les capacités des Services vétérinaires et en favorisant la coopération internationale pour prévenir, détecter et maîtriser les maladies animales. Dans le domaine des animaux aquatiques, cette mission s’appuie notamment sur le Code sanitaire pour les animaux aquatiques et le Manuel des tests de diagnostic pour les animaux aquatiques, qui constituent les références internationales pour la prévention et le contrôle des maladies, la sécurité des échanges et l’utilisation responsable et prudente des antimicrobiens. À travers sa Stratégie sur la santé des animaux aquatiques et sa Stratégie sur la résistance aux antimicrobiens, l’OMSA accompagne également ses Membres dans le renforcement de la biosécurité, l’amélioration de la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance, ainsi que dans le développement de systèmes de production plus résilients et durables.
Ces actions prennent pleinement leur sens dans le cadre de l’approche Une Seule Santé. Les écosystèmes aquatiques illustrent parfaitement l’interdépendance entre la santé animale, la santé humaine et la santé de l’environnement. Les eaux ne connaissent pas de frontières. Elles relient les territoires, les espèces et les populations. Elles peuvent également transporter des agents pathogènes, des résidus d’antimicrobiens ou des bactéries résistantes. Préserver la santé des animaux aquatiques revient donc aussi à préserver la qualité de nos écosystèmes, la biodiversité, les moyens de subsistance des communautés qui en dépendent et, plus largement, la santé de nos populations. C’est cette vision intégrée qui guide aujourd’hui les actions de l’OMSA aux côtés de ses partenaires de la Quadripartite.
L’atelier que nous organisons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans cette ambition. Pendant ces trois jours, vous approfondirez les normes internationales de l’OMSA applicables à l’aquaculture, renforcerez vos connaissances sur l’utilisation responsable et prudente des antimicrobiens, la biosécurité, la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance, ainsi que sur les outils développés par notre Organisation pour accompagner les Membres dans la mise en œuvre de ces recommandations. Au-delà du renforcement des capacités techniques, cette rencontre a également pour objectif de consolider un réseau régional d’expertise, de favoriser le partage d’expériences et de renforcer la coopération entre les points focaux afin de soutenir durablement le développement d’une aquaculture résiliente sur le continent africain.
Je suis convaincue que la richesse de cet atelier résidera autant dans les échanges entre les participants que dans le contenu scientifique qui sera partagé. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont complexes, mais ils représentent également une formidable opportunité de renforcer notre coopération et de transformer nos connaissances en actions concrètes au bénéfice de nos Membres.
Mesdames et Messieurs,
Investir dans la santé des animaux aquatiques, c’est investir dans la sécurité alimentaire, dans la résilience de nos systèmes de production, dans la protection de l’environnement et dans le bien-être des populations. Je forme le vœu que ces trois journées renforcent non seulement vos connaissances et vos compétences, mais qu’elles permettent également de consolider une communauté d’expertise engagée, capable de transformer les normes internationales en actions concrètes adaptées aux réalités de chacun de nos pays.
En conjuguant la science, les normes internationales, l’innovation et la coopération, nous avons l’opportunité de faire de l’aquaculture un modèle de développement durable et une illustration concrète de l’approche Une Seule Santé.
Je vous souhaite des travaux fructueux, d’excellents échanges et un agréable séjour en Tunisie.
Je vous remercie de votre attention.
The meeting was attended by teams from 20 Member States:
Dr Salma Ben Yahia, Institut de Recherche Vétérinaire de Tunis (Tunisia). Picture (c) E. Uber (woah) 2026.
The programme moved from global approaches to concrete measures taken at national level. The first day began with a review of the gaps identified at the previous workshop (2024) – such as the lack of an approved list of antimicrobials for aquaculture, insufficient surveillance, a shortage of specialist vets, and limited coordination – along with the proposed solutions. This was followed by a presentation on WOAH’s global work plan on antimicrobial resistance in aquaculture, an introduction to the PVS tool for aquatic health services, and an update on the work of the WOAH Aquatic Animal Health Standards Commission. Regional initiatives were then presented by World Fish Centre, the African Union and the WOAH regional programmes, before national presentations (Morocco, Senegal, Tunisia/FAO) highlighted the progress made since the 2024 workshop.
The day concluded with a session on surveillance, covering Canada’s experience with data on antimicrobial use and an overview of WOAH’s ANIMUSE database, which highlighted a persistent gap in quantitative reporting on antimicrobial use by African countries.
The second day continued with a group discussion on the theme ‘Surveillance’, followed by a session on ‘Research and Innovation’, during which Valeria Mariani presented WOAH’s collaboration with the international research consortium STAR IDAZ, aimed at identifying global priorities for research into aquatic animal health. These priorities were defined following a participatory process combining expert consultations and multi-stakeholder workshops, and cover diagnostics, vaccines, biosecurity, environmental surveillance and alternatives to antimicrobials.
Ghar El Melh - fishing port – Bizerte, Tunisia. Photo (c) N. Brik (woah) 2026
Further national presentations (Burkina Faso, Cameroon, Côte d’Ivoire, Tunisia) addressed biosecurity, vaccination and other preventive alternatives to antimicrobials. The day concluded with sessions dedicated to ‘One Health’ and ‘sustainability’, during which country representatives drafted brief national and regional roadmaps.
The third day was devoted to a field trip to the fishing port of Ghar El Melh (Bizerte Governorate), where participants were able to observe the host aquaculture company’s sea cages, in particular the feeding process, before visiting the company’s feed storage and net repair facilities, as well as its wholesale and retail departments. Discussions centred on the detection and management of diseased fish, diagnostic and treatment protocols, and methods of administering medication. Participants then travelled to the Old Port of Bizerte for lunch and a cultural tour, bringing the workshop to a close.
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