La session inaugurale de la 93e Session générale de l’Organisation mondiale de la santé animale s’est tenue pour la première fois le 18 mai 2025 dans le nouveau site de la forêt CNIT, dans le quartier financier de La Défense à Paris. L’événement a été marqué par plusieurs discours de haut niveau, notamment ceux de la Présidente de l’OMSA, Dre Susana Pombo, de la Directrice générale, Dre Emmanuelle Soubeyran, ainsi que de représentants d’institutions partenaires et d’autorités gouvernementales.
Dans son discours, la Dre Susana Pombo, Déléguée du Portugal et Présidente de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OMSA, a souligné l’importance de la responsabilité collective et a réaffirmé l’OMSA en tant qu’organisation dirigée par ses Membres, soulignant le 8e Plan stratégique comme une feuille de route clé pour renforcer les systèmes mondiaux de santé animale et la coopération internationale.
Pour sa part, la Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA, a souhaité la bienvenue à tous les participants et souligné la complexité croissante des défis mondiaux liés à la santé animale, appelant à une transition vers la prévention et à une augmentation significative des investissements dans les systèmes de santé animale en tant que pilier essentiel de la sécurité sanitaire mondiale.
Enfin, les représentants des autorités gouvernementales et des institutions partenaires ont unanimement salué le rôle central de l’OMSA dans la garantie du commerce des animaux et des produits animaux. Ils ont appelé à une collaboration plus étroite entre les institutions et entre les Membres afin de garantir l’efficacité des actions de lutte contre les maladies animales.
Des ministres responsables de l’élevage de plusieurs Membres ont été invités à cette session et ont pris la parole.
Hon. Lt. Col (Rtd) Bright Rwamirama, Minister of State for Animal Industry of the Ministry of Agriculture, Animal Industry and Fisheries (MAAIF) of Uganda (with Drs Pombo, left and Soubeyran, middle). Picture © Maurine Tric (woah) 2026.
S.E. le Lt. Col. (à la retraite) Bright Rwamirama, Secrétaire d’État à l’Industrie Animale du Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie Animale et de la Pêche (MAAIF) de l’Ouganda (avec les Drs Pombo, à gauche et Soubeyran, au centre). Photo © M. Tric (omsa) 2026.
Parmi eux figuraient le Royaume d’Eswatini, Son Excellence Mandla Tshawuka, la République de Guinée, Son Excellence Félix Lamah, et la République fédérale du Nigeria, Son Excellence Idi Mukthar Maiha, tous ayant collectivement souligné l’importance de la coopération régionale et des réponses coordonnées aux maladies animales transfrontalières, soulignant le rôle stratégique de la santé animale dans le développement rural, et ont appelés à un investissement accru ainsi qu’un accès équitable aux vaccins, aux technologies et aux ressources essentielles.
Enfin, le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Dr Thanawat Tiensin, Directeur général adjoint pour la production et la santé animales et “CVO” de la FAO, a remercié l’OMSA et ses Membres pour leur leadership continu et a réaffirmé l’importance d’une collaboration renforcée dans le cadre de l’approche “One Health” ou Une Seule Santé pour garantir des systèmes alimentaires plus durables et davantage dénués de risques.
Six autres ministres africains responsables de l’élevage, de la production et/ou de la santé animale présents venaient du : Botswana, Côte d’Ivoire, Madagascar, Ouganda, Soudan et Zambie. Ils ont été personnellement accueillis par la Directrice générale et ont ensuite participé à plusieurs tables rondes dans le cadre du Forum sur la santé animale (voir ci-dessous).
La Session générale a été fréquentée par 34 (des 54) Membres africains suivants (pays et territoires, représentés soit par le/la Délégué(e), soit par son représentant désigné (alternate Delegate ou AD) :
Recipient of the 2026 WOAH Meritorious Award, Dr Junaidu Maina, former WOAH Delegate of Nigeria and former Prosident of the Rinderpest Global Advisory Committee (GAC). Picture © M. Tric (woah) 2026.
Lauréat du Prix Méritoire OMSA 2026, le Dr Junaidu Maina, ancien Délégué OMSA du Nigeria et ancien Président du Comité consultatif conjoint pour la peste bovine (JAC). Photo © M. Tric (omsa) 2026.
La première journée s’est conclue par l’attribution de la Médaille d’or et de deux prix méritoires à des professionnels vétérinaires exceptionnels. Cette année, deux Nigérians ont remporté ces prix convoités : le Dr Junaidu Maina, ancien Délégué OMSA du Nigeria et ancien Président du Comité consultatif conjoint sur la peste bovine (Joint Advisory Committee, JAC), reconnu pour son rôle décisif dans la lutte contre ce que l’on appelle aujourd’hui la grippe aviaire à haute pathogénicité au Nigeria en 2006.
Son compatriote, le Dr Nick Nwankpa, ancien Directeur du Centre panafricain des vaccins vétérinaires de l’Union Africaine (PANVAC, Bishoftu, Éthiopie) et ancien Directeur par intérim du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union Africaine (BIRA, Nairobi, Kenya), a été honoré pour ses réalisations en matière de qualité des vaccins, de recherche et de renforcement institutionnel à l’Institut national de recherche vétérinaire (NVRI, Jos, Nigeria) et à l’UA-PANVAC.
Ces distinctions reflètent la maturité scientifique, la capacité d’innovation et l’influence croissante des professionnels africains dans les domaines de la santé animale, de la sécurité sanitaire et de la préparation aux crises, tout en réaffirmant simultanément l’importance stratégique du continent dans la prévention des maladies transfrontalières et l’avancement de l’approche “One Health”.
Recipient of the 2026 WOAH Meritorious Award, Dr Nick Nwankpa, former Director of the African Union’s Pan-African Veterinary Vaccines Centre (Ethiopia) and former acting Director of the African Union’s Interafrican Bureau for Animal Resources (Kenya). Picture © M. Tric (woah) 2026.
La médaille d’or a été décernée au professeur Ian Brown, ancien Directeur des Laboratoires de Référence de l’OMSA auprès de l’APHA de Weybridge au Royaume-Uni, pour la grippe aviaire, la maladie de Newcastle et la grippe porcine.
Enfin, le Dr Pierre Primot des Services Vétérinaires français (DGAL) et ancien collègue au OMSA, a rendu un hommage émouvant à la Dre Caroline Planté, décédée plus tôt cette année (OMSA : Décès de la Dre. Caroline Planté (28.01) – OMSA – Afrique) et qui a été active sur le continent africain à divers titres au cours des deux dernières décennies.
A droite : Lauréat du Prix Méritoire OMSA 2026, le Dr Nick Nwankpa, ancien Directeur du Centre Panafricain de Vaccins Vétérinaires de l’Union Africaine (Éthiopie) et ancien Directeur par intérim du Bureau Interafricain des Ressources Animales de l’Union Africaine (Kenya). Photo © M. Tric (omsa) 2026.
Photo ci-dessous : Ancien collègue Dr Pierre Primot (DGAL, France) rend hommage à notre collègue Dre Caroline Planté, décédée le 28 janvier 2026. Photo © M. Tic (omsa) 2026.
Former colleague Dr Pierre Primot (DGAL, France) pays tribute to our colleague Dr Caroline Planté who passed away on the 28 January 2026. Picture © M. Tic (woah) 2026.
Dans le cadre de la 93e session générale, OMSA a organisé un Forum sur la santé animale axé sur l’investissement dans la santé et le bien-être des animaux pour assurer l’avenir de tous.
Organisé en trois sessions consécutives, sur deux jours, l’objectif du Forum sur la santé animale était de rassembler une large coalition sociétale d’acteurs façonnant l’avenir de la santé et du bien-être animal, y compris des dirigeants gouvernementaux tels que les ministres des Finances, de l’Agriculture et de la Santé ; institutions financières et investisseurs, du Groupe de la Banque Mondiale aux fonds d’investissement privés et au capital-risque ; des pionniers de l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique et Agro-Tech ; et des représentants de la société civile et des communautés, y compris les éleveurs, les associations d’élevage et les coopératives locales.
La table ronde a bénéficié de la présence de S.E. Sidi Tiémoko Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques de la République de Côte d’Ivoire, et S.E. Lieutenant-colonel (retraité) Bright Rwamirama, Secrétaire d’État à l’Industrie animale du Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie animale et des Pêches (MAAIF) de l’Ouganda. Les points forts de cette table ronde ont été que, par exemple, la Côte d’Ivoire subit une perte estimée à environ 45 millions de dollars américains en raison de maladies zoonotiques telles que la rage, ce qui a un impact significatif sur son économie. Le Ministre ougandais Bright Rwamirama a souligné le renforcement de la collaboration avec la Communauté d’Afrique de l’Est (East African Community, ou EAC), incluant des investissements préventifs tels que la vaccination annuelle contre la fièvre aphteuse, suite à d’importantes pertes de bétail ces dernières années. Mme Anne Mottet du Fonds international de développement agricole (FIDA) a réitéré que son organisation soutient les systèmes de santé animale durables grâce à un financement à long terme, souvent en partenariat avec des banques de développement, afin d’améliorer les Services Vétérinaires des pays, la lutte contre les maladies et la résilience des chaînes de valeur de l’élevage.
Cette session a examiné les approches de financement durables pour les Services Vétérinaires et a exploré comment les gouvernements, les autorités vétérinaires, les partenaires de développement et le secteur privé peuvent collaborer pour mobiliser un investissement accru dans la santé animale. La discussion a mis en lumière que la santé animale est un bien public et un investissement stratégique qui contribue directement à la productivité agricole, à la croissance économique, à la sécurité alimentaire, au commerce, aux moyens de subsistance et à la résilience.
La table ronde a réuni des ministres-en-charge-de-l’élevage du Botswana et de Madagascar, dont le premier, le Ministre du Foncier et de l’Agriculture, le Dr Edwin Dikoloti, a souligné que son pays fait actuellement face à d’importants défis de santé animale en raison des épidémies de fièvre aphteuse dans une espace sans vaccination, entraînant de graves perturbations des marchés, une vulnérabilité économique, des restrictions sur la circulation du bétail et la perte de moyens de subsistance de plus de 100 000 personnes. et des revers importants dans les programmes d’élevage et dans l’accès aux marchés d’exportation. Pour sa part, le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage de Madagascar, M. Rakotoarisolo Suzelin Ratohiarijaona, a souligné la nécessité de plus de vétérinaires bien formés, de renforcement des capacités épidémiologiques et d’un soutien régional, incluant la collaboration avec Maurice (Pays Membre) et Mayotte (Territoire Membre), ainsi que des programmes de jumelage visant à développer des expertises dans des domaines tels que la reproduction et l’élevage du bétail à travers la région.
Les panélistes ont souligné que le principal défi n’est souvent pas l’absence de ressources financières, mais plutôt la nécessité d’une gouvernance renforcée, de priorités d’investissement plus claires et de mécanismes de financement capables d’attirer à la fois des capitaux publics et privés.
La présentation du Thème technique par le Rapporteur, Dr Franck C.J. Berthe, Spécialiste principal de l’agriculture à la Banque Mondiale, a posé les bases des discussions du Forum sur la santé animale, soulignant le sous-investissement systémique dans la santé animale et la nécessité d’un changement fondamental dans la manière dont les Services Vétérinaires sont financés et positionnés dans les agendas mondiaux de développement. Le Thème Technique a été élaboré à travers un processus collectif et consultatif, rassemblant les contributions d’un large éventail d’experts et de parties prenantes, et aboutissant à un cadre analytique soutenu par des exemples concrets, des outils et des modèles de partenariats.
Le Dr Berthe a souligné l’importance cruciale des secteurs de l’élevage (sur terre) et des animaux aquatiques, qui représentent un système mondial valant plusieurs milliers de milliards de dollars et soutiennent les moyens de subsistance de plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde. Malgré cela, l’investissement dans les Services Vétérinaires reste disproportionnellement faible, les pays n’allouant qu’une part minimale des ressources nationales — estimée à environ 0,05 % du PIB agricole — pour protéger un secteur central à la sécurité alimentaire, à la stabilité économique et à la santé mondiale. Il a également souligné le fardeau économique substantiel des maladies animales, estimé à 300 milliards de dollars par an, soulignant que ce déséquilibre reflète non seulement un déficit de financement, mais aussi une défaillance de gouvernance plus large, caractérisée par des cycles de sous-investissement, de réponse aux crises et de négligence. Bien que des preuves techniques solides existent déjà pour justifier une augmentation des investissements, le principal défi réside dans la traduction de ces preuves en engagement politique, planification stratégique et décisions de financement durables.
Au cœur de la présentation figurait un appel à une refonte du financement de la santé animale, en s’éloignant d’une approche universelle de financement public vers un modèle plus nuancé basé sur la nature des bénéfices générés. Les services de santé animale sont alors décrits comme couvrant un continuum — des biens privés, qui bénéficient principalement aux producteurs individuels, aux biens publics nationaux et mondiaux, tels que la surveillance, la lutte contre les maladies et la prévention des pandémies.
Dans ce contexte, le Thème technique propose un cadre de financement diversifié, par lequel :
La discussion a également mis en lumière l’importance des approches de financements, conditionnés par des résultats, qui relient le financement à des résultats vérifiés, ainsi que la nécessité de milieux réglementaires propices à instaurer la confiance et à attirer les investissements.
Le renforcement des autorités vétérinaires a été identifié comme essentiel, avec un accent sur la gouvernance, la coordination, la responsabilité et la planification stratégique à long terme, parallèlement aux efforts visant à rendre les systèmes de santé animale plus rentables et bancables grâce à un engagement plus fort avec les acteurs financiers.
Le Thème technique a également proposé un ensemble de recommandations stratégiques clés pour soutenir cette transition. Celles-ci incluent :
Dans l’ensemble, la présentation a souligné que relever les défis actuels ne nécessite pas des ajustements progressifs, mais une transformation systémique et urgente dans la manière dont la santé animale aujourd’hui est financée et gouvernée. Le Rapporteur a conclu en appelant à un engagement collectif à reconnaître la santé animale comme un investissement stratégique, essentiel pour les systèmes alimentaires, la résilience économique et la sécurité sanitaire mondiale, et à traduire cette reconnaissance en décisions concrètes de politique et de financement.
Lors de la discussion bilatérale qui a suivi avec la Présidente de l’Assemblée mondiale, la Dre Susana Pombo, le Dr Berthe a décrit le travail préparatoire étendu entrepris pour élaborer ce Thème technique. Le processus comprenait des consultations et des entretiens avec des parties prenantes de plusieurs secteurs afin de recueillir des expériences pratiques et d’identifier les obstacles au financement durable. Il a expliqué que ces consultations visaient à apporter des perspectives concrètes dans la discussion et à mieux comprendre comment les lacunes de financement pourraient être comblées dans différents contextes.
La Dre Susana Pombo a souligné qu’il n’existe pas de modèle unique applicable à tous les Membres. Les approches de mise en œuvre doivent refléter les circonstances nationales, les capacités existantes et les priorités. Elle a encouragé les Membres à réfléchir à la manière dont les recommandations pourraient être adaptées à leur propre contexte et environnement financier.
Le Dr Franck Berthe a en outre souligné que les progrès ne peuvent être réalisés uniquement par une augmentation des budgets. En effet, des améliorations durables nécessitent :
Il a souligné que les pays ont besoin d’un véritable cadre stratégique pour guider les investissements et les réformes, plutôt que de se fier exclusivement à des augmentations budgétaires progressives.
Le rapport complet du Thème technique est disponible ici : https://www.woah.org/app/uploads/2026/04/gs93-2026-wd-tech-01-fr.pdf
Dr Franck Berthe, rapporteur du Thème technique, Spécialiste principal de l'élevage, Groupe de la Banque Mondiale, Washington D.C.
Dr Franck C.J. Berthe, Senior Agriculture Specialist at the World Bank, as rapporteur. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
Animé par la Dre Mariana Marrana (OMSA), ce panel a réuni des représentants seniors du Danemark, de la France, de l’Inde, du Kazakhstan, du Tchad, de l’Uruguay et de l’OMSA afin d’illustrer comment les principes énoncés dans le Thème technique sont traduits en pratique dans divers contextes nationaux.
La discussion a mis en lumière la valeur d’un engagement large des parties prenantes dans la définition du Thème technique, avec des contributions des gouvernements, des autorités vétérinaires, des partenaires au développement et du secteur privé, garantissant que les recommandations soient fondées sur la réalité opérationnelle. Les panélistes ont souligné la nécessité de lutter contre la fragmentation à travers cet écosystème de la santé animale, soulignant que la coordination renforcée est essentielle pour aligner les priorités, améliorer l’utilisation des ressources et soutenir des approches intégrées de financement et de prestation de services en santé animale.
Un thème récurrent était le défi de traduire des preuves techniques en décisions politiques et d’investissement. Alors que les données économiques et épidémiologiques sont de plus en plus disponibles, les intervenants ont souligné l’importance de renforcer le plaidoyer, de démontrer clairement le retour sur investissement et de lier les preuves à des décisions concrètes de financement.
Les expériences nationales ont démontré une gamme d’approches de financement, notamment des partenariats public-privé (PPP), des systèmes de prélèvement et des mécanismes de cofinancement, tous soutenus par une gouvernance forte, des rôles institutionnels clairs et une responsabilité partagée entre les parties prenantes. Parallèlement, des défis opérationnels subsistent, notamment dans les environnements à faibles ressources. L’intervention du Tchad a mis en lumière des contraintes liées à la mobilité du bétail, un accès limité aux zones isolées et les lacunes en ressources humaines, soulignant l’importance des approches communautaires et le renforcement des capacités de la main-d’œuvre dans un cadre “One Health” (Une Seule Santé).
Dans l’ensemble, le panel a réaffirmé que le financement durable des Services Vétérinaires dépend non seulement de la mobilisation des ressources, mais aussi d’une coordination efficace, de la capacité institutionnelle et de la capacité à transformer les preuves en actions, positionnant la santé animale comme un investissement stratégique pour des systèmes alimentaires résilients et des moyens de subsistance.
Modéré par Mme Nada Essawy (OMSA), ce panel a réuni des représentants du Livestock and Livestock Products Board de la Namibie (représenté by la Dre Anja Boshoff, Assurance – qualité), de la Direction indonésienne de la santé animale, de l’Autorité chilienne de la santé aquacole et de la Commission Européenne (DG SANTE) afin d’examiner les conséquences économiques des maladies animales et d’identifier des approches de financement durables pour les Services Vétérinaires.
La discussion a réaffirmé que les maladies animales ont des impacts négatifs significatifs sur la productivité du bétail, les revenus agricoles, le commerce et l’accès aux marchés, les épidémies générant des pertes substantielles sur les chaînes de valeur et, dans certains cas, affectant la performance économique nationale plus large. Les intervenants ont souligné que des investissements en retards ou insuffisants dans la prévention et la préparation entraînent souvent des coûts de riposte bien plus élevés, soulignant la nécessité d’approches d’investissement plus stratégiques et tournées vers l’avenir.
Un message clé du panel était que la santé animale ne doit pas être considérée comme un coût, mais comme un investissement stratégique dans le développement économique, la résilience et la sécurité alimentaire. Des Services Vétérinaires renforcés ont été reconnus comme essentiels pour améliorer la productivité, augmenter les revenus, accroître les opportunités de marché et soutenir des chaînes de valeur agricoles durables.
Le panel a souligné l’importance de modèles de financement diversifiés et durables, notant que la seule dépendance aux budgets publics est insuffisante. Le financement public peut jouer un rôle catalyseur, aidant à réduire les risques dans les investissements et à créer des conditions favorisant l’engagement du secteur privé. Dans ce contexte, les intervenants ont discuté du potentiel des mécanismes de financement mixte pour mobiliser des ressources supplémentaires, aux côtés d’approches telles que le financement basé sur les résultats, qui peuvent renforcer la responsabilité et améliorer le suivi des performances.
Un thème central était la nécessité d’élargir la participation du secteur privé aux systèmes de santé animale. Les panélistes ont souligné que des opportunités existent dans des domaines tels que la prestation de services, les infrastructures et l’innovation, mais que les distorsions des lois du marché et les contraintes réglementaires limitent souvent les investissements. S’attaquer à ces obstacles et utiliser stratégiquement les ressources publiques pour exploiter le capital privé a été identifié comme des priorités clés, tout en maintenant le rôle central des gouvernements dans la supervision des fonctions vétérinaires essentielles.
La discussion a également souligné l’importance d’une gouvernance solide et d’une capacité institutionnelle, en particulier le rôle des autorités vétérinaires en tant que gardiens des systèmes nationaux de santé animale. Le renforcement des mécanismes de leadership, de planification stratégique, de coordination et de responsabilité a été identifié comme essentiel pour garantir que les ressources disponibles soient gérées efficacement et alignées sur les priorités nationales.
Dans l’ensemble, le panel a conclu que le financement durable des systèmes de santé animale dépend non seulement de la mobilisation de ressources supplémentaires, mais aussi de l’alignement des modèles de financement, des cadres de gouvernance et de la capacité institutionnelle, afin de garantir que les investissements soient efficacement traduits par de meilleurs résultats pour l’agriculture, les moyens de subsistance et la résilience économique.
Animé par le Dr Morgan Jeannin (OMSA), ce panel a réuni des représentants des Services Vétérinaires de l’Egypte, de l’Autorité vétérinaire irlandaise, de l’Institut international de recherche sur le bétail (International Livestock Research Institute, ILRI) et des Centres Collaborateurs de l’OMSA pour l’économie de la santé animale dans les Amériques et en Europe afin d’explorer comment les preuves économiques peuvent mieux orienter les décisions politiques et renforcer les investissements dans la santé animale.
La discussion a souligné que, bien qu’il existe de nombreuses preuves démontrant les bénéfices économiques des interventions en santé animale, un fossé persistant subsiste entre les résultats issus de la recherche et l’adoption de politiques. Les intervenants ont souligné que traduire les données techniques et économiques en politiques concrètes nécessite non seulement une analyse rigoureuse, mais aussi une communication claire, un plaidoyer fort et un alignement avec les priorités nationales de développement.
Des exemples issus de programmes de lutte contre les maladies ont souligné que les investissements dans la santé animale peuvent générer des retombées significatives, notamment une réduction des pertes de production, une productivité accrue et des opportunités commerciales accrues. Cependant, les intervenants ont souligné que les preuves seules ne suffisent pas à provoquer le changement et doivent être complétées par des efforts visant à construire des arguments d’investissement convaincants qui résonnent auprès des décideurs politiques, en particulier des ministères des finances.
Un thème clé était l’importance de comprendre les incitations et les comportements à travers les parties prenantes, y compris les éleveurs, le secteur public et le secteur privé. Une lutte efficace contre les maladies et un renforcement efficace des systèmes dépendent de l’alignement de ces incitations pour soutenir l’adoption de mesures préventives, le respect des réglementations et un investissement soutenu.
Le panel a également souligné la nécessité d’améliorer les systèmes de données et la capacité analytique, permettant une mesure plus précise du poids des maladie, des gains de productivité et des résultats économiques. Le renforcement du lien entre les institutions de recherche et les décideurs a été identifié comme essentiel pour garantir que les preuves soient utilisées pour éclairer la planification, la budgétisation et la mise en œuvre des politiques.
Dans l’ensemble, la session a souligné que combler le fossé entre la recherche et la politique nécessite une combinaison de preuves économiques crédibles, de communication efficace et de mécanismes institutionnels qui traduisent les connaissances en décisions, positionnant la santé animale comme un investissement stratégique pour le développement économique, la sécurité alimentaire et la résilience des moyens de subsistance.
Modéré par le Dr Rahul Srivastava (OMSA), ce panel a réuni des représentants de gouvernements, de l’industrie et d’organisations internationales, dont l’Australie, l’Inde, Oman, la Tanzanie (le Délégué OMSA, le Dr Benezeth Lutege Malinda) et la Banque Mondiale, afin d’explorer des approches de co-investissement et de partage équitable des coûts entre les chaînes de valeur du bétail.
La discussion a souligné que des systèmes de santé animale efficaces dépendent d’une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes, reflétant la répartition des bénéfices entre les producteurs, les transformateurs, les commerçants et les consommateurs. Les intervenants ont souligné que les modèles de co-investissement — y compris les cadres de partage des coûts, les prélevées industrielles et les accords de partenariat — peuvent renforcer un sens de la propriété, améliorer la durabilité et assurer une répartition plus équitable des coûts et des bénéfices.
Les expériences présentées lors de cette session ont illustré comment les partenariats public-privé (PPP) et les mécanismes de cofinancement peuvent être mis en œuvre avec succès lorsqu’ils sont soutenus par des cadres juridiques clairs, une gouvernance forte et une confiance mutuelle entre les parties prenantes. L’importance d’arrangements prévisibles et transparents a été soulignée comme un facteur clé pour encourager la participation et maintenir une collaboration à long terme.
Le panel a également noté que les systèmes de financement doivent être soigneusement conçus pour éviter les incitations non intentionnelles, en particulier lorsque les mécanismes d’indemnisation, de compensation ou de subvention peuvent influencer les comportements de manière à compromettre les objectifs de maitrise des maladies. Dans ce contexte, un examen régulier et une adaptation des instruments de financement ont été identifiés comme essentiels pour maintenir l’efficacité et l’équité.
Dans l’ensemble, la session a souligné que le partage équitable des coûts et des bénéfices est central pour construire des systèmes de santé animale durables, et que des approches bien conçues de co-investissement peuvent renforcer à la fois la résilience financière et la responsabilité à travers les chaînes de valeur de l’élevage.
Modéré par Mariana Marrana (OMSA), ce panel a réuni des représentants des Services Vétérinaires du Kenya (le Délégué du Kenya, le Dr Allan Azegele), de Heifer International, de la plateforme technologique laitière NITARA (Inde), du Groupe de la Banque Mondiale et du Groupe Hunland pour explorer comment l’innovation et la numérisation peuvent renforcer les systèmes de santé animale et réduire les risques liés aux investissements. La discussion a mis en lumière le rôle croissant des innovations high-tech et low-tech dans l’élargissement de l’accès aux services de santé animale, l’amélioration de l’efficacité et l’amélioration des décisions à travers les chaînes de valeur. Les intervenants ont souligné que les outils numériques — y compris les plateformes de données, les systèmes de traçabilité et les technologies de surveillance en temps réel — peuvent soutenir la détection précoce des maladies, améliorer le bien-être animal et accroître la productivité.
Un message clé était que la numérisation peut réduire considérablement les risques des investissements en réduisant l’incertitude, en améliorant la transparence et en générant des données fiables pour éclairer à la fois la prise de décision publique et privée. Des exemples présentés lors de la session ont illustré comment la technologie peut permettre un meilleur suivi de la santé animale, automatiser la collecte de données et soutenir des modèles de prestation de services plus efficaces, y compris ceux ciblant les petits exploitants.
Le panel a également souligné l’importance d’un environnement propice à l’innovation, incluant des cadres politiques et réglementaires appropriés, des infrastructures numériques et le renforcement des capacités. Les autorités vétérinaires ont été reconnues pour jouer un rôle central dans l’établissement de la confiance, la validation des technologies et l’intégration des outils numériques dans la prestation quotidienne des services.
Parallèlement, la discussion a mis en lumière l’importance d’approches inclusives et adaptées localement, en particulier dans les contextes à faibles ressources. Les modèles communautaires, soutenus par des solutions numériques et des partenariats avec des acteurs locaux, ont été identifiés comme essentiels pour étendre les services aux zones mal desservies et garantir une adoption sur le terrain.
Un thème récurrent était l’importance des partenariats et des actions coordonnées pour faire évoluer l’innovation. La collaboration public-privé, ainsi que l’engagement entre les institutions de recherche, les partenaires au développement et l’industrie, étaient considérées comme essentielles pour faire passer les solutions des phases pilotes à une mise en œuvre à grande échelle.
Dans l’ensemble, le panel a conclu que l’innovation et la numérisation sont des moteurs clés pour des systèmes de santé animale plus résilients, efficaces et bancables, à condition qu’ils soient soutenus par une gouvernance solide, des modèles de prestation inclusifs et des efforts délibérés d’expansion par le partenariat et la coordination.
Le jeudi 21 mai, un premier projet de Résolution n° 35 intitulé « Investir dans la santé animale pour assurer l’avenir de tous » a été diffusé et discuté. Le projet a reçu un large soutien pour un texte présentant la santé animale comme un investissement stratégique essentiel à la sécurité alimentaire, à la santé publique, à la durabilité environnementale et à la résilience économique. Les Membres ont approuvé les 12 recommandations techniques appelant à une intensification du plaidoyer de haut niveau, des mécanismes de financement durables et une approche en cascade combinant solutions du secteur privé, réformes réglementaires et investissements publics ciblés dans les biens publics essentiels. Les discussions ont conduit à plusieurs ajustements clés, notamment l’intégration explicite du bien-être animal tout au long de la résolution, des références renforcées à la facilitation du commerce et à la certification sanitaire, ainsi que la proposition (du Nigeria) d’inclure l’innovation parmi les infrastructures critiques soutenant les systèmes vétérinaires. Les Délégué(e)s ont également souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales par la numérisation, la gestion des données, la surveillance, la traçabilité et l’analyse économique, tout en renforçant l’implication structurée du secteur privé tant dans l’établissement des normes que dans sa mise en œuvre opérationnelle. La Résolution appelle également au développement d’outils pratiques, à des méthodologies harmonisées pour évaluer la charge des maladies et le retour sur investissement, ainsi qu’à la création de centres régionaux d’expertise en économie de la santé animale. La présidente de session, Mme Emily Tagliaro, Cheffe du Service de la mobilisation des ressources et des partenariats financiers de l’OMSA, a conclu en invitant les délégations à soumettre des amendements écrits avant l’adoption officielle prévue pour vendredi, soulignant l’importance stratégique de cette résolution pour tous les membres.
La résolution fut officiellement adoptée, sans autres commentaires ni amendements, par l’Assemblée mondiale, le vendredi 22 mai. En savoir plus ? https://www.woah.org/app/uploads/2026/04/gs93-2026-wd-tech-01-en.pdf (en Anglais)
et https://www.woah.org/app/uploads/2026/04/gs93-2026-wd-tech-01-fr.pdf (en Français)
Two Members of the Bureau of the Regional Commission for Africa, the WOAH Sub-Regional Representative for Eastern Africa and African WOAH Council Member. Fltr : Drs Anne Rose Ademun – Okurut (Uganda), Honoré N’lemba Mabela (Democratic Republic of Congo), Neo Mapitse (WOAH) and Mbargou Lô (Senegal). Picture © I.P. Busuulwa (woah) 2026. Picture © I.P. Busuulwa (woah) 2026.
Deux membres du Bureau de la Commission Régionale pour l’Afrique, le Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est et un Membre africain du Conseil de l’OMSA. De gauche à droite : Dr(e)s Anne Rose Ademun – Okurut (Ouganda), Honoré N’lemba Mabela (République Démocratique du Congo), Neo Mapitse (OMSA) et Mbargou Lô (Sénégal). Photo © I.P. Busuulwa (omsa) 2026.
Pour la troisième année consécutive, la réunion de la Commission régionale pour l’Afrique s’est déroulée en deux sessions distinctes : une première session en ligne d’environ trois heures s’est tenue le mardi 5 mai, tandis qu’une seconde session a eu lieu, en présentiel, le lundi matin 18 mai, pendant environ deux heures. La réunion de Paris a réuni 34 membres de la Commission. De nombreuses organisations partenaires internationales et régionales ainsi que des centres de référence de l’ OMSA et du secteur privé étaient également présents : le Bureau inter-africain des ressources animales de l’Union Africaine (UA-BIRA)AU-IBAR, Boehringer-Ingelheim Animal Health (BIAH), le Botswana Vaccine Institute (BVI), l’EISMV de Dakar (Sénégal), l’IGAD, l’Organisation internationale du textile lainé, l’IRVT (Tunisie), MSD Santé animale, l’Union économique et monétaire de ouest-africaine (UEMOA) et Working Animals International.
La réunion a été présidée par le Dr Honoré Robert N’lemba Mabela, Président de la Commission régionale pour l’Afrique et Délégué de l’OMSA de la République Démocratique du Congo, accompagné du Dr Neo Mapitse, au nom de la Représentation régionale pour l’Afrique, et du Dr Mbargou Lô, Délégué de l’OMSA au Sénégal et Membre du Conseil, au nom du Conseil.
Pour commencer, le Dr Rachid Bouguedour, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique du nord, a résumé les points principaux abordés lors de la réunion virtuelle tenue le 5 mai 2026. La Commission régionale a approuvé les points discutés et approuvés lors de la réunion virtuelle. Le Dr Honoré Robert N’lemba Mabela a ensuite présenté le rapport sur les activités du Groupe Régional de Référence (Regional Core Group, RCG) depuis juin 2025. Cela comprenait une série de réunions virtuelles et en présentiel, toutes organisées pour faire progresser la coordination régionale et la mise en œuvre des priorités clés.
Le Président a mis en avant les principaux enjeux abordés lors de ces engagements, notamment l’examen des résultats de la 26e Conférence régionale (Éthiopie), les préparatifs de la 27e Conférence régionale (Ouganda), la discussion sur les points techniques et l’identification de sujets stratégiques d’importance mondiale pour l’OMSA. Des questions liées à la gouvernance, notamment la révision continue des structures de gouvernance de l’OMSA et des processus de planification stratégique, entre autres.
La Commission a pris note des priorités prévues pour 2027, notamment l’organisation de la 27e Conférence régionale, l’élection d’un nouveau Bureau lors de la 94e session générale (mai 2027), et la poursuite de l’engagement dans les processus de réforme de la gouvernance s’étendant jusqu’à 2027–2028.
Dr Rachid Bouguedour, WOAH Sub-Regional Representative for North Africa. Picture © I.P. Busuulwa (woah) 2026.
Le Dr Michael Botlhe Modisane, Président du Comité de révision de la gouvernance (Governance Review Committee, GRC) et Délégué de l’Afrique du Sud, a fait point à la Commission régionale sur les résultats de la dixième réunion du GRC, tenue les 14 et 15 mai 2026 au Siège de l’OMSA à Paris. Le Dr Miguel Martin Esteban, du Secrétariat de la GRC, a ensuite présenté le projet de Résolution n° 4 sur le rapport et les recommandations de la GRC à la 93e Session générale (voir le résumé ci-dessous, sous Première session administrative). Le Dr Michael Botlhe Modisane a également informé la Commission des récents changements dans la direction du GRC, à savoir la nomination du Délégué de Chypre comme nouveau Président et de la Déléguée de l’Australie comme Vice-président, suite à sa démission de la Présidence dudit Comité.
Dr Rachid Bouguedour, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique du nord. Photo © I.P. Busuulwa (omsa) 2026.
Le Dr Javier Yugueros-Marcos, Chef du Service des produits vétérinaires et de la résistance aux médicaments, a présenté les travaux de OMSA sur la lutte contre les produits vétérinaires de qualité inférieure et falsifiés. Il a été souligné que le renforcement de la réglementation des produits vétérinaires est essentiel pour garantir la sécurité et l’efficacité de ceux qui circulent. L’OMSA évalue actuellement l’outil d’auto-évaluation pour les Agences d’autorisation de mise-sur-le-marché (Veterinary Medicines Regulatory Agency Self-Assessment Tool), un outil volontaire appartenant au pays pour l’auto-évaluation systématique des systèmes de régulation vétérinaire axé sur l’apprentissage. Pour soutenir les Membres, OMSA lance également le système TRUVET (Track and Report Unsafe VETerinary products), collecte systématiquement des données d’incidents, réalise des analyses de risques et émets des alertes mondiales grâce à une forte collaboration internationale. L’équipe TRUVET travaille en étroite collaboration avec tous les Membres de l’OMSA, les Centres Collaborateurs, les parties prenantes du secteur et les partenaires internationaux pour prévenir, détecter, atténuer et répondre aux risques posés par les produits vétérinaires de qualité inférieure et falsifiés.
Partial overview of the attendance of WOAH Delegates at the Annual Meeting of the WOAH Regional Commission for Africa. Picture © I.P. Busuulwa (woah) 2026.
Aperçu partiel de la participation des Délégué(e)s de l’OMSA à la réunion annuelle de la Commission régionale de l’OMSA pour l’Afrique. Photo © I.P. Busuulwa (omsa) 2026
Le Dr Moetapele Letshwenyo, Représentant sous-régional pour l’Afrique australe, a donné une mise à jour sur la situation de la fièvre aphteuse en Afrique australe. La fièvre aphteuse est une maladie virale hautement contagieuse qui touche les animaux à sabots fendus et existe en Afrique australe depuis les années 1930, notamment en ce qui concerne les sérotypes des Territoires d’Afrique australe (Southern African Territories, SAT) associés aux populations de buffles africains (Syncerus caffer), qui servent d’hôtes réservoirs importants. Avant 2016, plusieurs Membres de la sous-région étaient officiellement reconnus comme indemne de fièvre aphteuse sans vaccination ou maintenaient des zones étendues indemnes de la fièvre aphteuse. Cependant, au premier trimestre 2026, l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Eswatini, le Lesotho avaient tous perdu leur statut indemne de la fièvre aphteuse. Les impacts de la fièvre aphteuse s’étendent à toute la chaîne de valeur du bétail, touchant les éleveurs, commerçants, abattoirs et moyens de subsistance ruraux, tandis que la reprise après les épidémies est souvent lente, complexe et gourmande en ressources. L’OMSA continue de soutenir les Membres à travers des normes internationales, une assistance technique et des initiatives de renforcement des capacités. Grâce au Cadre mondial pour le contrôle progressif des maladies animales transfrontalières (GF-TADs), l’OMSA et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) coordonnent les efforts régionaux et mondiaux pour maitriser la fièvre aphteuse en utilisant des outils tels que la Progressive Control Pathway pour la fièvre aphteuse (PCP-FMD) et la Stratégie mondiale de lutte contre la fièvre aphteuse (2012–2027).
Les Délégué(e)s ont noté la disponibilité limitée des données et informations sur la situation de la fièvre aphteuse en Afrique de l’ouest, ce qui limite la prise de décision efficace et les efforts de riposte. Les défis liés à l’accès et à la disponibilité des vaccins ont également été mis en lumière. L’importance de renforcer les partenariats pour combler les lacunes dans l’approvisionnement vaccinal et améliorer l’accès a été soulignée.
Le Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional pour l’Afrique de l’est, a présenté une mise à jour sur les efforts d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) de l’Afrique, en mettant l’accent sur la mise en œuvre du Programme d’éradication de la PPR de l’Afrique, soutenu par l’Union Européenne, et sur les progrès dans le cadre du Projet régional d’appui au pastoralisme dans le Sahel (PRAPS) soutenu par la Banque Mondiale. La Commission a été informée que ces deux initiatives sont essentielles pour parvenir à l’éradication de la PPR d’ici 2030. Le Programme panafricain, aligné sur la Stratégie mondiale FAO/OMSA et mis en œuvre dans la majeure partie de l’Afrique (à l’exception du Maghreb) et offre un cadre coordonné. Soutenue par l’Union Européenne, la phase 1 a été lancée en février 2025 avec 8 millions d’euros mobilisés, tandis que les préparatifs de la phase 2 (subvention de 50 millions d’euros et financement mixte de 40 millions d’euros) sont en cours.
Dirigé par l’UA-BIRA, ledit Programme vise à renforcer les Services Vétérinaires, renforcer la surveillance et les diagnostics, améliorer la vaccination et promouvoir la coordination régionale en Afrique, à l’exception de l’Afrique du nord (région du Maghreb).
Dr Neo Mapitse, WOAH Sub-Regional Representative for Eastern Africa. Picture © I.P. Busuulwa (woah) 2026.
La mise en œuvre est coordonnée par le Secrétariat Panafricain pour la PPR (PAPS), avec l’OMSA, la FAO et l’UA-PANVAC comme partenaires de mise en œuvre. La contribution de l’OMSA est guidée par son mandat en matière de normes, de notification des maladies, de renforcement des capacités et de reconnaissance des statuts de maladie.
La Commission a salué les progrès réalisés dans le cadre des deux initiatives et a noté que l’architecture de mise en œuvre du Programme panafricain est désormais pleinement opérationnelle ainsi que l’accélération des efforts de mobilisation des ressources, y compris les engagements de haut niveau à venir. Les Délégué(e)s ont souligné la nécessité d’étendre les modèles de programmes réussis, tels que ceux mis en œuvre dans le cadre du PRAPS, à des Membres supplémentaires afin d’assurer une couverture régionale plus complète et un impact plus complet, y compris des efforts coordonnés.
Dr Neo Mapitse, Représentant Sous-Régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est. Photo © I.P. Busuulwa (omsa) 2026.
La Dre Relebohile Lepheana, Déléguée du Lesotho et nouvelle Membre du Conseil de l’OMSA. Photo © N. Mapitse (omsa) 2026
Vers la fin de la réunion, lors de la session à huis clos réservée aux Délégué(e)s, le Président de la Commission régionale a rappelé que, lors de la réunion virtuelle de la Commission régionale, les Membres avaient déjà convenu de proposer une candidate pour le poste vacant de Membre du Conseil, suite à la retraite du Délégué d’Eswatini. Le Président a invité la Commission régionale à confirmer cette proposition lors de la présente réunion. Les Délégué(e)s de la région ont confirmé à l’unanimité la proposition de porter la Dre Relebohile Lepheana (Déléguée du Lesotho) à son élection au poste de Membre du Conseil.
Cette proposition a été approuvée à l’unanimité par l’Assemblée mondiale lors de la deuxième session administrative le mercredi 20 mai.
Le rapport complet de la Commission régionale de l’OMSA pour l’Afrique lors de la 93e Session générale, tel qu’adopté par l’Assemblée mondiale, est disponible ici en Anglais : https://rr-africa.woah.org/app/uploads/2026/05/93gs-2026-wd-adm-12-regional-commissions-en-Africa.pdf et en Français : https://rr-africa.woah.org/app/uploads/2026/05/93gs-2026-wd-adm-12-regional-commissions-fr-Afrique.pdf
The WOAH Delegate for Nigeria, Dr Samuel Anzaku, taking the floor. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
Dr Dechassa Tegegne, AMR Programme Officer, WOAH Sub-Regional Representation for Southern Africa, with a fitting pair of sunglasses. Picture © M. Nurkan (woah) 2026.
Part of the delegation from Cote d'Ivoire with the WOAH Deputy Director General Dr Baba Soumaré. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
The WOAH Delegate for Senegal and Member of the WOAH Council, Dr Mbargou Lô, commenting on the Director General’s annual report. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
Le Délégué de l’OMSA pour le Sénégal et Membre du Conseil de l’OMSA, le Dr Mbargou Lô, commentant le rapport annuel de la Directrice générale Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
La Dre Emmanuelle Soubeyran a présenté les principales réalisations et priorités stratégiques de l’Organisation en 2025, mettant en lumière une année passée axée sur les résultats, le renforcement institutionnel et la préparation du prochain cycle stratégique. Elle a remercié les Membres de l’OMSA, les Laboratoires de Référence, les Centres Collaborateurs, les Groupes ad hoc, les partenaires financiers et le personnel pour leur soutien et leur collaboration continus.
La présentation a mis en avant la mise en place continue par l’OMSA du 7e Plan stratégique (jusqu’à la fin de cette année 2026), axé sur l’excellence scientifique, la bonne gouvernance des données, la coopération, l’agilité et l’efficacité. Des progrès significatifs ont été réalisés dans le renforcement des systèmes de renseignement sur la santé animale, avec une augmentation de 47 % des notifications immédiates et plus de 5 800 rapports de suivi soumis via WAHIS. L’OMSA a également renforcé l’interopérabilité entre les WAHIS et la plateforme du Système européen d’information sur les maladies animales (Animal Disease Information System ou ADIS) afin de réduire le poids des répétitions des déclaration pour les Membres.
La Directrice générale a souligné l’importance de la prise de décision fondée sur des preuves et le rôle croissant de l’analyse de données dans le soutien des réponses/réactions rapides aux menaces zoo-sanitaires. En 2025, OMSA a produit 32 rapports couvrant les principales maladies animales, notamment la grippe aviaire à haute pathogénicité, la peste porcine africaine et la fièvre aphteuse. Une enquête interne a également montré que 88 % des Membres ayant répondu étaient satisfaits de la qualité des données et des services d’information de l’OMSA.
La présentation a également mis en avant le leadership de l’OMSA dans l’élaboration des normes, la mise en œuvre de l’approche “One Health”, la préparation aux situations d’urgence et les initiatives mondiales de lutte contre les maladies. Les activités comprenaient des travaux sur la résistance aux antimicrobiens, le changement climatique, la santé de la faune sauvage, les maladies animales transfrontalières et la réduction des menaces biologiques. Des initiatives majeures telles que ZOOSURSY, PROVNA et PROVBAC ont également été mises en avant pour renforcer la surveillance des maladies zoonotiques et vectorielles.
La Directrice générale a également souligné les efforts de l’Organisation pour accroître sa visibilité mondiale et son engagement politique. L’OMSA a élargi ses campagnes de communication, augmenté sa part de voix mondiale sur les questions de santé animale de 30 % à 60 %, et renforcé le plaidoyer par un engagement diplomatique de haut niveau, incluant des rencontres avec des ministres, des organisations internationales et des partenaires mondiaux.
En interne, l’OMSA a poursuivi une modernisation institutionnelle à travers des processus de révision de la gouvernance, le renforcement de la cybersécurité, la transformation numérique et le développement de nouveaux systèmes de gestion de projets et de ressources humaines. Ces réformes visent à renforcer la résilience organisationnelle et l’efficacité opérationnelle en vue du 8e Plan stratégique (voir prochaine session).
Sa présentation s’est conclue en réaffirmant que 2025 a été à la fois une année de réalisations tangibles et une période de transition préparant l’Organisation, ses Membres et ses partenaires au prochain cycle stratégique.
Le rapport complet de la Directrice générale, tel qu’adopté par l’Assemblée mondiale, est disponible ici.
The WOAH Director General (right) with the WOAH Delegate of Kenya, and President of the Codex Alimentarius Commission, Dr Allan Azegele (left). Picture (c) M. Tic (woah) 2026
La Directrice générale de l’OMSA (à droite) avec le Délégué de l’OMSA du Kenya, et également Président de la Commission du Codex Alimentarius, le Dr Allan Azegele (à gauche). Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
La Directrice générale de l’OMSA, la Dr Emmanuelle Soubyran, a présenté le 8e Plan stratégique de l’OMSA, élaboré sur plus d’un an, utilisant un processus très inclusif mettant l’accent sur la co-création entre les membres, partenaires, parties prenantes et personnel de l’OMSA. Elle fait le lien entre les grandes ambitions de l’OMSA et les besoins organisationnels actuels et les réalités opérationnelles pour réussir le 7e Plan stratégique. La Directrice générale a souligné que l’Organisation doit rester agile pour rester influente et qu’une visibilité accrue est essentielle pour obtenir un impact réel.
Téléchargez ici le 8e Plan Stratégique
La Dre Jenny Hutchison, Cheffe du Service mondial d’informations et d’analyses zoosanitaires (WAHIAD), a délivré une présentation sur la Situation de la santé animale dans le monde. Le rapport couvre les maladies animales signalées en 2025, avec des données issues du module d’événements liés aux maladies animales (notifications immédiates et rapports de suivi).
La complétude des rapports sur les maladies chez les animaux terrestres s’est améliorée, mais des lacunes significatives subsistaient chez les animaux aquatiques, une diminution de la soumission des rapports six mensuels et un manque d’exhaustivité des rapports annuels, notamment sur les données sur les populations animales.
À noter le signalement des sérotypes SAT-1 et SAT-2 de la fièvre aphteuse en Afrique australe, ainsi que certains sérotypes non typés. Les Membres ont été encouragés à collaborer avec les Laboratoires de Référence de l’OMSA pour le génotypage. L’expansion du sérotype SAT-1 au-delà de l’aire de répartition traditionnelle de l’Afrique australe vers d’autres territoires a été notée, citant la maladie grave chez les populations animales naïves d’autres territoires.
Sur la peste des petits ruminants (PPR), dont l’éradication est prévue d’ici 2030, une propagation continue vers de nouveaux territoires et une augmentation du risque mondial ont été observées. De même, la clavelée et variole caprine (sheep-and-goat pox, SGP), endémiques en Afrique et dans certaines régions d’Asie, se propagent également, c’est-à-dire en Europe.
Concernant la grippe aviaire (à haute pathogenicité) chez les oiseaux, des rapports ont été soumis par 50 Membres; en Afrique, les rapports ayant été soumis depuis l’Afrique de l’ouest (volaille) et l’Afrique australe (volaille et oiseaux sauvages). La densité des signalements provenant de seulement quelques Membres dans ces deux régions soulève des questions sur le possible manque de surveillance ou de sous-déclaration en ce qui concerne l’absence de maladies.
Bien que l’influenza aviaire à haute pathogénicité ait été signalé chez 15 espèces non aviaires dans cinq régions, aucune de ces espèces n’a été rapportée en Afrique.
Concernant la peste porcine africaine (PPA), de nombreux rapports ont été soumis tant pour les porcs domestique que pour la faune (sangliers), et en Afrique, ceux-ci ont surtout été signalés dans des Membres d’Afrique australe (à travers des rapport semestriel), mais aussi à Cabo Verde et au Mali en tant que notifications immédiates.
En ce qui concerne les maladies listées par l’OMSA chez la faune sauvage, la majorité des notifications étaient dus à la PPA et à l’IAHP. En Afrique, en 2025, des rapports de notification immédiates sur la faune ont été soumis pour le charbon bactéridien (anthrax) et l’IAHP.
Concernant les maladies chez les animaux aquatiques, il a été noté que la sous-déclaration reste significative dans toutes les régions. Les Membres sont encouragés à rédiger des rapports en temps opportun et complets pour les maladie Gyrodactylus salaris.
À la lumière des sources d’information en ligne, y compris les réseaux sociaux, la question des rumeurs, de la désinformation et de la mésinformation a été accentué. L’OMSA a mis en place des mécanismes pour naviguer les médias (en ligne) à la recherche de rumeurs et à la question de savoir si des rapports confirmés ont été rapportés dans WAHIS. Il a été noté que dans de telles circonstances, l’OMSA contacte le/la Délégué(e) pour confirmer la situation de la maladie. WAHIS a été présentée comme la plateforme mondiale officielle pour la collecte, la validation et la diffusion des informations sur la santé animale. Son rôle de dépôt central soutient la transparence mondiale et soutient la prise de décision fondée sur des preuves.
Des tendances et lacunes de la déclaration ont été analysées autant pour les maladies terrestres qu’aquatiques. Un déséquilibre significatif dans le rapportage a été mis en évidence entre les animaux terrestres (vivants sur terre), où 37 411 foyers ont été signalées sur une période de 15 mois, et les animaux aquatiques (vivant dans l’eau) avec que 98 foyers signalées pour 18 maladies chez 20 Membres. Cette disparité indique une sous-déclaration importante de la santé des animaux aquatiques, probablement due à la prépondérance de maladies endémiques, à une capacité limitée de surveillance et à une dépendance à des rapports périodiques plutôt qu’à des notifications basées sur des événements. Les Membres ont été encouragés à augmenter les déclarations rapides et événementielles de maladies aquatiques.
L’importance de notifier des menaces émergentes a également été soulignée. Les Membres ont été encouragés à utiliser des dispositions de déclaration volontaire pour partager des informations sur des événements sanitaires inhabituels, soutenir le travail des Commissions spécialisées de l’OMSA et contribuer à une meilleure connaissance de la situation mondiale. L’une de ces maladies mentionnées dans le rapport du Président de la Commission des normes sanitaires pour les animaux aquatiques (voir ci-dessous) est le Nodavirus de la mortalité occulte (Covert Mortality Noda Virus ou CMNV).
Rapportage semestriel en 2025 : aperçu des dernières soumissions. Les rapports terrestres et aquatiques sont présentés séparément. Maladies terrestres : rapportage essentiellement complet. Maladies aquatiques : d’importantes lacunes persistent. En vert : rapportage à jour. Cartographie © WAHIS (omsa) 2026.
Le Délégué du Gabon, le Dr Morgan Bigwoumba, a apprécié le rapport et a réitéré la demande que les points focaux nationaux de l’OMSA pour la notification des maladies animales soient formés plus fréquemment. Il a également demandé plus d’informations sur l’interopérabilité avec le Système d’information sur les ressources animales de l’Union Africaine (Animal Resources Information System, ARIS) . L’équipe WAHIAD a confirmé que les discussions entre l’UA-BIRA et l’OMSA sont en cours et qu’une mise à jour sur ce sujet sera présentée l’année prochaine. Le Délégué du Kenya, le Dr Allan Azegele, a salué l’OMSA pour avoir mené un exercice national de simulation sur table (table top exercice, TTX) de l’AIHP à Mombasa, plus tôt ce mois-ci, notant que le soutien de l’OMSA a été déterminant pour soutenir la coordination multisectorielle et inter-agences selon l’approche “One Health” (Une Seule Santé) : Exercice national de simulation de table concernant la relâche délibérée de l’IAHP au Kenya renforce la préparation Une Seule Santé et la capacité de riposte aux menaces biologiques.
Avant de clôturer, la Dre Hutchinson a souligné que l’amélioration continue de la plateforme WAHIS a été mise en œuvre au fil des années afin de garantir que les données et les tableaux de bord restent exacts, fiables, robustes, interopérables et accessibles aux membres et aux autres parties prenantes.
Le rapport entier est disponbile ici: https://www.woah.org/app/uploads/2026/04/gs93-2026-wd-tech-02-animal-health-situation-fr-3.pdf
Le Dr William « Billy » Karesh, Président du Groupe de travail sur la faune sauvage a présenté un aperçu des activités du Groupe de travail depuis la précédente Session générale. Le nouveau Membre africain du groupe de travail de dix membres est le Dr Francis Gakuya (Kenya). L’autre membre est la Pr. Mwansa Songe (Zambie).
Le Président du Groupe de travail a souligné la forte collaboration avec les différentes Commissions spécialisées de l’OMSA et a plaidé pour que la santé de la faune sauvage (terrestre) soit pleinement intégrée dans le Code terrestre. Il a également demandé des clarifications sur la place et le traitement des mammifères marins dans les normes de l’OMSA, mettant en lumière les risques émergents, notamment les infections d’influenza aviaire à haute pathogenicité (IAHP) chez les mammifères marins sauvages présentant des risques de transmission inter-espèces. Par exemple : la rage a été détectée chez les les otaries à fourrure en Afrique du Sud.
La collaboration avec des partenaires internationaux vise à renforcer les partenariats pour améliorer la coordination mondiale sur la santé et la conservation de la faune. Cela s’applique à :
Le Dr Karesh a ensuite présenté la Stratégie révisée sur la santé de la faune (2026–2030) et confirmé son alignement avec le 8e Plan stratégique de l’OMSA, avec des axes d’intervention incluant le renforcement des systèmes de surveillance et de rapportage, le renforcement de la préparation mondiale aux maladies émergentes ainsi que l’expansion des capacités techniques et de la collaboration.
L’examen de la législation vétérinaire sous l’angle de la faune a été complété et recommande de renforcer les cadres juridiques nationaux pour la santé de la faune par le développement de dispositions spécifiques au sein des Services Vétérinaires, mais aussi au sein des services de santé des animaux aquatiques et du Code de la santé animale aquatique.
D’autres sujets abordés étaient les nouveaux cycles de formation pour les points focaux faune sauvage, qui reposent de plus en plus sur les Centres Collaborateurs de l’OMSA, dans le but d’améliorer les systèmes de rapportage, d’augmenter les opportunités de formation et d’améliorer la communication et le partage d’informations. Il a également abordé les impacts toxiques des munitions à base de plomb sur la faune et les écosystèmes ; en effet, l’empoisonnement au plomb présente de graves risques environnementaux et pour la santé publique. L’Union Européenne et ses 132 membres s’engagent, dans le cadre du CMS, à supprimer progressivement les munitions de chasse au plomb dans un délai de 3 ans.
Le Délégué du Sénégal, le Dr Mbargou Lô, a souligné l’importance de la formation des points focaux pour la faune en renforçant les systèmes de rapportage, en mettant en avant les outils de formation à distance (e-learning) de l’OMSA pour améliorer l’expertise. La présentation s’est conclue par un engagement fort à travailler ensemble sous la coordination de l’OMSA, renforçant la responsabilité collective de protéger la santé animale, humaine et environnementale.
La Présidente du groupe de travail sur la résistance aux antimicrobiens, la Dre Arshnee Moodley, a présenté un aperçu des activités et priorités stratégiques de 2025.
Une enquête mondiale sur la liste de l’OMSA des agents antimicrobiens d’importance vétérinaire a révélé une forte connaissance de la liste de l’OMSA, cependant les documents de référence technique (Technical Reference Documents ou TRD) étaient moins connus. Le rapport reconnait la nécessité de développer davantage de documents de référence techniques spécifiques à chaque espèce pour davantage d’autres animaux. La référence à l’utilisation d’antimicrobiens pour la productivité animale a été abandonnée afin d’éviter la confusion entre le lien entre antimicrobiens et promotion de la croissance.
Les Membres ont été informés de la future liste Vet AWaRe , qui fournira de nouveaux critères de catégorisation pour guider l’utilisation des antimicrobiens vétérinaires, ainsi que de l’article à venir sur les alternatives aux antimicrobiens.
Pour souligner la pertinence de traiter les produits vétérinaires de qualité inférieure et falsifiés, le système TruVet de l’OMSA a été lancé cette semaine et les Membres ont été encouragés à rejoindre la plateforme et à participer aux webinaires à venir le 3 juin 2026.
En liant le travail de l’OMSA à la Déclaration politique des Nations Unies sur la RAM de 2024, une responsabilité et une responsabilisation accrues ont été exigées du secteur de la santé animale, mené par la mise en œuvre des plans nationaux d’action pour la RAM par les Services Vétérinaires.
Les Membres ont été informés des changements concernant la publication du rapport annuel sur l’usage des antimicrobiens de l’OMSA. Les conclusions préliminaires sur l’usage des antimicrobiens de cette année sont incluses dans le Rapport sur l’état du monde en matière de santé animale (State of the World’s Animal Health) et, à partir de 2026, le rapport annuel complet sera publié pendant la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW).
Le Nigeria, le Ghana et le Sri Lanka ont été félicités pour avoir élaboré des rapports nationaux sur l’usage des antimicrobiens après la formation dispensée par l’OMSA. Parallèlement, la diminution du nombre de Membres déclarants a également été constatée. Le Nigeria a remercié l’OMSA pour la reconnaissance de ses efforts en matière de résistance aux antimicrobiens et a exprimé son engagement national à poursuivre ce travail.
Le travail de l’OMSA sur la priorité des maladies animales pour lesquelles les vaccins pourraient réduire l’utilisation des antimicrobiens a été mis en avant. Une approche progressive se concentrera sur les filières avicoles, porcines et aquacoles.
La vision quinquennale de l’OMSA sur la gestion de la résistance aux antimicrobiens (RAM) pour la période 2026–2030, avec un accent sur la prévention, la surveillance, le financement durable et la collaboration intersectorielle, a été présentée.
Le Panel indépendant sur les preuves pour agir contre la RAM (Independent Panel for Evidence for Action Against AMR) et le Plan d’action mondial mis à jour sur la RAM pour 2026–2036 ont été mis en avant, et le Plan d’action mondial révisé (Résolution 18) a été adopté par consensus.
Les Membres ont été encouragés à participer au processus d’élaboration des normes et ont été informés de la publication prochaine de la Revue scientifique et technique (Sc. Tech. Rev.) sur la question de la RAM.
President of the WOAH Working Group on antimicrobial resistance, South Africa Dr. Arshnee Moodley (ILRI, Nairobi). Picture © M. Tic (woah) 2026.
Présidente du Groupe de travail de l’OMSA sur la résistance aux antimicrobiens, la sud-africaine Dre Arshnee Moodley (ILRI, Nairobi). Photo © M. Tic (omsa) 2026.
La Présidente de la Commission, la Dre Alicia Gallardo (Chili), a présenté les travaux abattus par la Commission pendant son premier terme en tant que Commission renouvelée (depuis mai 2025), suivi de la présentation des projets de normes pour le Code aquatique et le Manuel aquatique. Le Membre africain de la Commission est le Dr Kevin Christison (Afrique du Sud). Les détails du rapport sont disponibles ici.
Le Dr Gallardo a commencé avec une plaisanterie, en suggérant qu’après le rapport du Groupe de travail sur la faune sauvage de l’OMSA (voir ci-dessus), mentionnant l’épidémie de rage chez les otaries à fourrure du Cap en Afrique du Sud en 2024, les mammifères aquatiques devraient être ajoutés au Code et au Manuel aquatiques. Elle a pris quelques minutes pour discuter d’une nouvelle maladie émergente, le Nodavirus de la mortalité occulte (Covert Mortality Noda Virus ou CMNV), infectant la crevette à pattes blanches, qui représente une menace majeure pour l’industrie de la monoculture de la crevette depuis longtemps. Cependant, dans un nouvel exemple de zoonose, elle est devenue la cause d’une maladie oculaire émergente chez l’homme, à savoir l’uvéite antérieure virale hypertensive persistante (persistent ocular hypertensive viral anterior uveitis, HPP-VAU), un nouveau type d’uvéite. Elle est donc devenue une préoccupation émergente pour la santé publique et doit être rapporté à l’OMSA lors de son diagnostic chez les crevettes.
La Présidente a ensuite rapidement fait adopter un nombre limité de nouveaux projets de chapitres, en plus des quelques chapitres et normes traités par d’autres Commissions, auxquels la Commission aquatique a contribué, comme l’utilisation prudente des antimicrobiens.
Enfin, la Commission a présenté une motion pour l’accréditation d’un nouveau Laboratoire de Référence pour la peste des écrevisses (A. astaci) au NVI en Norvège, portant le nombre de Laboratoires de Référence « aquatiques » à 40, pour 28 maladies, avec en plus 6 Centres Collaborateurs.
Le Président de la Commission des normes sanitaires pour les animaux terrestres, le Dr Etienne Bonbon (France), a présenté les activités de la Commission au cours de l’année écoulée (deux réunions et plusieurs échanges en ligne, ainsi que les webinaires pré-Session générale pour les Membres) puis a présenté un total de 10 projets de textes du Code terrestre et 13 annexes (soit nouveaux, soit révisés) pour adoption, certaines liées à des maladies, d’autres à des produits, au bien-être animal ou à la résistance aux antimicrobiens. Le Membre africain de la Commission à six membres est le Pr. Salah Hammami (Tunisie).
Comme les années précédentes, le programme de travail de la Commission du Code en 2025 et 2026 s’est caractérisé par une forte coordination entre les Commissions spécialisées, les Groupes ad hoc et les experts internationaux. Le rapport a mis en lumière l’intensité de la charge de travail annuelle, mais aussi la nécessité d’une plus grande participation des Membres, et l’importance de nommer des experts nationaux pour renforcer les Groupes ad hoc — un point particulièrement pertinent pour l’Afrique, où la représentation technique semble rester limitée. Plusieurs composantes du programme ont directement abordé les priorités africaines, notamment la révision des chapitres sur la surveillance, le zonage, la gestion des urgences, la résistance aux antimicrobiens et les maladies animales transfrontalières qui affectent fortement le continent. L’Afrique s’engage également dans l’élaboration de “définitions de cas”, un élément essentiel pour améliorer la notification et la transparence des maladies, qui reste un défi majeur pour les Services Vétérinaires africains. La Commission a souligné la nécessité pour tous les Membres — y compris les Membres africains — de commenter activement les projets de normes et de s’approprier pleinement les outils normatifs, notant que «…des normes robustes nécessitent un investissement scientifique et institutionnel substantiel », comme l’a déclaré le Président de la Commission.
Les détails des textes proposés du Code terrestre et des 13 annexes sont disponibles ici et sont brièvement abordés ci-dessous :
Le Délégué de l’OMSA du Soudan a exprimé son appréciation pour les normes et le Code terrestres de l’OMSA, soulignant leur rôle dans le renforcement de la prévention et du contrôle des maladies, le renforcement de la surveillance et la facilitation du commerce dénué de risques des animaux et des produits animaux. Le Soudan a un potentiel important pour l’exportation de bétail vers d’autres Membres et reste engagé dans cet objectif. Cependant, le Soudan a besoin d’un soutien pour se préparer à des menaces telles que la fièvre aphteuse, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et les maladies infectieuses émergentes (Emerging Infectious Diseases, EID). Le Délégué a souligné l’importance du renforcement des capacités, du renforcement des infrastructures de laboratoire, de la promotion du transfert de technologies et de la mise en place de mécanismes de financement durables. Ce point a été réitéré par le Ministre lors de la réunion bilatérale avec la Directrice générale.
Le Dr Cristóbal Zepeda, président de la Commission scientifique pour les maladies animales a présenté le rapport des activités pour l’année 2025-2026. Le rapport comprenait des recommandations pour la reconnaissance du statut d’absence de maladie et des recommandations de programmes de contrôle pour des pays spécifiques. Les détails du rapport de la Commission sont disponibles ici et ici. Dans son rapport, le Président a donné quelques mises à jour générales aux Délégué(e)s sur les points suivants :
Sur la question importante de la reconnaissance officielle des statuts de maladie, les pays africains suivants ont été évalués selon les procédures opérationnelles standardisées :
Reconfirmations annuelles du statut officiel : Le Président de la Commission scientifique pour les maladies animales a noté les objections d’au moins 33 Membres à la charge de la reconfirmation annuelle, exprimées lors de la session précédente de la Commission du Code. Il a annoncé qu’une nouvelle méthodologie simplifiée était en cours d’essai pour la fièvre aphteuse. Les Membres ont été invités à manifester leur intérêt pour tester la nouvelle procédure et à partager leurs expériences. Pendant ce temps – a insisté le Président – les Membres doivent respecter le maintien du statut de maladie, à défaut de sanctions qui pourraient s’appliquer.
Les délais de soumission des dossiers pour la reconnaissance de statuts se situent entre le 29 juillet et le 18 septembre 2026, selon la maladie.
Les interventions de la Chambre sur le rapport de la SCAD (important pour l’Afrique) comprenaient le fait que les membres ont salué la rationalisation des procédures de reconfirmation annuelle du statut de maladie par les membres, tout en maintenant le processus rigoureux et crédible. Il a également été recommandé de centraliser toutes les informations sur le processus de reconnaissance officielle du statut en un seul chapitre, applicable à toutes les maladies, afin de les rendre plus accessibles aux membres.
La Commission Scientifique pour les Maladies Animales a présenté une Résolution pour la reconnaissance de plusieurs nouveaux statuts sanitaires officiels, ainsi que de reconnaissance de programmes de lutte, dont deux pour l’Afrique sont la reconnaissance du programme national officiel de lutte contre la rage transmise par les chiens au Malawi et au Zimbabwe.
Second from right : Dr Yohane Soko, WOAH staff and national of Malawi, on the main stage, receiving the certificate of endorsement of the Official Control Programme against dog-mediated rabies of Malawi on behalf of his country. Picture © M. Tic (woah) 2026.
Ci-dessus : Deuxième de la droite – Dr Yohane Soko, membre du personnel de l’OMSA et ressortissant du Malawi, sur la scène principale, recevant le certificat d’approbation du Programme national officiel de lutte contre la rage transmise par les chiens du Malawi au nom de son pays. Photo © M. Tic (omsa) 2026.
Ci-dessous : La délégation du Zimbabwe sur la scène principale, recevant le certificat d’approbation du Programme national officiel de lutte contre la rage transmise par les chiens. Photo © M. Tic (omsa) 2026.
The Delegation from Zimbabwe on the main stage, receiving the certificate of endorsement of the Official Control Programme against dog-mediated rabies. Picture © M. Tic (woah) 2026.
Le Pr. Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), Président de la Commission des normes biologiques, a présenté le rapport annuel d’activité
Il a présenté un aperçu des textes du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres proposés à l’adoption, 17 chapitres, tous adoptés sans objection ni abstention. Les détails du rapport sont disponibles ici.
En passant à la section spécifique aux maladies du Manuel, les chapitres suivants ont été modifiés :
Tous ces chapitres ont été adoptés, sans commentaires, par consensus.
Le Président a présenté les statistiques des différents Centres de Référence del’MSA, à savoir 273 Laboratoires de Référence et 83 Centres Collaborateurs dans 50 pays, en collaboration avec 202 experts. Il a également fait rapport sur la performance de divers Laboratoires de Référence et Centres Collaborateurs et a annoncé la modification du format du rapport afin de maintenir la transparence, l’examen des nouvelles demandes et la nomination d’experts.
Prof. Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), President of the Biological Standards Commission (BSC), presented the annual activity report. Picture (c) M. Tic (woah) 2026
Le Pr. Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), Président de la Commission des normes biologiques, a présenté le rapport annuel d’activités. Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
Aucun nouveau Laboratoire de Référence de l’OMSA pour les maladies animales terrestres n’a été désigné en Afrique. Cependant, des désignations pour quatre nouveaux Centres Collaborateurs OMSA ont été adoptées et ajoutées à la liste des Centres Collaborateurs OMSA. Les détails sont disponibles ici.
Pour l’Afrique, voici les désignations :
Prof. Emmanuel Couacy – Hymann, President of the WOAH Biological Standards Commission (right) celebrating the retirement of Ms. Sara Linnane (left), WOAH Scientific Coordinator, International Standards (Science and Disease Management Department) after thirty years of service to OIE, and then WOAH. Picture © M. Tic (woah) 2026.
Pr. Emmanuel Couacy – Hymann, Président de la Commission des Normes Biologiques de l’OMSA (à droite) célébrant le départ à la retraite de Mme Sara Linnane (à gauche), Coordinatrice Scientifique de l’OMSA, Normes Internationales (Service Scientifique et Gestion des Maladies) après trente ans de service à l’OIE, puis à l’OMSA. Photo © M. Tic (omsa) 2026.
Une mise à jour sur les installations de détention de la peste bovine a été présentée; celle-ci inclut le Centre panafricain de vaccins vétérinaires de l’Union Africaine (UA-PANVAC), à Debre-Zeit, en Éthiopie, désigné comme centre de détention de la peste bovine pour le stockage de matériel contenant le virus de la peste bovine, à l’exclusion des stocks de vaccins, ainsi qu’un centre de détention de la peste bovine pour le stockage uniquement des vaccins manufacturés, stocks de vaccins et matériaux exclusivement destinés à leur production. Le rapport détaillé est disponible ici.
Le Pr. Couacy-Hymann a également informé l’Assemblée mondiale sur divers projets de jumelage qui ont été achevés et approuvés. En février 2026, 100 projets avaient été achevés, 17 projets étaient en cours, et 3 projets attendaient une autorisation administrative avant de commencer. Vingt-quatre (24) nouveaux Centres de référence OMSA ont été désignés comme résultat direct de projets de jumelages de laboratoires.
Les détails sur les projets de jumelage de laboratoires sont disponibles ici (en Anglais) . D’importance pour l’Afrique sont :
La Commission a recommandé l’acceptation du fait que le Dr Elliot Mpolokang Fana remplace le Dr Joseph Hyera au Botswana Vaccine Institute (BVI), Botswana, comme Expert désigné pour la fièvre aphteuse :
Le vendredi 22 mai, une table ronde a eu lieu sur le thème de l’appui sur mesure de l’OMSA à ses Membres
Animé par la Dre Chadia Wannous, Cheffe du Service Une Seule Santé à l’OMSA, et présenté par le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint pour les cadres mondiaux et le renforcement des capacités, le panel a réuni des Membres et partenaires nationaux, régionaux et internationaux pour discuter de la manière dont l’OMSA et leurs propres organisations/administrations soutiennent l’adhésion au renforcement des systèmes de santé animale et à la mise en œuvre des approches “One Health”.
Speaking : the Delegate of Zimbabwe, Dr Pious Makaya. Picture © M. Tric (woah) 2026.
À la parole : le Délégué du Zimbabwe, Dr Pious Makaya. Photo © M. Tric (omsa) 2026.
Les panélistes ont discuté de divers défis et opportunités, notamment le Dr Pious Makaya, Délégué de l’OMSA du Zimbabwe, qui a souligné la nécessité d’un meilleur financement des mesures préventives, en particulier aux interfaces homme-faune, ainsi que l’impact du changement climatique sur les maladies animales. La Dre Somatie Inderdeo, Déléguée de l’OMSA aux Bahamas, a partagé ses perspectives sur l’utilisation des évaluations PVS pour construire des systèmes agricoles résilients dans des micro-états insulaires, tandis que la Dre Anna Wong, Directrice principale du Wildlife Trade and National Parks Board de Singapour, a identifié les obstacles entre les ressources scientifiques et la prise de décision pratique, suggérant que l’OMSA agisse comme un courtier plus proactif de la science. La Dre Elsa (Elisabeth) Dibongue, nouvelle Secrétaire générale de PREZODE (Cameroun), a souligné l’importance d’intégrer les Services Vétérinaires dans les systèmes nationaux de gouvernance “One Health” et les mécanismes d’alerte précoce au niveau des communautés.
Speaking : Dr Baba Soumaré, Deputy Director General for Global Frameworks and Capacity-Building. Picture (c) M. Tic (woah) 2026
Pour conclure, la Dre Junxia Song, Cheffe de la branche ‘One Health and Disease Control’ de la Division Production et Santé Animales de la FAO, a conclu en soulignant la valeur des partenariats entre l’OMSA et d’autres organisations, en faisant référence au GF-TADs et à la Quadripartite, notant que des systèmes de santé animale résilients nécessitent des Services Vétérinaires solides, des priorités nationales claires, une prise de décision fondée sur la science, et un investissement prévisible auprès de multiples parties prenantes.
Plus d’informations sur les interfaces science-politique (Afrique) : Atelier sous-régional OMSA Renforcement des interfaces science-politique pour l’approche « One Health » en Afrique du nord.
À la parole : le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint pour les cadres mondiaux et le renforcement des capacités. Photo © M. Tric (omsa) 2026.
Dr Baba Soumaré, Deputy Director General for Global Frameworks and Capacity-Building. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint pour les cadres mondiaux et le renforcement des capacités. Photo © M. Tric (omsa) 2026.
La table ronde ci-dessus a été suivie du traditionnel moment fort des Activités Régionales, c’est-à-dire une table ronde avec les Représentations régionales et sous-régionales de l’OMSA, pour laquelle la Représentation régionale pour l’Afrique était représentée par le Représentant Sous-régional pour l’Afrique australe, le Dr Moetapele Letshwenyo (Gaborone, Botswana).
Les cinq représentants régionaux ont partagé leurs points de vue sur le rôle des représentations régionales dans le soutien aux Membres de l’OMSA sur différents continents. Les intervenants ont discuté de cinq piliers clés qui sous-tendent des Services Vétérinaires solides : l’alerte précoce et la transparence, la mise en œuvre des normes, la prévention et la lutte contre les maladies, la préparation et la riposte aux urgences, ainsi que des systèmes de santé animale résilients et dignes de confiance. Chaque Représentant a présenté les défis et approches spécifiques de sa région, avec la Dre Tomoko Ishibashi (Asie-Pacifique) mettant en avant les améliorations dans la déclaration des maladies grâce à WAHIS et des initiatives de renseignement épidémique, le Dr Francisco D’Alessio (Amériques) soulignant l’importance des normes comme langue commune pour la confiance mondiale, le Dr Moetapele Letshwenyo (Afrique) discutant de la coordination régionale pour le contrôle transfrontalier des maladies, le Dr Budimir Plavsic (Europe) partageant ses expériences avec la préparation et la réaction/riposte aux crises via des plateformes comme GF-TADs, et le Dr Ahmad Al-Majali (Moyen-Orient) expliquant la nécessité d’approches régionales pour renforcer les systèmes de surveillance.
La discussion comprenait des sondages interactifs où les participants ont identifié un partage plus rapide de l’information et l’alerte précoce comme la plus grande valeur ajoutée de la coopération régionale, suivis d’une meilleure coordination des mesures de lutte contre les maladies. Les intervenants ont conclu en discutant de la manière dont les bureaux régionaux contribuent à instaurer la confiance grâce à la communication, la transparence et un soutien pratique aux Membres, le Dr François Caya, Directeur général adjoint des affaires institutionnelles et de la gouvernance de l’OMSA, soulignant que des Représentants régionaux sont disponibles toute l’année pour soutenir les Membres de l’OMSA dans l’adaptation des normes mondiales aux contextes locaux.
Ci-dessous : La Directrice générale de l’OMSA avec la délégation totalement féminine du Tchad : Dr Ghislaine Mbeurnodji Singambaye (Déléguée, à gauche) et les Dres Madina Hadjer et Zenaba Mahamat Kodo des Services Vétérinaires. Photo © M. Tic (omsa) 2026.
The WOAH Director General with the all-female delegation from Chad : Dr Ghislaine Mbeurnodji Singambaye (Delegate, left) and Drs Madina Hadjer and Zenaba Mahamat Kodo of the Veterinary Services. Picture © M. Tic (woah) 2026.
The (outgoing) President of the Governance Review Committee (GRC), Dr Botlhe Michael Modisane, Delegate of South Africa. Picture © M. Tic (woah) 2026
Président sortant du Comité de révision de la gouvernance (Governance Review Committee, GRC), le Dr Bothle Michael Modisane, Délégué de l’Afrique du Sud. Photo (c) M. Tic (omsa) 2026
Les première et deuxième sessions administratives ont abordé quelques questions importantes, pertinentes pour l’Afrique.
Tout d’abord, la présentation du Président sortant du Comité de révision de la gouvernance (Governance Review Committee, GRC), le Dr Bothle Michael Modisane, Délégué de l’Afrique du Sud, s’est concentrée sur l’adoption partielle d’un nombre limité (7) de recommandations via la Résolution 04-2026, dont le contenu fut déjà modifié et approuvé par le Conseil en mars.
Les sept recommandations sont les celles qui sont le plus rapide et facile à mettre en place, et qui devraient avoir les impacts les plus importants, sous l’intitulé « Transparence des contributions financières et des arriérés ».
Cela inclut le développement d’un tableau de bord public des contributions financières et des arriérés des Membres ainsi que le lancement d’un large processus consultatif visant à examiner le système de libre choix de la catégorie de contribution (catégories 1 à 6) selon des modèles alternatifs de contributions, qui – comme l’a exprimé l’auditeur externe, M. Didier Selles – pourraient inclure des contributions obligatoires basées sur la capacité de charge des Membres, par exemple, le produit intérieur brut (PIB). Ces mesures seront préparées d’ici 2028 avec des mesures transitoires à partir de 2030. D’autres mesures incluent le développement d’un cadre de sanctions pour les arriérés (actuellement limité à la suspension des droits de vote), une plus grande flexibilité dans l’attribution des suppléants pour ceux qui peuvent voter, en dehors du/de la Délégué(e), la modernisation des systèmes sous-tendant les Commissions et Bureaux régionaux, la suppression du poste spécifique de “Président-sortant” au Conseil, au bénéfice d’un poste général, ainsi que la gestion future des accords de coopération. N’ayant pas pu achever le plan de travail, couvrant toutes les recommandations issues de la résolution 12-2024, la GRC a demandé que la phase 1 de son programme de travail soit prolongée d’un an, jusqu’en mai 2027 ; cela a suscité des critiques de la part du Président de la Commission régionale Afrique, le Dr Honoré Nlemba Mabela, qui a également plaidé pour un système minimal de contribution, plutôt « symbolique » pour la plupart des Membres africains. Le Délégué du Chili, le Dr Carlos Orellana Vaquero, a fait remarquer que les Membres les plus touchées par les arriérés n’étaient pas représentées à l’Assemblée et/ou pouvaient ne pas avoir le droit de vote. Avec 113 Membres présents, la Résolution du GRC a été adoptée à l’unanimité. Le Dr François Caya, Directeur général adjoint aux affaires institutionnelles et à la gouvernance, a confirmé la démission du Dr Modisane de la Présidence, félicitant le nouveau Président, le Délégué de Chypre, le Dr Christodoulos Pipis, ancien Vice-Président de la GRC. Les Membres africains du GRC (16 au total) sont l’Afrique du Sud, le Kenya, le Sénégal et la Tunisie.
Deuxièmement, le bilan financier présenté par la Directrice de l’administration, Mme Marie Alizon, et les auditeurs internes et externes est généralement positif et bien meilleur que celui de certaines organisations internationales comparables. Le rapport financier 2025 a été adopté par 106 Membres, avec une seule abstention et une seule objection (Résolution 11-2026). Il montre une exécution équilibrée du budget 2025 à 52,2 millions d’euros de revenus contre 50,9 millions d’euros de dépenses. Cinquante-neuf pour cent du budget est financé par le Fonds mondial, tandis que 30 % proviennent de contributions statutaires. Trente-six pour cent du budget a été alloué à des « cadres mondiaux ». Le taux de récupération des cotisations statutaires s’élève à 84 %, avec environ 5,4 millions d’euros de contributions en arriérés de la part des Membres en Afrique (entre 5 et 11 ans d’arriérés). Selon l’auditeur externe, M. Didier Selles, soixante-dix Membres n’avaient pas versé leurs contributions pour 2025 au moment de la Session générale.
Le Fonds mondial contribue à la fois aux opérations et aux budgets des représentations régionales et sous-régionales. Alors que ce dernier ne représente que 1 % des dépenses du Fonds mondial, le Fonds mondial représente 74 % des budgets des représentations régionales et sous-régionales. En 2025, le Fonds mondial a administré 102 subventions pour un montant total (pluriannuel) de 153 millions d’euros, dont 23,8 millions d’euros ont été alloués en 2025. Elle a signé pas moins de 33 nouvelles subventions en 2025. De nos jours, environ la moitié des subventions sont données par des Membres, l’autre moitié par des organisations internationales et multilatérales.
L’auditeur externe, dans son rapport d’audit, a fait de nouveaux commentaires concernant le logiciel de gestion financière (P2P) en cours de déploiement dans certaines régions, les nouveaux outils de gestion des ressources humaines et la proposition d’augmentation des frais généraux (overheads) pour les subventions des bailleurs de fonds (donateurs), administrées par le Fonds mondial, contre les 8,3 % actuels. Il a également évoqué le « redéploiement » de certains bureaux régionaux et sous-régionaux dans certaines régions en raison de conflits et du non-respect des accords de siège par des pays hôtes.
Statutory contribution categories (map)
Dans la seconde partie de son intervention, la Directrice de l’administration a annoncé que le budget 2027 impliquerait une augmentation des contributions statutaires, en accord avec une hausse de 4,1 % de l’indice des prix à la consommation (OCDE) de 39 000 euros en 2026 à 41 000 euros en 2027 (pour la catégorie 6, la catégorie la plus courante en Afrique, voir carte ci-dessus). Le budget 2026 a été légèrement augmenté à 60,7 millions d’euros (budget ordinaire : 22,9 millions d’euros, Fonds mondial : 23 millions d’euros et représentations régionales et sous-régionales : 14 millions d’euros). Provisoirement, l’OMSA a sécurisé à ce jour 49,7 millions d’euros pour le budget 2027.
L’Assemblée mondiale a approuvé la reconnaissance officielle du Réseau méditerranéen de santé animale (REMESA) par la Résolution n° 5. Le REMESA a été créé sur la base du ‘Cadre de coopération pour la création et le développement de REMESA’, signé à Montpellier le 10 novembre 2012 par des représentants des Services Vétérinaires de dix pays, bordant la Méditerranée, ainsi que par la FAO et l’OMSA. Depuis 2017, plusieurs activités REMESA ont reçu un soutien financier de l’OMSA, notamment le programme financé par le Ministère italien de la Santé qui vise à renforcer l’approche “One Health” et la sécurité sanitaire des aliments. Une évaluation juridique externe menée en 2025 avait révélé des faiblesses juridiques dans le cadre fondateur du REMESA.
Map of the Réseau Mediterranéen de Santé Animale (REMESA). Map by WOAH (Nairobi) 2026
Cette évaluation a mis en lumière la nécessité du renforcement juridique du REMESA afin d’assurer sa durabilité, de renforcer sa gouvernance et son fonctionnement, et d’accroître son attrait auprès des partenaires techniques et financiers. La reconnaissance officielle par la FAO et l’OMSA a été identifiée comme une condition essentielle à cette consolidation juridique. Pour y parvenir, le Conseil de l’OMSA, dans son avis du 3 mars 2026, a demandé une consultation étroite avec le Comité permanent conjoint (Joint Permanent Committee, JPC) du REMESA, qui – en avril 2026 – a approuvé le principe de reconnaissance officielle du REMESA par la FAO et l’OMSA, notamment par l’adoption d’une Résolution lors de cette 93e Session générale de l’OMSA. L’Assemblée a donc adopté une Résolution par laquelle l’OMSA reconnaît officiellement l’existence de REMESA, confirmant ainsi son rôle et ses missions dans la coopération régionale en santé animale dans la Méditerranée. L’étape suivante sera de mettre en place un cadre juridique solide en partenariat avec les membres du réseau, la FAO et l’OMSA (en tant que Secrétariat, basé à Tunis, Tunisie). Les pays-membres actuels de REMESA sont l’Algérie, Chypre, l’Égypte, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Mauritanie, le Portugal et la Tunisie (voir carte à gauche).
The offices of the WOAH Regional Representation for Africa, in the Sotuba area of Bamako, Mali. Picture (c) communication (woah) 2024.
Les bureaux de la Représentation régionale de l’OMSA pour l’Afrique, dans le quartier de Sotuba à Bamako, Mali. Image (c) communication (OMSA) 2024.
La partie publique de la session administrative s’est terminée par l’annonce par la Directrice générale et le Directeur général adjoint aux affaires institutionnelles et à la gouvernance, de la décision, prise par le Conseil de l’OMSA en mars de cette année, de fermer sa Représentation régionale pour l’Afrique, basée à Bamako, au Mali, en raison des défis sécuritaires prolongés et persistants.
Le Gouvernement du Mali a été officiellement informé du retrait de l’OMSA de l’Accord de Siège au cours de l’année prochaine. Parallèlement, tout le personnel travaille à distance, soit depuis chez eux, soit depuis leur pays d’origine. Aucune annonce n’a été faite concernant la création d’une nouvelle représentation dans un autre pays d’Afrique de l’ouest ou du centre, ni de la couverture d’une telle future représentation.
La Directrice générale a insisté sur le fait que cette décision ne reflétait pas la performance de la Représentation et a remercié le Représentant régional sortant, le Dr Karim Tounkara, pour son service à l’OMSA, dans des circonstances difficiles. Le Dr Tounkara continuera à servir en tant que consultant auprès de OMSA, avec pour mandat limité d’assurer la fermeture et la transition en douceur du bureau de Bamako.
Les félicitations adressées au Dr Tounkara ont été reprises par plusieurs Délégués, parmi lesquels le Président de la Commission régionale pour l’Afrique, le Dr Honoré Nlemba Mabela.
Ci-dessous : la parole au Président de la Commission régionale pour l’Afrique, le Dr Honoré Nlemba Mabela, Délégué de la République Démocratique du Congo. Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
Delegate of the Democratic Republic of Congo and President of the Regional Commission for Africa, Dr Honoré Nlemba Mabela, paying tribute to Dr Karim Tounkara. Picture © M. Tic (woah) 2026.
Signature of the new MoU with the Global Alliance for Livestock Veterinary Medicines (GALVmed), represented by CEO, Ms. Lois Muraguri (left). The NGO is based in the UK (Edinburgh), with a Regional Hub in Nairobi, Kenya. Picture (c) M. Tic (woah) 2026.
Ci-dessus : Signature du nouveau protocole d’accord avec l’Alliance Mondiale pour les Médicaments Vétérinaires pour le Bétail (Global Alliance for Livestock Veterinary Medicines, GALVmed), représentée par la directrice exécutive, Mme Lois Muraguri (à gauche). L’ONG est basée au Royaume-Uni (Édimbourg), avec un hub régional à Nairobi, au Kenya. Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
Le Service de renforcement des capacités de l’OMSA a organisé un événement parallèle pour marquer les 20 ans du Processus Performance des Services Vétérinaires (PVS). Modéré par la Cheffe de Service, Mme Barbara Alessandrini, et Mme Jennifer Lasley, Coordinatrice principale du PVS, un panel a réuni neuf panélistes, parmi lesquels (d’Afrique) la Dre Mary N. Mbole-Kariuki, Coordinatrice de l’Unité de santé animale de l’Union Africaine (UA-BIRA), le Dr Benezeth Lutege Malinda, Déléguée de l’OMSA de la Tanzanie. Le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA, est également intervenu.
Parmi les 49 Membres bénéficiaires du PVS interrogés, 82 % ont mis en œuvre les recommandations du PVS, 66 % ont renforcé leur capacité après deux évaluations ou plus, et 52 % ont augmenté leurs ressources financières. Néanmoins, la moitié de toutes les recommandations n’a reçu aucun financement, et seulement quatre pays Membres ont atteint un niveau d’avancement 3 (sur 5) dans toutes les compétences critiques. Mme Alessandrini a proposé un nouveau cadre stratégique structuré autour de trois piliers : Capacité, Collaboration et Capital.
En s’intéressant aux points de vue des Membres, les panélistes ont détaillé comment les recommandations de la PVS ont facilité une réforme approfondie de la gouvernance, des laboratoires et de la formation de la main-d’œuvre/démographie vétérinaire, tandis que le Délégué de la Tanzanie a rapporté une augmentation d’un facteur 18 du budget vétérinaire, passant de 1,9 million USD à 35,3 millions USD entre 2024 et 2027 ; directement attribué au rapport d’évaluation du PVS. Au niveau régional, l’UA-BIRA a expliqué comment les données PVS ont servi de base au Forum africain pour les Partenariats public-privé (PPP) et ont contribué à obtenir 40 millions de dollars du Fonds pour les Pandémies. De manière similaire, Mme Mesenhowski (Fondation Gates) a renforcé ce point du point de vue d’un bailleur, insistant sur le fait que tous les investissements devraient désormais démontrer des rendements mesurables grâce à des indicateurs rigoureux ; cela souligne que le PVS est actuellement reconnu par les principaux partenaires financiers comme une référence fondamentale et un outil de plaidoyer efficace pour les Délégués de l’OMSA. En passant à l’innovation, une présentation a montré comment l’Explorateur des besoins de formation facilite des formations ciblées dans 20 pays africains, tandis que plus de 250 rapports ont été analysés par l’intelligence artificielle (IA) pour identifier les besoins d’apprentissage latents. Le Dr Javier Yugueros – Marcos (Chef du Service des produits vétérinaires et de la résistance aux médicaments de l’OMSA) a confirmé l’utilité des données PVS pour traiter de la résistance aux antimicrobiens au sein de l’Organisation. Enfin, il a été noté que les étudiants en médecine vétérinaire possèdent de la motivation mais nécessitent une formation pratique, du mentorat et un soutien en matière de bien-être, tout en affirmant que les modèles communautaires nécessitent des institutions solides et une approche “One Health” (Une Seule Santé) pour obtenir un impact durable. Lors de la séance de questions-réponses, les participants ont demandé des informations sur les compétences vétérinaires futures, ont donné des retours favorables concernant les missions de suivi, et le modérateur a noté qu’une consultation avec les Membres est actuellement en cours pour établir les priorités du programme pour les cinq prochaines années.
Au final, cinq priorités stratégiques ont été identifiées :
Cet événement parallèle, organisé par le Service Une Seule Santé de l’OMSA, s’est concentré sur l’importance stratégique d’investir dans la santé animale et le bien-être animal et sur la traduction des normes internationales en actions concrètes et en investissements durables. Dans son allocution d’ouverture, la Dre Chadia Wannous, Cheffe du Service Une Seule Santé de l’OMSA, a souligné que l’investissement dans le bien-être animal n’est plus une considération facultative mais une nécessité stratégique. Elle a souligné que le bien-être animal est désormais pleinement intégré au sein du Service Une Seule Santé (“One Health”), reflétant la reconnaissance par l’OMSA des liens étroits entre la santé animale, le bien-être animal, le bien-être humain, la durabilité environnementale et la résilience des systèmes alimentaires. Les intervenants comprenaient des représentants de pays (Brésil), de la Commission Européenne, d’associations industrielles (International Meat Secretariat, IMS), de banques de développement (International Finance Corporation, IFC) et d’ONGs (Humane World for Animals). Les principaux points à retenir de la discussion étaient :
La discussion a également mis en lumière le rôle central de l’OMSA dans l’avancement du bien-être animal à l’échelle mondiale. Grâce au développement de normes internationales, à l’expertise scientifique, aux programmes de renforcement des capacités, à la génération de preuves et au soutien de ses Membres, l’OMSA permet aux pays de prendre des décisions fondées sur la science et de mettre en œuvre des politiques et pratiques efficaces en matière de bien-être animal. La session a conclu que tout investissement dans le bien-être animal est fondamentalement un investissement dans des systèmes d’élevage durables, des économies résilientes, une production responsable, la confiance des consommateurs et s’inscrit dans l’agenda élargie du “One Health”.
Passer des normes à la mise en œuvre nécessite un engagement soutenu, des investissements stratégiques et une collaboration entre gouvernements, producteurs, secteur privé, milieu universitaire et partenaires internationaux.
La session « Investir pour mettre fin à la rage » a mis en lumière les progrès mondiaux tout en soulignant les défis persistants qui restent particulièrement aigus pour l’Afrique. En ouvrant la discussion, le Dr Baba Soumare, Directeur général adjoint de l’OMSA, a souligné que la rage est « l’un des exemples les plus clairs du ‘One Health’ en action », démontrant comment un investissement ciblé dans la vaccination canine, la surveillance et la coordination multisectorielle peut accélérer rapidement les progrès.
L’intervention la plus stratégique pour l’Afrique est venue du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union Africaine (UA-BIRA) , qui a profité de l’occasion pour réitérer la volonté de l’Union Africaine de mettre fin à la rage médiée par les chiens chez l’homme d’ici 2030. S’exprimant lors de la table ronde sur « Mobiliser des investissements pour l’élimination de la rage médiée par les chiens : expériences nationales et perspectives des partenaires », la Directrice de l’UA-BIRA, la Dre Huyam Salih, a mis en avant la «Stratégie panafricaine pour l’élimination de la rage en Afrique 2026 – 2030» nouvellement approuvée, un outil essentiel pour une action coordonnée, une mise en œuvre harmonisée et la mobilisation des ressources. La Dre Salih a souligné la nécessité d’aligner les investissements sur les activités nationales, les projets en cours, les mécanismes de coordination existants et les partenariats. Elle a également souligné que le Système d’information sur les ressources animales de l’UA-BIRA (ARIS) et la plateforme numérique “One Health” de l’Union Africaine soutiendront la prise de décision fondée sur des preuves, la coordination et le suivi des efforts d’élimination de la rage. Avec un fort retour sur investissement et des outils disponibles, l’élimination de la rage est à la fois réalisable et urgente. Accédez ici à la Stratégie panafricaine pour l’élimination de la rage en Afrique (PASERA) 2026–2030 (en Anglais)
La session a également mis en avant des modèles reproductibles — tels que l’approche nationale globale du Bhoutan — illustrant comment le leadership politique, l’engagement communautaire et le financement durable peuvent stimuler les efforts d’élimination. Les partenaires techniques, dont la GIZ, ont réitéré que l’Afrique dispose déjà de stratégies, d’outils et de plateformes ; le véritable défi est de faire en sorte que la rage devienne une priorité nationale, puisque « un pays ne peut pas progresser s’il continue de perdre des vies à cause de la rage… »
La réunion a été présidée par la Dre Huyam Salih (Directrice du Bureau interafricain de l’Union Africaine pour les ressources animales, UA-BIRA), et Présidente du Comité de pilotage régional (CPR) du GF-TADs pour l’Afrique, et coprésidée par le Dr Gregorio Torres, Chef du Service scientifique et gestion des maladies de l’OMSA, et la Dre Madhur Dhingra, Cheffe du Système de prévention des urgences pour la santé animale (EMPRES) à la FAO.
Un aperçu des progrès et des réalisations de l’Initiative mondiale (Global Initiative, GI) au cours des cinq dernières années (2020–2025) a été présenté par la Dre Madhur Dhingra. Une mise à jour sur le GI révisé a été fournie par le Dr Gregorio Torres. L’Initiative révisée reflète l’évolution de l’impact social et économique et adopte une approche plus dynamique. Elle met fortement l’accent sur l’appropriation nationale, ainsi que sur une meilleure intégration et alignement au niveau régional. Le cadre mis à jour définit également clairement les sphères de contrôle, d’influence et d’intérêt, contribuant à mieux structurer les efforts et à orienter la mise en œuvre. Le mécanisme vise à renforcer la coordination au niveau mondial avec une inclusivité plus large, à renforcer la prise de décision fondée sur des preuves et à maximiser l’impact stratégique. L’Initiative se concentre également sur la promotion de la durabilité, le renforcement des capacités et l’équité dans la mise en œuvre des activités.
Dans toutes les régions, les Membres ont rapporté à la fois des progrès et des défis persistants. Des améliorations ont été notées dans la gouvernance, les systèmes de surveillance, la capacité de laboratoire et la coordination régionale. Cependant, la PPA continue de représenter une menace mondiale majeure, avec une circulation endémique dans plusieurs régions, des risques persistants liés à la propagation à partir du sanglier et par l’homme, ainsi que l’absence d’un vaccin fiable et efficace. Des contraintes telles que des ressources limitées, des lacunes dans les rapports, une faible biosécurité — en particulier dans les systèmes de basse-cour — et un manque de transparence dans certains contextes restent des préoccupations majeures.
En regardant vers l’avenir, les régions ont identifié des actions prioritaires, notamment le renforcement de la surveillance et de la détection précoce, le renforcement de la biosécurité à travers les chaînes de valeur, l’amélioration de la préparation et la riposte aux situations d’urgence, ainsi que le renforcement de la coordination transfrontalière. L’accent a également été fortement mis sur l’adoption d’une approche de gestion des risques à long terme, l’intégration du contrôle de la PPA dans les stratégies plus élargies de développement de l’élevage, et la promotion de la communication des risques basée sur le comportement. L’investissement soutenu dans les Services Vétérinaires, les systèmes de laboratoire et les outils de rapportage numérique, ainsi que le soutien au renforcement des capacités et à la coopération régionale, a été mis en avant comme essentiel pour une prévention et un contrôle efficaces.
L’Afrique – à travers une intervention du Pr. James Wabacha de l’UA-BIRA – a souligné que, bien que des progrès significatifs aient été réalisés dans le renforcement de la coordination régionale, de l’engagement politique et de la capacité technique pour le contrôle de la PPA, la maladie reste endémique et continue de représenter un défi systémique persistant. La région a souligné la nécessité d’aller au-delà des réctions d’urgence à court terme pour adopter une approche à long terme, basée sur le risque, qui intègre la gestion de la PPA dans des stratégies plus larges de développement de l’élevage et de sécurité alimentaire. Cela inclut le renforcement de la gouvernance, l’amélioration de la surveillance et du rapportage, le renforcement de la biosécurité à travers toute la filière, en particulier dans les systèmes de petits exploitants, et la prise en charge des facteurs comportementaux et socio-économiques qui contribuent à la propagation de la maladie. Un investissement soutenu, des Services Vétérinaires renforcés et une collaboration régionale sont essentiels pour renforcer la résilience et réduire l’impact à long terme de la PPA.
Pour conclure, les participants ont souligné l’importance d’une collaboration accrue entre les parties prenantes et d’un engagement plus large pour faire avancer la mise en œuvre de l’Initiative. Une reconnaissance a été exprimée à l’endroit de la Présidente, Huyam Salih, pour son leadership de la session, ainsi qu’à tous les partenaires et Membres pour leur engagement continu à lutter contre la PPA à l’échelle mondiale.
L’événement parallèle a été introduit par le Dr Javier Yugueros Marcos, Chef du Service des produits vétérinaires et de la résistance aux médicaments de l’OMSA, suivi du discours d’ouverture de la Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA. Dans son allocution, la Dre Soubeyran a souligné que la vaccination reste l’un des outils les plus efficaces disponibles pour prévenir et lutter contre les maladies animales. Elle a rappelé à l’auditoire que les vaccins vétérinaires et la vaccination représentaient le thème technique principal de la précédente Session générale et a souligné la nécessité d’aller au-delà de l’adoption des normes pour leur mise en œuvre efficace sur le terrain.
Le Dr Javier Yugueros – Marcos a expliqué que le Forum PREVENT vise à mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de la Résolution OMSA n° 29 de 2025 et à faire suite aux recommandations issues des discussions précédentes sur les vaccins vétérinaires et la vaccination. Le Forum PREVENT offrira un mécanisme permanent de dialogue, de génération de preuves et d’action collective visant à améliorer les stratégies de vaccination à l’échelle mondiale.
Le travail du Forum se concentrera sur sept domaines prioritaires (ou défis) reflétés dans son acronyme :
En effet, ces domaines thématiques correspondent à des obstacles clés qui nécessitent une collaboration plus forte entre acteurs publics et privés pour améliorer les résultats de vaccination à l’échelle mondiale.
Le Directeur exécutif de Health-for-Animals , le Dr Carel du Marchie Sarvaas a présenté la perspective du secteur privé et a mis en avant la vaccination comme l’une des plus grandes réussites en santé animale, rappelant l’éradication de la peste bovine, la première maladie animale jamais éradiquée dans le monde grâce à des efforts coordonnés de vaccination et de lutte contre les maladies. L’intervenant a souligné que la vaccination reste l’un des outils de prévention des maladies les plus efficaces et rentables disponibles. Cependant, malgré ses bénéfices bien établis, la couverture vaccinale reste insuffisante pour de nombreuses maladies animales dans le monde. Les défis émergents tels que les maladies transmises par les vecteurs, les maladies animales transfrontalières et l’évolution des schémas de maladies nécessitent un investissement plus fort dans les programmes de prévention et de vaccination.
Le Dr Carel du Marchie Sarvaas a souligné que l’engagement accru du secteur privé n’est plus facultatif, mais essentiel. L’OMSA est reconnue comme une organisation particulièrement bien placée pour faciliter une telle collaboration grâce à son réseau mondial, son expertise technique et sa crédibilité. L’objectif est de transformer les partenariats en un cadre pratique permettant à toutes les parties prenantes de travailler ensemble efficacement vers des objectifs communs de prévention.
Dans le cadre de la session sur les perspectives des Mambres, le Dr Botlhe Michael Modisane, Délégué de l’OMSA et Président sortant du Comité de révision de la gouvernance (République d’Afrique du Sud), a discuté des expériences actuelles dans la gestion de la fièvre aphteuse et a souligné le rôle de la vaccination dans la protection des populations animales et la réduction de l’impact économique des épidémies. L’intervention a également mis en lumière des bénéfices plus larges de la vaccination, notamment :
Le nouveau VMRA-SAT (outil d’auto-évaluation, self-assessment tool, en Anglais, SAT), développé par la Veterinary Medicines Directorate (VMD) du Royaume-Uni, pour les agences nationales d’autorisation de mise-sur-le-marché (AMM) de médicaments vétérinaires (Veterinary Medicines [national] Regulatory Agencies, VMRA) a été présenté comme un mécanisme innovant pour renforcer les systèmes de régulation des médicaments vétérinaires. Les discussions ont mis en lumière les principaux défis rencontrés par les pays, notamment la résistance aux antimicrobiens, les produits vétérinaires falsifiés et les lacunes réglementaires. Les intervenants ont souligné l’importance de disposer de systèmes réglementaires solides pour garantir des médicaments vétérinaires sûrs, efficaces et de qualité. La réglementation vétérinaire était présentée comme un pilier clé pour la santé animale, la santé publique et la sécurité alimentaire. Les participants ont souligné la nécessité d’adapter la législation nationale aux réalités et besoins de chaque pays.
La Dre Montserrat Arroyo, Directrice générale adjointe de l’OMSA pour l’élaboration et la mise en œuvre des normes, a décrit l’initiative comme l’une des collaborations majeures entre l’OMSA et les équipes britanniques. L’outil promeut une approche progressive fondée sur l’auto-évaluation et l’amélioration continue. Les participants ont également été sensibilisés à l’importance de la transparence, de l’harmonisation réglementaire et du partage d’expériences entre les pays.
Les intervenants ont précisé que le VMRA-SAT complète les outils et cadres réglementaires vétérinaires déjà mis en œuvre en Afrique, plutôt que de les remplacer. Enfin, cet outil contribue à renforcer la gouvernance vétérinaire dans le cadre de l’approche “One Health” ou Une Seule Santé
L’événement parallèle tenu le 20 mai a marqué la clôture du Projet P3V : Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires, financé par l’Agence française de développement ( AFD ) et mise en œuvre par OMSA en partenariat avec le Réseau FAR (Formation Agricole et Rurale) Network et l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar (EISMV). L’événement a offert l’occasion de présenter les objectifs, résultats et impacts du projet dans les pays pilotes : le Sénégal, le Bénin et le Togo. Les principales réalisations comprenaient l’amélioration des cadres réglementaires, la révision des programmes de formation et une intégration professionnelle renforcée des paraprofessionnels vétérinaires (PPV), en particulier la jeunesse et les femmes. Une table ronde a mis en lumière la perception positive des bénéficiaires concernant le soutien reçu. Le cas du Togo a été particulièrement salué, alors que le pays est passé d’un vide juridique à la reconnaissance officielle des PPV.
Les partenaires techniques locaux, notamment VSF Suisse au Togo et The Brooke au Sénégal, ont également partagé les résultats de leurs contributions et réaffirmé leur engagement à soutenir la pérennité des réalisations du projet dans les pays participants. L’équipe du Projet a approfondi les leçons apprises, les défis et les meilleures pratiques grâce à une boîte à outils de leçons apprises disponible en-ligne. De plus, une cartographie complète de la situation des PPVs a été réalisée afin de faciliter la transférabilité des réalisations du Projet vers sept autres pays d’Afrique de l’ouest et centrale : le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Des représentants de délégations nationales telles que le Tchad et Madagascar ont également manifesté un vif intérêt pour le Projet.
Dans son allocution, le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA pour les cadres mondiaux et le renforcement des capacités, a appelé les partenaires aux développement de l’OMSA à soutenir davantage l’expansion du Projet, soulignant ses résultats concrets et sa pertinence pour relever les défis de l’Afrique.
Introduite par la Dre Emmanuelle Soubeyran (Directrice générale de l’OMSA) et modéré par la Dre Chadia Wannous (Service One Health, OMSA), cet événement parallèle a réuni des experts de The Nature Conservancy/OHHLEP, IZS Teramo et ILRI pour examiner les implications du changement climatique sur la santé animale à travers une perspective de “One Health” ou Une Seule Santé.
La session s’est concentrée sur la présentation du document de position OMSA sur le changement climatique et la santé animale (WOAH position paper on climate change and animal health), élaboré à l’issue d’une vaste consultation entre les communautés de pratiques (communities-of-practice, CoP) concernées. Les discussions ont mis en lumière que le changement climatique est un facteur de plus en plus important pour les risques pour la santé animale, avec à la fois des effets directs — y compris le stress thermique et l’augmentation de la mortalité — et des effets indirects, tels que l’expansion de la distribution des vecteurs et l’apparition ou la propagation de maladies transfrontalières.
Les intervenants ont souligné que ces impacts sont répartis de manière inégale, les petits exploitants — en particulier les femmes — étant touchés de manière disproportionnée. Au-delà de la santé animale, ces dynamiques ont des implications plus larges pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la pauvreté, renforçant la nécessité de réponses ciblées et inclusives.
La session a également souligné la faible allocation de financement climatique à l’agriculture, ainsi que la part particulièrement faible destinée à la santé animale en particulier. Dans ce contexte, les participants ont souligné le double rôle de la santé animale, à la fois comme levier d’atténuation et d’adaptation, notant que des animaux en meilleure santé contribuent à réduire les émissions tout en renforçant la résilience des systèmes de production.
Le document de position de l’OMSA présente cinq priorités stratégiques :
À travers ces priorités, l’accès au financement climatique a été identifié comme un facteur clé de facilitation.
La table ronde a illustré ces priorités à travers des exemples concrets, notamment l’utilisation des données d’observation de la Terre (Earth-observation data) pour soutenir une surveillance ciblée des maladies vectorielles, démontrant la valeur d’approches intégrées et basées sur les données. Les participants ont également souligné l’importance d’aligner les cadres mondiaux sur les besoins des Membres, notant que les récentes consultations confirmaient une forte demande pour les orientations fournies par le document de position.
Dans l’ensemble, la session a souligné que le changement climatique remodèle d’ores et déjà les systèmes de santé animale, et que la santé animale reste un point d’entrée sous-reconnu mais crucial pour l’action climatique. Le renforcement des Services Vétérinaires, le renforcement de la collaboration intersectorielle et la mobilisation d’un financement adéquat ont été identifiés comme priorités clés pour soutenir des systèmes alimentaires plus résilients et durables dans un cadre “One Health” ou Une Seule Santé.
L’événement parallèle dédié au nouveau ‘Cadre de déplacement / mouvement animal’ de l’OMSA ‘WOAH Animal Movement Framework) fut l’occasion de présenter un outil conceptuel conçu pour soutenir les Membres dans le développement de systèmes adaptés au contexte pour contrôler les mouvements animaux, en particulier pour limiter la propagation des maladies animales transfrontalières. Le cadre, qui est non prescriptif, fournit un langage commun, sept modules analytiques et une méthodologie étape-par-étapes pour évaluer les risques, cartographier les parcours de déplacement, concevoir des mesures proportionnelles et éviter des conséquences imprévues telles que des déplacements vers des canaux informels. Les discussions ont mis en lumière l’importance de la coopération interinstitutionnelle — Services Vétérinaires, douane, forces de l’ordre, transporteurs — ainsi que le rôle crucial de la traçabilité opérationnelle et de la numérisation, tout en reconnaissant les défis majeurs auxquels de nombreux pays sont confrontés, notamment la connectivité limitée, les systèmes fragmentés et le manque de ressources humaines.
Ces questions sont particulièrement pertinentes pour l’Afrique, où les mouvements transfrontaliers de bétail sont étendus, souvent informels et centraux pour les moyens de subsistance pastorales. Le cadre offre donc une opportunité stratégique aux Membres africains de renforcer la surveillance, la gestion des risques, les contrôles ciblés des frontières et l’harmonisation régionale, en particulier dans les zones sahéliennes et transfrontalières. L’OMSA prévoit de soutenir ce processus par le biais d’ateliers régionaux, essentiels pour traduire le cadre en plans opérationnels adaptés aux réalités africaines et pour renforcer les initiatives continentales existantes, telles que les stratégies de lutte transfrontalière contre les maladies et les efforts d’intégration numérique. Dans l’ensemble, la session a souligné que l’Afrique a un avantage significatif de ce cadre pour moderniser les systèmes de contrôle des mouvements animaux, renforcer la résilience des systèmes de santé et renforcer la coopération régionale.
L’événement parallèle sur l’Égalité des sexes, handicap et inclusion sociale (Gender Equality, Disability and Social Inclusion, GEDSI), organisé par l’OMSA et le Groupe de travail sur le genre et l’inclusion (GITF) a mis en lumière l’importance de l’égalité des genres, de la diversité et de l’inclusion sociale au sein des Services Vétérinaires. Les intervenants ont souligné que les solutions techniques seules ne suffisent pas à relever les défis liés au genre. L’approche GEDSI est désormais intégrée au 8e Plan stratégique de l’OMSA ainsi qu’au Processus PVS. Plusieurs initiatives ont été présentées, notamment des études menées en Asie et en Afrique de l’ouest, des sessions de formation sur les questions de genre et la prévention du harcèlement, ainsi que des concours impliquant des étudiants. La Côte d’Ivoire a partagé son expérience avec la création d’une Unité de Genre au sein du Ministère des ressources animales et halieutiques (MIRAH) et le soutien apporté aux femmes négociantes de poissons à Locodjro. Les discussions ont également mis en lumière les défis liés à l’accès au financement et au remboursement des prêts. Les participants ont souligné l’importance d’un soutien rapproché et du renforcement des capacités. L’événement annexe visait à passer de la théorie à la pratique en partageant expériences, réalisations et défis rencontrés dans la mise en œuvre des approches GEDSI. La session s’est conclue par un message fort des représentant(e)s des Émirats arabes unis : «Aucune nation ne peut progresser sans autonomiser les femmes…»
Animé par le Dr Paolo Tizzani (Département d’intégration et d’analyse des données OMSA, DIAD), cet événement parallèle a réuni des représentants du Canada (la Déléguée de l’OMSA, la Dre Mary Jane Ireland), de l’IZS Teramo (Istituto Zooprofilattico Sperimentale dell’Abruzzo e del Molise “Giuseppe Caporale”, Italie) et le l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, France) afin d’explorer comment la prévoyance, le ‘scanning’ de l’horizon et le renseignement épidémique peuvent renforcer la surveillance des risques, l’alerte précoce et la préparation aux urgences dans les systèmes de santé animale.
La session visait à clarifier les concepts clés liés au renseignement épidémique, à la prévision et au ‘scanning’ de l’horizon (horizon scanning), tout en mettant en lumière les outils et approches disponibles, et en exposant comment l’OMSA et son réseau de partenaires peuvent soutenir les Membres. Les discussions ont souligné qu’une prévoyance efficace nécessite des mécanismes formalisés et coordonnés, permettant une détection rapide des risques, un partage d’informations amélioré et un équilibre entre les besoins de réaction/riposte immédiate et la planification stratégique à long terme.
Les participants ont mis en avant plusieurs opportunités associées au renforcement des capacités de prévoyance, notamment la prise de décision basée sur les données, la collaboration soutenue entre institutions, l’utilisation efficace de réseaux d’experts et des capacités accrues de balayage de l’horizon pour anticiper les risques émergents.
Les expériences nationales et institutionnelles ont illustré comment ces approches sont mises en œuvre dans la pratique.
La France a partagé son expérience avec une plateforme nationale de surveillance de la santé animale, intégrant plusieurs systèmes et combinant la surveillance basée sur des indicateurs et par des événements pour soutenir le renseignement épidémique.
L’IZS Teramo a présenté une initiative de surveillance en Afrique du nord basée sur des données d’observation de la Terre (Projet PROVNA), qui soutient l’identification des schémas de risque liés à des facteurs environnementaux et climatiques. Les travaux futurs porteront sur l’extension de cette approche par l’éco-régionalisation et le renforcement de l’utilisation des données régionales.
La discussion a également mis en avant des applications pratiques de ces outils pour soutenir le cadre de renseignement épidémique de l’OMSA, notamment des contributions à l’évaluation rapide des risques, à l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et à une communication des risques plus efficace.
Dans l’ensemble, la session a souligné que la prospective, le ‘scanning’ de l’horizon et l’intelligence épidémique sont des composantes essentielles des systèmes de santé animale résilients, nécessitant un investissement soutenu, une coordination renforcée et une intégration de diverses sources de données pour anticiper et gérer les risques émergents.
Fltr : Mr. Pierre-Emmanuel Cangah, WOAH Chief of Staff (left), Ms. Ziola Leroux, Technical Representative of the Republic of Côte d’Ivoire to the Organizations responsible for Fisheries and Animal Resources within the European Union in Brussels, Belgium, H.E. Sidi Tiémoko Touré, Minister of Animal and Fisheries Resources of Cote d’Ivoire (middle left), Dr Emmanuelle Soubeyran, Director General (middle right), Dr Vessaly Kallo, WOAH Delegate and Dr Baba Soumaré, WOAH Deputy-Director General (right). Picture © M. Tric (woah) 2026.
Ci-dessus, de gauche à droite : M. Pierre-Emmanuel Cangah, Chef de cabinet de l’OMSA (à gauche), Mme Ziola Leroux, Représentante technique de la République de Côte d’Ivoire auprès des Organisations responsables des pêches et des ressources animales au sein de l’Union Européenne à Bruxelles, Belgique, S.E. Sidi Tiémoko Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques de Côte d’Ivoire (au centre gauche), Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale (au centre droit), Dr Vessaly Kallo, Délégué de l’OMSA et Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA (à droite). Photo © M. Tric (omsa) 2026.
Ci-dessous : Réunion bilatérale entre la DG de l’OMSA et la délégation soudanaise. La réunion a porté sur le renforcement des capacités des Services Vétérinaires, c’est-à-dire la formation du personnel vétérinaire, des vétérinaires et des paraprofessionnels vétérinaires, l’amélioration des capacités des laboratoires pour les tests et le soutien des Laboratoires de Référence de l’OMSA aux installations de laboratoire soudanaises. La DG a félicité le nouveau Délégué, le Dr Ammar Babiker, pour sa nomination, et a remercié le Ministre, le Pr. Ahmed Al-Mansoury, pour sa participation active tout au long de la Session générale. De gauche à droite : Dr Gregorio Torres, Chef du Service Science et Gestion des Maladies de l’OMSA, Dr Ammar Babiker, Délégué de l’OMSA (Soudan), Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est, Prof. Ahmed Al-Mansoury, Ministre des Ressources Animales (Soudan), Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale (au centre à droite), Dre Nadia Karoum, Directrice générale de la pêche et des aquariums (Soudan), Dre Khalda Ali, Ministère des Ressources Animales (Soudan) et M. Pierre-Emmanuel Cangah, Chef de Cabinet (OMSA), à droite. Photo (c) M. Tic (omsa) 2026.
Bilateral meeting between the DG of WOAH and the Sudanese Delegation. The meeting covered capacity building of the Veterinary Services i.e. training of veterinary personnel, veterinarians and veterinary paraprofessionals, enhanced laboratory capacity for testing and support from the WOAH Reference Laboratories to the Sudanese laboratory facilities. The DG congratulated the new Delegate for his nomination, Dr Ammar Babiker and thanked the Minister, Prof. Ahmed Al-Mansoury for his active participation throughout the General Session. Fltr : Dr Gregorio Torres, Head of the WOAH Science and Disease Management Department, Dr Ammar Babiker , WOAH Delegate (Sudan), Dr Neo Mapitse, WOAH Sub-Regional Representative for Eastern Africa, Prof. Ahmed Al-Mansoury, Minister of Animal Resources (Sudan), Dr Emmanuelle Soubeyran, Director General (middle right), Dr. Nadia Karoum, Director general of fisheries and aquarium (Sudan), Dr Khalda Ali, Ministry of Animal Resources (Sudan) and Mr. Pierre-Emmanuel Cangah, WOAH Chief of Staff (right), Picture © M. Tric (woah) 2026.
La Session Générale a été déclarée close par la Présidente, Dre Susana Pombo, qui a remercié tous les Délégués pour leur soutien tout au long de sa deuxième Assemblée mondiale en tant que Présidente. La prochaine Session Générale aura lieu du lundi 24 au vendredi 28 mai 2027, à nouveau au CNIT – Forêt, dans le quartier de La Défense à Paris.
Le 18 mai, des ministres et des représentants gouvernementaux de haut niveau du monde entier ont approuvé une Déclaration ministérielle historique lors de la 93e Session Générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), appelant à un investissement mondial urgent dans les systèmes de santé animale face à l’augmentation des menaces biologiques, aux pressions climatiques et aux risques pandémiques croissants.
La Déclaration est disponbible ici (en Anglais)