Paris, France

La 91e Session Générale de l’OMSA : sa pertinence pour l’Afrique…

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Cérémonie d’ouverture de la 91e Session générale (SG91)

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a tenu sa 91e Session générale (SG91) de l’Assemblée Mondiale des Délégués du dimanche 26 mai 2024 au jeudi 30 mai 2024 à la Maison de la Chimie à Paris, en France.

La session de cette année revêt une importance particulière puisque l’OMSA marque son 100e anniversaire. Au cours de cet événement de cinq jours, le réseau mondial s’est réuni pour célébrer la riche histoire et le présent dynamique de l’OMSA, en explorant les moyens de façonner ensemble un avenir durable pour la santé et le bien-être des animaux à l’échelle mondiale.

La Session générale a réuni plus de 1 100 participants de 166 pays et territoires, y compris des représentants des Membres ainsi que des scientifiques et des observateurs d’organisations partenaires, d’organisations internationales ayant signé un accord officiel avec l’OMSA, d’autres organisations internationales et régionales, pays et territoires observateurs, de parties prenantes clés de l’OMSA, membres du personnel et  d’invités de marque.

Dans le cadre de la 91e Session générale, l’OMSA a organisé un Forum sur la santé animale dont l’objectif était de déterminer si l’OMSA était prête pour les 100 prochaines années.

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Ordre du jour (en Français)
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Programme (English)
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African representatives standing up during the ice-breaker of the opening ceremony, facilitated by Dr Gillian Mylrea of the Standards Department. Picture (c) M. Tric (woah) 2024.

 

 

Ont participé à la session générale les 37 Membres africains suivants (pays et territoires, représentés par le/la Délégué[e] ou le/la suppléant[e] désigné[e]) :

  • Afrique du Sud,
  • Algérie,
  • Benin,
  • Botswana,
  • Burkina Faso,
  • Cameroun,
  • Centrafricaine (Rép.),
  • Congo (Rép.),
  • Congo (Rép. Dém.),
  • Côte d’Ivoire,
  • Djibouti,
  • Erythrée,
  • Eswatini,
  • Ethiopie,
  • Gabon,
  • Gambie,
  • Guinée,
  • Kenya,
  • Libéria

Les représentants africains se lèvent pendant le brise-glace de la cérémonie d’ouverture, animée par la Dre Gillian Mylrea du Service des normes. Photo (c) M. Tric (woah) 2024.

 

 

 

  • Madagascar,
  • Mali,
  • Maroc,
  • Mauritanie,
  • Mozambique,
  • Namibie,
  • Nigéria,
  • Ouganda,
  • Rwanda,
  • Sénégal,
  • Seychelles,
  • Somalie,
  • Soudan du Sud (Rép.),
  • Tanzanie,
  • Togo,
  • Tunisie, et
  • Zimbabwe.

Dr Malek Zrelli, former Delegate and Regional Commission Vice-President, representing Tunisia (right) receiving the meritorious award from the President of the WOAH World Assembly, Dr. Hugo Federico Idoyaga Benítez. Picture (c) M. Tric (woah) 2024.

Le Dr Malek Zrelli, ancien Délégué et Vice-président de la Commission Régionale, représentant la Tunisie (à droite), recevant le prix du mérite des mains du Président de l’Assemblée Mondiale de l’OMSA, le Dr Hugo Federico Idoyaga Benítez. Photo (c) M. Tric (omsa) 2024.

Remise des distinctions honorifiques 2024 de l’OMSA

L’OMSA a célébré les lauréats des prix de la santé animale.

Le Dr Hugo Federico Idoyaga Benítez, Président de l’Organisation, et la Dre Monique Eloit, Directrice générale, ont assisté à l’Assemblée Mondiale des Délégués de l’OMSA pour reconnaître les contributions des lauréats à la santé animale et à la santé publique. Leurs efforts ont contribué à créer un monde plus sain, plus sûr et plus durable.

Je suis honoré de recevoir ce prix prestigieux. Il souligne les efforts collectifs de toutes les parties prenantes de la santé et du bien-être des animaux dans mon pays. C'est ainsi que j'ai trouvé mon inspiration pour la santé animale. Merci à l'OMSA pour cette distinction honorifique.

Dr. Malek Zrelli, Conseiller principal du Ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, lauréat du prix honorifique 2024 de l'OMSA, ancien Délégué de la Tunisie et ancien Vice-président de la Commission Régionale pour l'Afrique

Meeting of the Regional Commission for Africa at the Maison de la Chimie. Picture (c) M. Sirdar (woah) 2024.

Parmi les lauréats figure le Dr Malek Zrelli, Conseiller principal du Ministre tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et ancien Délégué et Vice-président de la Commission Régionale pour l’Afrique, qui a reçu un prix honorifique méritoire pour ses services exceptionnels et sa contribution à l’OMSA en Afrique. Son travail a joué un rôle clé dans la configuration des politiques vétérinaires ainsi que dans l’implication dans le travail de l’OMSA, notamment à travers la fourniture de Services Vétérinaires, ce qui a permis le développement de lignes directrices importantes dans le domaine des sciences vétérinaires.

Commissions Régionales

Pour la première fois, la réunion de la Commission Régionale pour l’Afrique s’est déroulée en deux sessions distinctes : une première session en ligne d’environ trois heures a eu lieu le mardi 21 mai dans l’après-midi, tandis qu’une seconde session a eu lieu, sous forme de réunion en présentiel, le lundi 27 mai dans la matinée, pour une durée d’environ deux heures.

 

Réunion 1 de la Commission Régionale (en-ligne, le 21 mai 2024)
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La Commission Régionale pour l’Afrique s’est réunie par vidéoconférence le 21 mai 2024. La réunion a rassemblé 84 participants, dont les Délégué[e]s de 29 Membres de la Commission, 5 observateurs et les représentants de 16 organisations internationales et régionales.

Les Membres de la Commission présents étaient : Afrique du Sud, Algérie, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Congo (Rép.), Congo (Rép. Dém.), Côte d’Ivoire, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Eswatini, Gabon, Ghana, Guinée-Bissau, Libye, Madagascar, Mali, Malawi, Maroc, Mozambique, Namibie, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Togo et Tunisie.

Les observateurs (organisations n’ayant pas d’accord formel avec l’OMSA) étaient : la Coalition des organisations africaines de protection des animaux (CAAWO), le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), et ReAct Africa.

Les organisations internationales/régionales (organisations ayant un accord formel avec l’OMSA) présentes étaient : le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union Africaine (UA-BIRA), le Centre panafricain des vaccins vétérinaires de l’Union Africaine (UA-PANVAC), l’Alliance mondiale pour les médicaments vétérinaires destinés au bétail (GALVmed), la Commission économique pour le bétail, la viande et les ressources halieutiques (CEBEVIRHA), la Commission Européenne (CE), le Secrétariat du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE), l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Banque mondiale (BM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La réunion a été présidée par le Dr Honoré Robert N’lemba Mabela, Président de la Commission Régionale pour l’Afrique et Délégué de la République Démocratique du Congo, accompagné du Dr Karim Tounkara, Représentant Régional pour l’Afrique.

Le rapport complet de la réunion, officiellement approuvé, est disponible à l’adresse suivante : https://rr-africa.woah.org/app/uploads/2024/06/91gs-2024-wd-adm-03-regional-commissions-fr.pdf     

Réunion 2 de la Commission Régionale (en présentiel, le 27 May 2024)
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La Commission Régionale pour l’Afrique s’est réunie le 27 mai 2024, dans la matinée, à la Maison de la Chimie à Paris. Trente-deux Membres de la Commission ont participé à la réunion : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, République centrafricaine, Congo (Rép.), Congo (Rép. Dém.), Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Guinée, Kenya, Liberia, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Seychelles, Somalie, Soudan du Sud (Rép.), Tanzanie, Togo, Tunisie et Zimbabwe.

La réunion a été présidée par le Dr Honoré Robert N’lemba Mabela, Président de la Commission Régionale pour l’Afrique et Délégué de la République Démocratique du Congo, accompagné du Dr Karim Tounkara, Représentant Régional pour l’Afrique.

Le Président de la Commission Régionale a résumé les principaux points discutés lors de la réunion virtuelle tenue le 21 mai 2024, permettant à la Commission Régionale de confirmer les principaux points convenus, à savoir le thème technique proposé pour la prochaine Conférence Régionale, les sujets stratégiques proposés pour être abordés par l’OMSA par divers moyens, les candidats proposés par la région à présenter à l’Assemblée Mondiale pour l’élection du Bureau de la Commission Régionale, du Conseil et des Commissions Spécialisées :

Conseil:

  • Dr Roland Xolani Dlamini (Delegate of Eswatini)
  • Dr Mbargou Lo (Delegate of Senegal)

Bureau de la Commission Régionale :

  • Président: Dr Honoré Robert N’lemba Mabela (Délégué du Congo (Rép.Dém.)
  • Vice-Président: Dr Anna Rose Ademun Okurut (Déléguée de l’Ouganda)
  • Vice-Président: Dr Abderrahman El Abrak (Délégué du Maroc)
  • Secrétaire-général: Dr Columba Teru Vakuru (Délégué du Nigeria)

Commissions Spécialisées

.

Commission des normes sanitaires pour les animaux terrestres
  • Dr Salah Hammami (Tunisie)
Commission des normes sanitaires pour les animaux aquatiques
  • Dr Kevin Christison (Afrique du Sud)
Commission des normes biologiques
  • Dr Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire) (en tant que Président)
Commission scientifique pour les maladies animales
  • Dr Baptiste Kimbenga Dungu (Afrique du Sud / Rép. Dém. Congo)
  • Dr Misheck Mulumba (Zambie)

Le Pr. Malek Zrelli, Conseiller principal du Ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a également présenté, au nom du Délégué suppléant de la Tunisie, une demande visant à ce que le Centre national de veille zoo-sanitaire (CNVZ) soit considéré comme un Centre Collaborateur de l’OMSA pour l’épidémiologie de terrain.

Le rapport complet de la réunion, officiellement approuvé, est disponible à l’adresse suivante : https://rr-africa.woah.org/app/uploads/2024/06/91gs-2024-wd-adm-03-regional-commissions-fr.pdf     

 

Newly elected WOAH Director General, Dr Emmanuelle Soubeyran.

Réunion de la Commission Régionale à la Maison de la Chimie le 27 mai 2024. Photo reproduite avec l’aimable autorisation de B. Gebrekidan (responsable national pour l’Éthiopie du réseau Africa One Health University Network) 2024.

Résultats des élections (première session administrative, à huis clos)

Après un total de neuf ans en tant que Directrice-générale et dix-huit ans à la Direction de l’OMSA, la Dre Monique Eloit passera le relais à la Dre Emmanuelle Soubeyran, candidate de la France à l’élection et actuelle Déléguée de l’OMSA pour la France. Mme Soubeyran a remporté le vote avec 56% des voix.

Dra Susana Pombo, President of WOAH (2024 - 2027)

Cette Session générale a également permis d’élire ou de réélire les membres du Conseil de l’OMSA, des Commissions régionales et des quatre Commissions spécialisées. La Dre Susana Pombo (Portugal) a été élue Présidente de l’Assemblée Mondiale des Délégués pour une période de trois ans. Le Dr Roland Dlamini (Eswatini) a également été réélu, tandis que le Dr Mbargou Lô a été élu au Conseil pour un premier mandat (précédemment Vice-président de la Commission Régionale). Les Délégués suivants ont été (ré)élus au Bureau de la Commission Régionale pour l’Afrique :

  • Président : Dr. Honoré Nlemba Mabela (République Démocratique du Congo) 3e mandat;
  • 1e Vice-Présidente : Dr. Anna-Rose Ademun-Okurut (Ouganda) Premièr mandat en tant que Vice-présidente, précédemment Secretaira-générale;
  • 2e Vice-Président : Dr. Abderrahman El-Abrak (Maroc) élu pour un premier mandat;
  • Secrétaire-général : Dr. Columba Tera Vakuru (Nigéria) élu pour un premier mandat.

La région Afrique fait donc ses adieux aux docteurs Batawui (Togo) et Shilongo (Namibie).

En ce qui concerne les Commissions spécialisées, tous les experts africains qui y siègent actuellement ont été réélus :

Commission scientifique pour les maladies animales (CSMA ou SCAD)

  • Dr Misheck Mulumba (Zambie)
  • Dr Baptise Dungu (République démocratique du Congo)

Commission des normes sanitaires pour les animaux terrestres (CNSAT ou TAHSC)

  • Dr Salah Hammami (Tunisie)

Commission des normes biologiques (CNB ou BSC)

  • Dr Emmanuel Couacy Hymann (Côte d’Ivoire)

Commission des normes sanitaires pour les animaux aquatiques (CNSAA ou AAHSC)

  • Dr Kevin Christison (Afrique du Sud)

Le Président de la Commission Terrestre de l’OMSA demeure le Dr Etienne Bonbon (France) et la Présidente nouvellement élue de la Commission Aquatique est la Dre Alicia Gallardo (Chili). La Commission des normes biologiques reste dirigée par le Dr Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire) et le Dr Christobal Zepeda (États-Unis) a été réélu Président de la Commission scientifique pour les maladies animales (SCAD).

 

Réunions et événements parallèles importants (kiosques)

 

Kiosque régional Afrique

 

Les Drs Francesco Valentini (OMSA Tunis) et Mohamed Sirdar (OMSA Gaborone) au kiosque régional africain le lundi 27 mai. Photo (c) Melis Nurkan (omsa) 2024.

Drs Francesco Valentini (WOAH Tunis) and Mohamed Sirdar (WOAH Gaborone) manning the Africa Regional Kiosk on Monday 27 May. Picture (c) Melis Nurkan (woah) 2024.

14e Comité de pilotage mondial (CPM14) [ GF-TADs ].

Le 14e Comité de pilotage mondial du GF-TADs s’est tenu en tant que réunion hybride le 27 mai 2024, à 12h30 (heure de Paris) à la Maison de la Chimie à Paris. La réunion était coprésidée par le Dr Neo Mapitse (OMSA) et la Dre Madhur Dhingra (FAO) ainsi que les coprésidents du Comité de Gestion (Management Committee ou MC) du GF-TADs mondial, le Dr Jean-Philippe Dop (Directeur général adjoint de l’OMSA pour les affaires institutionnelles et les activités régionales) et le Dr Thanawat Tiensin (Directeur de la production et de la santé animales de la FAO, vétérinaire en chef).

Le Secrétariat du GF-TADs, représenté par le Dr Alexandre Fediaevsky (OMSA) et les Dr[e]s Bouda Ahmadi/ Karima Oulali (FAO), a expliqué qu’il s’agissait de la troisième session (3). La Stratégie mondiale, le Panel de partenariats et finances, les rapports des groupes de travail sur les maladies et les rapports des comités de pilotage régionaux ont été discutés lors des deux sessions précédentes. Cette session a été consacrée au lancement de la Stratégie mondiale de lutte contre l’Influenza aviaire hautement pathogène (ou à haute pathogénicité) (2024-2033).

Le Dr Gounalan Pavade (OMSA) et le Dr Ismaila Seck (FAO) ont présenté la Stratégie mondiale de prévention et de lutte contre l’IAHP (2024-2033). Dans leur présentation, ils ont souligné la méthodologie utilisée pour développer la Stratégie en incorporant l’approche « Une seule santé » et en incluant toutes les parties prenantes concernées dans le processus. Cette approche comprend une enquête régionale, la prise en compte des recommandations du Forum sur la santé animale, consacrée à la grippe aviaire, lors de la 90ème Session générale de l’OMSA,  la Consultation mondiale de la FAO sur la grippe aviaire hautement pathogène, ainsi que des consultations internes et externes.

La Stratégie, dont les objectifs sont la prévention, la protection et la transformation, a été conçue comme un document stratégique de haut niveau destiné à servir de ligne directrice pour les plans d’action régionaux et nationaux. La présentation a également mis en évidence les actions mondiales, régionales et nationales à entreprendre dans les domaines de la gouvernance, des partenariats, de la communication, de l’initiative « Une seule santé », des initiatives en faveur d’un élevage durable, de la mise en œuvre des plans d’action nationaux, du partage de l’information, des réseaux de laboratoires, du plaidoyer et de l’examen après action (after-action review). Les prochaines étapes de ce lancement, dont l’objectif est de parvenir à une prévention et à un contrôle efficaces de l’IAHP pour soutenir la protection de l’homme, des animaux et de leur environnement, seront les suivantes :

  • Sa publication,
  • Engagement régional,
  • Plans d’action nationaux,
  • Evaluation à mi-parcours,
  • Evaluation finale.

Plusieurs membres du public ont formulé des commentaires sur la Stratégie et des questions ont été posées par les participants. Ces points portaient sur le plaidoyer en faveur de la vaccination, la surveillance, le rôle du secteur privé, la transformation de la chaîne de valeur, les normes, l’opérationnalisation de l’approche « Une seule santé », la durabilité et le mécanisme de coopération technique. Tous les points ont été notés et certains d’entre-eux seront inclus dans la recommandation pour cette réunion.

Le Secrétariat mondial présenta ensuite les 11 recommandations des sessions 1 et 2 pour adoption. Les Membres disposeront de trois semaines pour les examiner et les adopter.

Les allocutions de cloture ont été prononcées par les Co-présidents du Comité de Gestion du GF-TADs mondial, le Dr Jean-Philippe Dop (Directeur général adjoint de l’OMSA pour les affaires institutionnelles et les activités régionales) et le Dr Thanawat Tiensin (Directeur de la production et de la santé animales de la FAO, Vétérinaire en chef).

 

De gauche à droite: Karima Ouali (FAO), Alexandre Fediaevsky (OMSA), Bouda Ahmadi (FAO), Jean-Philippe Dop (OMSA) Thanawat Tiensin (FAO). Photo © M. Sirdar (omsa) 2024.

Fltr : Karima Ouali (FAO), Alexandre Fediaevsky (WOAH), Bouda Ahmadi (FAO), Jean-Philippe Dop (WOAH) Thanawat Tiensin (FAO). Picture © M. Sirdar (woah) 2024.

Fltr : Drs José Urdaz (FAO), Roland Dlamini (RSC Africa), Bernard van Goethem (RSC Europe), Baoxu Huang (RSC Asia/Pacific), Gregorio Torres (WOAH) and Andriy Rozstalnyy (FAO). Picture © C. Chng (woah) 2024.

Deuxième réunion annuelle du Comité mondial de coordination (CMC) sur la peste porcine africaine (PPA) [GF-TADs]

La réunion a été ouverte par le Dr Neo Mapitse, Chef du Service des actions régionales de l’OMSA et membre du Comité de Gestion du GF-TADS, et par le Dr Baoxu Huang, Président du Comité de pilotage régional du GF-TADS pour l’Asie et le Pacifique. Ce dernier a également été nommé président de la séance. L’événement parallèle a été suivi par 76 participants, dont trois seulement venaient d’Afrique, y compris le Dr Dlamini (voir ci-dessous).

 

De gauche à droite : les Drs José Urdaz (FAO), Roland Dlamini (CPR Afrique), Bernard van Goethem (CPR Europe), Baoxu Huang (CPR Asie/Pacifique), Gregorio Torres (OMSA) et Andriy Rozstalnyy (FAO). Photo © C. Chng (omsa) 2024.

Le Dr Gregorio Torres, Chef du Service scientifique de l’OMSA, a présenté les objectifs de la réunion, à savoir :

  • Identifier les priorités techniques sur lesquelles le groupe de travail GF-TADs ASF peut se concentrer afin de mieux soutenir les pays pour la période juin 2024 – mai 2025.
  • Informer la future révision de l’Initiative mondiale (IG) pour la lutte contre la peste porcine africaine (PPA) (2026-2030)
  • Discuter des priorités stratégiques clés de chaque région, permettant ainsi un engagement mutuel et une collaboration interrégionale, ainsi que l’identification des besoins uniques à chaque région, afin de mieux fournir des solutions adaptées.

Les présentations régionales ont été faites par les représentants respectifs des comités de pilotage régionaux (CPR), le Dr Ronald Dlamini (Eswatini) représentant l’Afrique. Alors que l’Europe et les Amériques ont partagé leurs aspirations à œuvrer pour l’éradication de la peste porcine africaine, la majorité des pays d’Afrique et d’Asie vivent actuellement avec la maladie et c’est aussi largement l’aspiration pour les 3 à 5 prochaines années. Les principales actions communes identifiées en Afrique et en Asie pour la PPA sont les mouvements d’animaux et le contrôle des frontières, y compris une biosécurité stricte qui devrait être mise en œuvre en tant que priorité absolue. Il est absolument nécessaire que l’OMSA et la FAO renforcent les capacités de l’Afrique, notamment en matière de surveillance et de diagnostic (fourniture de réactifs et d’outils), qu’elles organisent des exercices de simulation et qu’elles intensifient la surveillance des populations de porcs sauvages.

En outre, M. Dlamini a demandé un soutien supplémentaire pour la coordination, la législation, ainsi que le plaidoyer, la communication et la sensibilisation. M. Huang, au nom de l’Asie et du Pacifique, a demandé à l’OMSA et à la FAO de renforcer leur collaboration, de fournir un soutien en matière de biosécurité, de renforcement des capacités, ainsi qu’un soutien financier, notamment pour les infrastructures liées à la vaccination et les mécanismes de compensation, et une communication axée sur les parties prenantes, la sensibilisation et l’éducation du public.

La réunion a conclu que les domaines prioritaires potentiels du Groupe de travail du GF-TADs pour la PPA pourraient inclure :

  • Élaboration de spécifications techniques pour un vaccin de qualité contre la peste porcine africaine qui soient acceptables pour toutes les régions,
  • Lutte contre, et éradication de la peste porcine africaine chez les porcs sauvages,
  • La communication et la sensibilisation, en tenant compte des aspects sociologiques, et
  • La planification des mesures d’urgence et les exercices de simulation.

 

Autres événements parallèles (photos ci-dessous)

Dr Jennifer Lasley. PVS Information System Side Event. Picture (c) M. Tric (woah) 2024

Dr Barbara Alessandrini. PVS Information System Side Event. Picture (c) S. Fevre (woah) 2024

The Director General welcoming Delegates at the annual training of new Delegates. Picture (c) S. Wakhusama (woah) 2024

Briefing on the new Zoo-Sursy project. Picture (c) M. Letshwenyo (woah) 2024

Dr Rahul Shrivastava. PPP in the Veterinary Domain Side Event. Picture (c) V. Sharandak (woah) 2024

Panel discussion on the future of WOAH. Left : Ms. Christiana Ololade Olajimbiti (Animal Welfare Chair of the IVSA). Right : Dr. Fajer Sabah Al Salloom (Delegate of Bahrein and Vice-President of the WOAH Council). Picture (c) M. Tric (woah) 2024

Forum de Santé Animale 2024 : L’OMSA est-elle prête pour l’avenir ?

Organisé en trois sessions consécutives, le mardi 28 mai, le Forum sur la santé animale avait pour objectif d’offrir une plateforme de réflexion sur la question de savoir si l’OMSA, en 2024, est prête pour l’avenir ?

La session 1 avait pour but de réfléchir sur le présent, avec l’aide de panélistes, parmi lesquels la Directrice générale de l’OMSA, la Dre Monique Eloit, et le Membre du Conseil de l’OMSA, le Dr Roland Dlamini, Délégué de l’Eswatini.

Dans son introduction, la Dre Monique Eloit a indiqué que les événements imprévus et le manque de préparation pouvaient constituer un handicap dans la gestion des crises, en prenant l’exemple des épidémies d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) des années 1980-1990, ainsi que de la récente pandémie de la COVID-19.

Les intervenants ont soulignés la nécessité de réduire les disparités dans le monde en matière d’accès aux ressources et à la technologie dans le domaine vétérinaire. Les représentants du corps étudiant international (International Veterinary Students’ Association, IVSA) ont souligné les disparités dans l’enseignement vétérinaire à travers le monde (formation pratique, programmes curriculaires, accès aux stages, etc.) et la nécessité d’adapter l’enseignement vétérinaire aux besoins et aux menaces mondiaux.

La session 2 a été baptisée « Voyage vers le futur » et a consisté en plusieurs groupes de discussion, chargés de débattre de plusieurs scénarios pour l’avenir :

  • L’éco-évolution en marche : des systèmes alimentaires perturbés par l’innovation et l’effondrement de la tradition.
  • In WOAH we trust : les systèmes alimentaires perturbés par la désinformation et l’effondrement de la vérité.
  • Hangry games : les systèmes alimentaires perturbés par les poly-crises et l’effondrement des chaînes alimentaires.

À l’aide de l’application évènementielle Cvent et en fonction du scénario qui leur avait été attribué, les participants ont été invités à réfléchir (en groupe ou seuls) et à répondre aux questions suivantes :

  • Que faites-vous dans ce scénario futur ? ;
  • Que fait l’OMSA dans ce scénario futur ? ;
  • Que devrait faire l’OMSA en 2024 pour se préparer à ce scénario futur ?

En utilisant des méthodes prospectives (foresight), les Membres ont eu l’occasion de réfléchir et de discuter de l’avenir de la santé animale dans le monde et d’acquérir une perspective plus large et à plus long terme, améliorant ainsi leur capacité à s’adapter aux changements rapides et à l’incertitude.

La dernière session (Agir aujourd’hui pour mieux préparer demain) a de nouveau réuni des membres du Conseil de l’OMSA et des étudiants de l’IVSA. Cette session a permis de résumer les travaux des groupes de discussion afin de partager les enseignements tirés de l’avenir et d’éclairer les décisions prises aujourd’hui. Il s’agissait notamment d’un rapport de la prochaine génération et de la présentation de la résolution visant à accepter la révision des Textes de Base.

Panel de discussion sur l’avenir de l’OMSA. De gauche à droite : Drs Gillian Mylrea (Chef de service, Service des normes de l’OMSA), Marta Masserdotti (Présidente du Comité permanent sur le One Health de l’IVSA) et Roland Xolani Dlamini (Délégué de l’Eswatini et membre du Conseil de l’OMSA). Photo (c) M. Tric (omsa) 2024

 

Rapport de la Directrice générale sur les activités de l’OMSA en 2023 à la lumière du 7e plan stratégique.

La Dre Monique Eloit, Directrice générale, a utilisé les 5 Objectifs stratégiques (OS) du 7e Plan stratégique (PS7) comme fil rouge de son rapport à l’Assemblée Mondiale.

Dans le cadre de l’objectif stratégique 1 (OS 1 : L’expertise scientifique), elle a mis l’accent sur deux activités principales. Tout d’abord, elle a souligné les progrès significatifs réalisés dans le domaine du bien-être animal, en particulier en ce qui concerne les pratiques d’abattage et de transport (aquatique et terrestre). Ce domaine, souvent négligé, a connu des avancées considérables et est détaillé dans le rapport annuel. Ensuite, elle a parlé de « BIO-PREVAIL », une initiative majeure dont l’OMSA est un membre et une partenaire clé. Pour soutenir cette initiative, l’OMSA a lancé un appel d’offres pour développer un système de gestion des incidences (Incident Management System ou IMS).

Objectif stratégique 2 (OS 2 : La gouvernance des données)

Le Dr Eloit a salué les efforts remarquables de l’équipe du WAHIS, qui a organisé 46 sessions de formation pour les Délégués et les Points focaux, à la fois virtuelles et en personne. Elle a également annoncé le lancement prochain du Système d’Information pour le PVS (PVSIS), qui sera suivi d’une plateforme similaire pour la Plateforme de gestion des statuts officiels.

Téléchargez le rapport de la Directrice générale

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Dr Monique Eloit on the podium. Picture (c) M. Tric (woah) 2024.

Objectif stratégique 3 (OS 3 : La réponse aux besoins des Membres)

La Directrice générale s’est penchée sur la résilience de l’Organisation après la pandémie, en organisant 18 missions PVS qui avaient été précédemment retardées. En outre, elle a mentionné la finalisation de lignes directrices formalisées pour la formation d’assistants vétérinaires. Le zonage a été identifié comme un sujet thématique, 65% des Membres ayant répondu à un questionnaire à ce sujet, même si, il faut l’admettre, seuls 27% ont incorporé des normes de zonage dans leurs programmes.

Objectif stratégique 4 (OS 4 : La collaboration avec les partenaires)

L’OMSA collabore activement avec ses partenaires, comme en témoignent le GF-TADs dans le cadre de la Stratégie mondiale 2021-2025 et la Quadripartite “One-Health” avec ses Secrétariats régionaux. Des efforts sont également déployés pour renforcer les relations avec les partenaires financiers. La Dre Eloit a souligné la visibilité accrue de l’OMSA, en particulier grâce au Service de la communication.

Objectif stratégique 5 (OS 5 : L’efficience et l’agilité)

Un cadre financier documenté a été mis en place, ainsi qu’un nouvel outil permettant un suivi précis des dépenses de l’Organisation. Un audit, notamment sur le projet WAHIS, a été lancé pour mieux comprendre l’utilisation des ressources. La Dre Eloit a exprimé sa gratitude au Conseil pour avoir permis à l’Organisation de réviser les Textes de Base et est restée confiante dans la poursuite des progrès.

Dans l’ensemble, l’OS 5 a montré des progrès significatifs lorsqu’on l’examine à travers les différents tableaux de bord. La Dre Eloit a proposé de prolonger la mise en œuvre du Plan Stratégique jusqu’en 2026, exhortant les Délégués et le personnel à soutenir la nouvelle Directrice générale dans l’élaboration du 8e Plan Stratégique.

Réalisations à ce jour

  • Amélioration du dialogue, des échanges régionaux et des interactions, ainsi que de la communication avec le Conseil.
  • Maintien de la vigueur et de l’excellence scientifiques.
  • Renforcement de la position de l’OMSA grâce à des partenariats politiques et collaboratifs, illustrés par le partenariat Quadripartite.
  • Reconnaissance accrue de l’OMSA au-delà du monde vétérinaire. La Dre Eloit a souligné le potentiel de l’organisation à relever les grands défis contemporains et a encouragé l’exploration de nouvelles perspectives en matière de santé animale. Elle a rappelé les principes fondateurs de l’OMSA et l’importance de maintenir des cadres juridiques appropriés.

La Dre Eloit a conclu la partie formelle de son rapport en soulignant l’importance du futur Traité sur les Pandémies, positionnant l’OMSA comme un partenaire majeur.

S’agissant du dernier rapport du Directeur général à l’Assemblée mondiale, la Dre Eloit a profité de l’occasion pour remercier personnellement nombre de ses plus proches collaborateurs et ceux qui, au sein et à l’extérieur de l’Organisation, l’ont soutenue tout au long de ses mandats d’Adjointe puis de Directrice générale. Parfois émotionnée, elle a fait une mention spéciale à l’Assistante exécutive de longue date du Directeur général de l’OMSA, Mme Isabelle Cusin.

Elle a exhorté les Membres, les Délégués et le personnel à maintenir les normes élevées d’intégrité de l’Organisation et s’est dit partir avec la conviction qu’elle quitte l’Organisation dans un meilleur état que celui dans lequel elle l’avait trouvée.

 

Renouvellement des Accords de coopération et des Protocoles d’entente

Fltr : Drs Neo Mapitse, Jean-Philippe Dop (WOAH), James Wabacha, Huyam Salih (AU-IBAR), Monique Eloit, Karim Tounkara and Rachid Bouguedour (WOAH). Picture © S. Kihu (woah) 2024.

De gauche à droite : Drs Neo Mapitse, Jean-Philippe Dop (WOAH), James Wabacha, Huyam Salih (UA-BIRA), Monique Eloit, Karim Tounkara et Rachid Bouguedour (OMSA). Photo © S. Kihu (omsa) 2024.

Renouvellement du Protocole d’entente avec le Bureau interafricain des ressources animales

Signé pour la première fois en 2001 entre l’OIE et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), l’accord a été renouvelé en 2015 entre l’OIE et le Bureau interafricain pour les ressources animales (UA-BIRA), au nom de la Commission de l’Union Africaine. Le renouvellement actuel marque un nouveau départ dans les relations entre (l’actuelle) Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union Africaine (UA-BIRA).

Un Protocole d’entente avec le secrétariat de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a également été renouvelé.

Left : Ms. Providence Mavubi, Director of Industry and Agriculture at the Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA). Right : Dr Monique Eloit, Director General, WOAH. Picture © M. Sirdar (woah) 2024.

Renouvellement du Protocole d’entente avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA)

Signé pour la première fois entre l’OIE et le Secrétariat de la COMESA en 2018, le Protocole d’entente est renouvelé, entre autres, avec la mise en œuvre du nouveau projet financé par l’UE sur le «Soutien de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) à la mise en œuvre de l’annexe SPS 7 du Protocole de l’Accord de libre-échange continental africain  sur le commerce des biens», dont les Membres de la  COMESA, l’un des plus grandes communautés d’Afrique, sont les principaux bénéficiaires.

 

 

À gauche : Mme Providence Mavubi, Directrice de l’industrie et de l’agriculture au Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). A droite : Dr Monique Eloit, Directrice générale, OMSA. Photo © M. Sirdar (omsa) 2024.

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AU-IBAR
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SADC
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SADC (Français)
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Situation mondiale de la santé animale
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La Dre Jenny Hutchison, Cheffe du Service des informations et analyses sur la santé animale dans le monde, et la Dre  Laure Weber-Vintzel, Cheffe du Service d’Intégration des données, ont présenté conjointement un exposé sur la « Situation de la santé animale dans le monde ».

La Dre Jenny Hutchison a souligné les principales réalisations concernant le WAHIS, avec la dernière ligne droite envers le lancement d’une nouvelle étape WAHIS début juin 2024, qui comprendra un module de rapport semestriel et un module de rapport annuel optimisés, ainsi que l’optimisation et l’amélioration de la performance du tableau de bord WAHIS. Elle a également parlé de l’amélioration des rapports des Membres via le module d’alerte précoce, en particulier les notifications immédiates et les rapports de suivi.

La Dre Laure Weber-Vintzel a présenté la situation de la santé animale pour 2023-2024, en mettant l’accent sur l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), la peste porcine africaine (PPA), la fièvre aphteuse et les maladies à transmission vectorielle. L’influenza aviaire hautement pathogène a connu une flambée de foyers et une propagation sans précédent dans le monde, tant chez les volailles domestiques que chez les oiseaux sauvages, la grande majorité des foyers étant causés par le clade 2.3.4.4b. L’infection a également touché le bétail laitier aux États-Unis. L’apparition de l’IAHP a eu de graves répercussions économiques au niveau mondial en raison de la mort et de l’abattage de volailles et a également provoqué une infection chez 15 personnes dans huit pays.

En ce qui concerne la peste porcine africaine, elle a souligné l’importance de la surveillance, en mettant l’accent sur la surveillance moléculaire pour comprendre la dynamique de la transmission de la peste porcine africaine. Le rôle de la faune sauvage dans l’épidémiologie de la peste porcine africaine est clairement démontré en Afrique et en Europe, mais n’est pas bien compris sur d’autres continents, ce qui nécessite une surveillance continue. Dans certains pays, des foyers de peste porcine africaine ont été signalés chez des porcs sauvages, ce qui constitue un risque de transmission et de propagation aux porcs domestiques. Il n’existe pas de vaccin contre la peste porcine africaine et l’utilisation de vaccins de qualité inférieure contre la peste porcine africaine présente un risque élevé.

En ce qui concerne la fièvre aphteuse, le sérotype C n’a pas été signalé chez les animaux depuis 2004 et les Membres sont invités à continuer de procéder au sérotypage du virus de la fièvre aphteuse pour confirmer cette apparente éradication.

Les maladies à transmission vectorielle se propagent, avec un rapport faisant état de 2 501 foyers pour la période 2023-2024, peut-être en raison des modifications des conditions météorologiques et du changement climatique.

Pour comprendre le profil de la maladie et prendre des décisions politiques fondées sur des preuves, il est important de disposer de données de qualité, de rapports réguliers et opportuns et d’intégrer les données.

Le rapport de cette année vise principalement à informer les Membres sur certains événements et tendances importants relatifs à la situation de la santé animale dans le monde en 2023 et au début de 2024, qui sont pertinents pour la gestion des risques.

Le rapport est disponible ici (en Anglais) : https://www.woah.org/en/document/91gs-tech-01-animal-health-situation-worldwide/  et en Francais : https://www.woah.org/fr/document/91gs-tech-01-situation-de-la-sante-animale-dans-le-monde/

Activités des Groupes de Travail de l'OMSA
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Groupe de Travail Faune Sauvage

Le Dr William Karesh, Président du Groupe de travail sur la faune, a présenté une vue d’ensemble des activités du Groupe de travail depuis la précédente Session générale et les résultats de ses réunions tenues du 20 au 23 juin 2023 et du 28 novembre au 1er décembre 2023.

Le Groupe de travail a discuté des résultats de la collaboration de l’OMSA avec les partenaires internationaux et a identifié les priorités pour un engagement plus poussé. Les principaux partenaires sont l’Union internationale pour la conservation de la nature (International Union for Conservation of Nature ou IUCN)) et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora ou CITES).). La collaboration pourrait être renforcée à l’avenir avec la Wildlife Disease Association (WDA) et le Programme des Nations unies pour l’environnement ou PNUE (United Nations Environment Programme ou UNEP) dans le cadre du projet Nature for Health ou N4H. Le Groupe de travail a poursuivi sa collaboration avec la Commission du Code, avec laquelle il a identifié des chapitres spécifiques du Code sanitaire pour les animaux terrestres qui nécessitaient une mise à jour et la contribution d’experts de la faune sauvage, soit parce que l’épidémiologie d’une maladie concernait la faune sauvage, soit parce que le chapitre présentait des opportunités d’intégrer des aspects relatifs à l’amélioration de la santé de la faune sauvage.

Il a indiqué que le Groupe de travail avait été impressionné par l’ampleur du travail de cadrage réalisé pour garantir l’utilité du système de notification des maladies de la faune sauvage de la prochaine génération (qui remplacera WAHIS-Wild). Il a souligné qu’un environnement favorable était essentiel pour faciliter la collecte et la diffusion de données sur les maladies de la faune sauvage (y compris les maladies émergentes) utiles pour la santé animale, la santé publique et la biodiversité.

Le Groupe de travail s’est félicité de la création récente d’un réseau formalisé de Centres Collaborateurs travaillant sur la santé de la faune sauvage, ainsi que de l’élaboration de son propre mandat et de son plan de travail. Il est apparu que les membres du Groupe de travail avaient été impliqués dans la production d’un certain nombre de «court-métrages» qui ont été diffusées sur les réseaux de médias sociaux de l’OMSA pour promouvoir la contribution de la santé de la faune sauvage à la santé animale et humaine.

En conclusion, le Dr. Karesh a souligné que la santé de la faune sauvage était l’un des sujets les plus populaires sur les plateformes de communication de WOAH, offrant une opportunité pour WOAH de rehausser son profil.

Groupe de Travail RAM

Le rapport du Groupe de travail sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) a été présenté le 28 mai 2024 par la Présidente du Groupe de travail, la Dre Tomoko Ishibashi. Dans son rapport, elle a présenté le contexte de la création du Groupe de travail en 2019 en réponse à la Résolution n°14 et aux recommandations de la 2e conférence sur la résistance aux antimicrobiens qui s’est tenue à Marrakech, au Maroc en 2018. La section sur le contexte a également souligné les fonctions du Groupe de travail et la composition de ses membres.

La Présidente a informé les participants qu’à la suite d’un processus de sélection par recrutement ouvert au cours de l’été 2023, trois nouveaux membres du Groupe de travail sur la résistance aux antimicrobiens ont été nommés par la Direction générale, y compris un membre de l’Afrique.

  • Dr Arshnee Moodley (Afrique du Sud) – Chef d’équipe au Hub RAM du CGIAR, hébergé par l’Institut international de recherche sur l’élevage (International Livestock Research Institute (ILRI) au Kenya.
  • Dr Jalusa Deon Kich (Brésil) – Chercheur à la Corporation brésilienne de recherche agricole (EMBRAPA), une société de recherche publique affiliée au Ministère brésilien de l’agriculture.
  • Dr Carolee Carson (Canada) – Epidémiologiste vétérinaire, responsable de la surveillance à l’Agence de santé publique du Canada.

Les principales activités du groupe en 2023/2024 furent les suivantes :

  • Rédaction de la révision du Chapitre 6.10 «Utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens en médecine vétérinaire».
  • Conseil de la Commission des Normes Biologiques sur la révision du Chapitre 2.1.1 et la Commission du Code sur les documents préparés pour adoption lors de la 91e Session générale.
  • Travaux réalisés sur la Résolution n° 35 pour adoption lors de la 91e Session générale de la liste révisée des agents antimicrobiens d’importance vétérinaire de l’OMSA (adoptée le 29 mai 2024).
  • Élaboration des documents de référence technique pour différentes espèces (bovins, chiens et chats).

La présidente a également souligné les résultats du 8ème rapport sur les «Agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux» qui a été récemment publié et a noté la légère augmentation (2%) de l’utilisation globale des antimicrobiens. Toutefois, il a été noté que, bien que l’Afrique ne consomme que moins de 10 % de la production mondiale d’antimicrobiens, l’utilisation d’antimicrobiens a augmenté de manière spectaculaire dans le récent rapport (179 %). Cela pourrait être attribué à l’amélioration du rapportage même. Un autre résultat important du rapport est qu’il y a encore 36 Membres qui utilisent des antibiotiques comme promoteurs de croissance.

Le Groupe de travail a recommandé aux Membres de s’inscrire à l’appel ouvert pour le projet VSAFE, de poursuivre le développement d’ANIMUSE et a encouragé les Membres à soumettre leurs données de consommation d’antimicrobiens à ANIMUSE.

En conclusion, la Présidente a évoqué la prochaine réunion sur la RAM à haut niveau qui se tiendra en septembre 2024 en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies (UNGA). La position de l’OMSA a été présentée en mettant l’accent sur quatre domaines prioritaires, notamment

  1. le renforcement de la surveillance,
  2. la coordination intersectorielle,
  3. la prévention et la vaccination et
  4. le financement durable et prévisible.

Les Délégués ont été encouragés à prendre contact avec leurs homologues participant à la réunion et à défendre la position de l’OMSA pour améliorer la santé animale.

Dr Tomoko Ishibashi, Chair of the AMR Working Group, during her report. Picture (c) M. Tric (woah) 2024.

Dr William "Billy" Karesh, Chair of the Wildlife Working Group, during his report. Picture (c) M. Tric (woah) 2024.

Activités des Commissions Spécialisées

Commission des normes sanitaires pour les animaux terrestres.
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Le Président de la Commission du Code Terrestre, le Dr Etienne Bonbon (France), a présenté les activités de la Commission au cours de l’année écoulée et a ensuite présenté un total de 16 projets de normes (nouvelles ou révisées) pour adoption, certaines relatives aux maladies, d’autres relatives aux produits, au bien-être animal ou à la résistance aux antimicrobiens :

Des suppressions et des modifications mineures, en termes de terminologie (centres de collecte de sperme au lieu de centres d’insémination artificielle) ont été adoptées pour les chapitres 4.6. et 4.7. (Hygiène générale dans les centres de collecte et de traitement du sperme, et Collecte et traitement du sperme de bovins, de petits ruminants et de porcins).

Le chapitre 6.10. sur l’Utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens en médecine vétérinaire a fait l’objet d’une révision complète, dix ans après son adoption initiale en 2014. Des modifications ont été apportées aux définitions et le chapitre couvre désormais les animaux non producteurs d’aliments en raison du risque de transmission de la RAM dans l’environnement dû à l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux. Les plans d’action nationaux sur la RAM et les responsabilités des parties prenantes impliquées dans la production animale en ce qui concerne l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux ont été précisés. Malgré les nombreux commentaires formulés au cours de la session, le chapitre a été adopté avec un minimum de considérations.

Une autre révision majeure concerne le chapitre 7.5. sur le bien-être des animaux, relatif à l’abattage (pour la consommation humaine). Malgré de nombreux commentaires et questions, concernant principalement les questions relatives à l’étourdissement, le chapitre a été adopté à l’unanimité.

Deux chapitres révisés sur la fièvre aphteuse ont été présentés pour adoption : le chapitre 8.8. sur l’infection par le virus de la fièvre aphteuse et le chapitre 1.11. sur la demande de reconnaissance officielle par l’OMSA du statut d’indemne de fièvre aphteuse. Malgré certains commentaires concernant le rôle du buffle africain et la désignation de la farine de protéines comme produit dénué de risque (safe commodity), les deux chapitres ont été adoptés, avec le soutien des membres de l’UA, comme l’a fait remarquer le Maroc. Le projet de révision du chapitre 8.8. a été circulé pas moins de 8 fois depuis 2015.

Les modifications mineures apportées aux chapitres sur la fièvre de la vallée du Rift et Trichinella spp. ont été facilement adoptées, car elles visaient principalement à aligner les recommandations de la Commission des normes biologiques et du Manuel sur celles du Code en termes d’importation de sperme et d’embryons, et de suppression des références aux génotypes de Trichinella, respectivement.

Longtemps répertorié, mais sans chapitre dédié dans le Code, Coxiella burnettii ou fièvre Q dispose désormais d’un chapitre (8.X) définissant les règles pour le commerce des espèces et des produits sensibles. Un autre nouveau chapitre (8.Z.) concerne Trypanomosa evansi ou Surra, une trypanosomiase non transmise par la tsé-tsé. Malgré les objections de l’Australie concernant le risque de transmission de T. evansi par le sperme, jugé trop restrictif pour le commerce, le nouveau chapitre a été adopté à l’unanimité.

De même, dans la nouvelle section 16 sur les maladies des chameaux (Camelidae), un nouveau chapitre a été ajouté sur la variole du chameau (16.Z.), aligné sur le chapitre 3.5.1. existant dans le Manuel, adopté en 2021. La variole du chameau figure sur la liste des maladies depuis plusieurs années, mais ne fait pas l’objet d’un chapitre du Code.

La maladie hémorragique du lapin (MHL), au chapitre 13.2, est désormais définie comme une infection des léporidés (c’est-à-dire des lapins) par le virus de la maladie hémorragique du lapin de type 1 (RHDV) ou le virus de la maladie hémorragique du lapin de type 2 (RHDV2) (ci-après dénommés « lagovirus pathogènes du lapin »).

Au chapitre 15.1., trois produits ont été ajoutés aux produits sûrs pour la peste porcine africaine (PPA) : les produits carnés traités thermiquement dans un récipient hermétiquement fermé avec une valeur F0 de 3 ou plus ; les aliments secs extrudés pour animaux de compagnie et les farines de protéines.

En conclusion, l’Assemblée mondiale a adopté des changements au niveau des définitions du Glossaire et des changements horizontaux dans de nombreux chapitres :

  • Suppression de : mort, cretons (les résidus protéiniques de la fonte, après séparation partielle des graisses et de l’eau)
  • Ajout de : produits animaux, produits biologiques et produits germinaux
  • Révision horizontale des termes : services vétérinaires, autorité vétérinaire, autorité compétente.

…ainsi que le chapitre 1.3. des maladies répertoriées, modifié suite aux amendements susmentionnés (changements de noms, nouveaux chapitres, etc.).

Commission scientifique pour les maladies animales
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Le Dr Cristóbal Zepeda, Président de la Commission scientifique pour les maladies animales (SCAD), a présenté le rapport d’activités de la Commission pour l’année 2023-2024. Le rapport inclut la reconnaissance du statut de pays indemne de maladie pour certains pays, à savoir : le statut de pays indemne de peste équine pour l’Égypte, le statut de pays indemne de PPR pour l’Azerbaïdjan, le statut de pays indemne de fièvre aphteuse où la vaccination n’est pas pratiquée pour le Liechtenstein et le statut de pays indemne de PPCB pour la République tchèque et la Norvège.

Le SCAD contribue aux stratégies et initiatives mondiales concernant diverses maladies, notamment la peste des petits ruminants (PPR), la rage, la tuberculose zoonotique (M. bovis) et la fièvre aphteuse.

Le Programme panafricain d’éradication de la PPR et sa soumission pour financement à la DG-INTPA de l’UE ont été mis en avant comme une réalisation essentielle pour la lutte contre, et l’éradication à l’échelle mondiale. Le financement de cette proposition est attendu dans le courant de l’année 2024 et donnera un coup de fouet aux efforts d’éradication de la PPR en cours en Afrique.

En ce qui concerne la tuberculose zoonotique, causée par Mycobacterium bovis, il a été annoncé que de nouvelles lignes directrices, qui seront publiées à la mi-2024, seront particulièrement utiles pour le contrôle (alternatif) de la tuberculose zoonotique dans les pays en développement, où la stratégie « tester et abattre » n’est plus considérée comme applicable. Les travaux en cours sur les normes relatives à la tuberculine bovine et aviaire sont essentiels à cet égard.

En ce qui concerne la rage, il a été signalé que le réseau United Against Rabies (UAR ou “Tous Unis contre la Rage”) s’était étendu à plus de 80 organisations au cours de la période 2023-2024, et qu’une cartographie des partenaires UAR avait été élaborée dans le but de coordonner ces partenariats. Les efforts de GAVI pour aider les pays à accroître l’accès à la prophylaxie post-exposition humaine ont également été soulignés comme un développement majeur dans la progression vers l’objectif mondial d’élimination de la rage « Zéro d’ici à 30 » (Zeroby30). L’élaboration de lignes directrices pour la vaccination orale des chiens contre la rage, ainsi que de lignes directrices sur l’utilisation de tests immunochromatographiques rapides (kits rapides) pour la surveillance de la rage, a également été soulignée.

En ce qui concerne la peste porcine africaine (PPA), le Dr Zepeda a noté que le Comité mondial de coordination (GCC) pour la PPA, qui a été lancé en 2023 et qui s’est réuni pour la deuxième fois en début de semaine, a identifié trois priorités qui sont :

  • La mise au point et l’utilisation de vaccins contre la peste porcine africaine
  • Le renforcement de la biosécurité ; et
  • L’impact des porcs sauvages sur l’épidémiologie de la peste porcine africaine.

Des normes pour les vaccins contre la peste porcine africaine ont été élaborées et examinées par la Commission des normes biologiques (CNB), et diverses activités liées aux trois priorités sont en cours.

Dans son rapport sur la grippe aviaire, le Dr Zepeda a souligné la révision de la Stratégie mondiale de prévention et de lutte contre  l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). La révision de la Stratégie mondiale a été initiée par le réseau OFFLU de l’OMSA-FAO. La version précédente de la Stratégie mondiale de 2007 a été revue et mise à jour afin d’intégrer les enseignements et les recommandations de la récente pandémie de grippe aviaire hautement pathogène. Le réseau OFFLU continue de soutenir la surveillance génomique de l’IAHP sur tous les continents. Des lignes directrices pour la vaccination d’urgence des oiseaux sauvages contre l’IAHP dans des situations spécifiques ont également été élaborées.

Le Dr Zepeda a en outre rappelé aux Délégués des pays officiellement indemnes d’une maladie, de l’importance du respect des dispositions du Code terrestre sur les exigences relatives à l’importation en provenance de pays ou de zones n’ayant pas de statut officiel en matière de santé animale, délivré par l’OMSA. En réponse à une intervention de l’Afrique du Sud, il a été précisé que si un pays au statut indemne de maladie, reconnu par l’OMSA, importe d’un pays sans déclaration officielle de statut de maladie, les dispositions du chapitre 5.3. du Code terrestre doivent être respectées. Ces dispositions sont basées sur le principe d’« équivalence », tel qu’il est défini dans l’accord SPS, et offrent une alternative aux échanges commerciaux entre les seuls pays officiellement indemnes de maladies.

Il a été rapporté que le SCAD avait examiné et approuvé de nouvelles définitions de cas pour cinq maladies, dont la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) et la tularémie. Il a également été recommandé que la Maladie du mouton de Nairobi (Nairobi sheep disease) fasse l’objet d’une évaluation afin de déterminer si elle doit être maintenue sur la liste des maladies de l’OMSA, étant donné qu’aucun rapport sur cette maladie n’a été soumis depuis des dizaines d’années. Compte tenu de l’importance des animaux dans l’épidémiologie du SRAS-CoV-2, le SCAD a recommandé – à défaut d’inscrire la maladie sur la liste – de conserver la maladie en tant que maladie émergente.

Commission des normes sanitaires pour les animaux aquatiques
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Le Président de la Commission, le Dr Ingo Ernst (Australie), a présenté le travail de la Commission au cours du mandat qui vient de s’achever (depuis 2021), suivi de la présentation des projets de normes pour le Code et le Manuel aquatiques.

Un grand nombre des révisions proposées du Code sont liées à l’alignement entre le Code terrestre et le Code aquatique en termes de terminologie dans le Glossaire : autorité vétérinaire, autorité compétente, services de santé des animaux aquatiques, ainsi que produits d’animaux aquatiques (plutôt que « produits d’origine animale aquatique »). D’autres alignements concernent la révision de la plupart des articles 3 des chapitres 8 (amphibiens), 9 (crustacés) et 10 (poissons) sur les produits dénués de risque (safe commodities), ainsi que l’alignement de la structure des chapitres sur les amphibiens et les mollusques sur celle des chapitres sur les crustacés et les poissons.

Traditionnellement, une grande attention est requise pour dresser la liste des espèces sensibles à certaines maladies, en particulier les maladies récemment répertoriées, telles que l’nfection par le virus 1 iridescent des décapodes ou Decapod iridescent virus 1 (DIV1) ou encore l’nfection par le virus du tilapia lacustre (TiLV), ainsi que le Perkinsus marinus, où certaines des espèces répertoriées comme étant « à l’étude » ont été soit confirmées comme sensibles, soit supprimées.

Une question complexe a été abordée en dernier lieu, celle de l’adoption d’un nouveau complexe de maladies, appelé Megalocytisvirus pagus 1, qui comprend trois géno-groupes, dont l’un est déjà répertorié : Infection par l’iridovirus de la daurade japonaise (RSIV ou Red sea bream iridovirus) et l’autre a été proposé pour adoption (ISKNV ou Infectious spleen and kidney necrosis virus). À la suite d’examens taxonomiques, la proposition de fusionner les trois maladies sous un seul nom, comprenant Red sea bream iridovirus, Infectious spleen and kidney necrosis virus et Turbot reddish body iridovirus (TRBIV), s’est heurtée à l’opposition de nombreux Membres, dont beaucoup ont fait valoir qu’elle ne répondait pas à toutes les exigences de l’algorithme d’inscription sur la liste. Le bloc de l’UE, l’Australie, la Chine (RPC), l’Inde et l’Afrique du Sud, au nom des Membres de l’UA, se sont prononcés en faveur de l’adoption, en soulignant la possibilité de notifier (par l’intermédiaire du WAHIS) les groupes génétiques distincts, comme c’est le cas pour les sérotypes par exemple, et en soulignant la menace qui pèse à la fois sur la biodiversité et sur les espèces de production aquatique commerciale telles que Tilapia spp. Le chapitre a finalement été adopté à la majorité contre la minorité (4 membres ont voté contre et 21 membres se sont abstenus).

Vingt chapitres du Manuel aquatique ont été révisés pour la période 2021 – 2024, dont neuf ont été soumis pour adoption à l’Assemblée Mondiale lors de cette session. Il s’agit de la révision complète des articles sur les « Informations générales » concernant les maladies des crustacés (2.2.0.) et des mollusques (2.4. 0), ainsi que des révisions complètes des chapitres sur la peste de l’écrevisse (Aphanomyces astaci), la maladie de la queue blanche, le virus de la tête jaune 1 et le virus iridescent du décapode 1 (crustacés), l’herpès virus de l’ormeau, Martella refringens et Perkinsus marinus (mollusques), ce dernier afin d’aligner la liste des espèces sensibles sur celles (qui viennent d’être approuvées) du Code aquatique.

Commission des normes biologiques
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Le Dr Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), Président de la Commission des normes biologiques (CNB), a présenté le rapport d’activité annuel (deux réunions statutaires tenues en septembre 2023 et février 2024). Il a ensuite présenté un résumé des réalisations de la Commission au cours de son mandat de 3 ans (septembre 2021 – février 2024), notamment 34 chapitres adoptés, 7 nouveaux Centres Collaborateurs et 25 nouveaux Laboratoires de Référence reconnus.

Il a ensuite donné un aperçu des textes du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres proposés pour adoption, soit 12 chapitres, qui ont tous été adoptés sans objection ni abstention.

Chapitres introductifs

  • Annexe 4 Chapitre 1.1.5. Gestion de la qualité dans les laboratoires d’analyses vétérinaires
  • Annexe 5 Chapitre 1.1.9. Tests de stérilité et d’absence de contamination du matériel biologique destiné à l’usage vétérinaire
  • Annexe 6 Chapitre 2.2.4. Incertitude des mesures
  • Annexe 7 Chapitre 2.2.6. Sélection et utilisation d’échantillons et de panels de référence

Le Délégué du Sénégal s’est inquiété de la difficulté d’acquisition des kits de diagnostic et a demandé à l’OMSA d’élargir le champ d’application des kits de diagnostic.

Chapitres sur les maladies

  • Annexe 8 Chapitre 3.1.5. Fièvre hémorragique de Crimée – Congo
  • Annexe 9 Chapitre 3.3.6. Tuberculose aviaire (Section C. « Exigences relatives aux produits biologiques de diagnostic » uniquement)
  • Annexe 10 Chapitre 3.4.1. Anaplasmose bovine

Le Délégué de l’Australie a relevé deux erreurs : Anaplasma appartient à la famille Elucioceae au lieu de la famille Anaplasmataceae. Le changement de taxonomie a été effectué dans la base de données taxonomique LPSN ; l’annexe 6, qui contient des options de tests diagnostiques pour déterminer le statut immunitaire des animaux individuels, contient également plusieurs points mal placés concernant le virus de la diarrhée bovine au lieu de l’anaplasmose bovine. La Commission a pris note des commentaires.

Annexe 11 Chapitre 3.4.7. Diarrhée virale bovine
Annexe 12 Chapitre 3.4.12. Dermatose nodulaire contagieuse  (section vaccinale uniquement)
Annexe 13 Chapitre 3.6.9. Rhinopneumonie équine (infection par Varicellovirus equidaipha 1 [anciennement Equid herpesvirus-1])
Annexe 14 Chapitre 3.8.1. Maladie de la frontière
Annexe 15 Chapitre 3.8.12. Clavelée et variole caprine  (section relative aux tests de diagnostic uniquement)

L’Irlande, s’exprimant au nom des pays de l’UE, a voulu soutenir l’adoption des chapitres proposés et s’est félicité de la décision de reporter la révision du chapitre sur la peste porcine africaine (PPA).

Le Dr Couacy-Hymann a ensuite présenté le travail de la CNB sur le Chapitre 3.9.1. Peste porcine africaine  (section sur les vaccins uniquement), y compris les exigences minimales pour les vaccins vivants. Il a souligné les points nécessitant une consultation supplémentaire, notamment l’innocuité chez les porcs non-vaccinés et les groupes d’âge non-ciblés, y compris les truies gestantes et les verrats. La révision proposée devrait être présentée pour adoption en mai 2025.

Il a également partagé les critères pour conserver les chapitres sur les maladies non listées dans le Manuel terrestre, y compris le fait d’avoir un diagnostic différentiel important pour une maladie listée, l’existence d’un laboratoire de référence pour la maladie, et l’existence d’un chapitre correspondant du Code terrestre. Sur la base de ces critères, les chapitres suivants ont été retirés du Manuel mais seront toujours disponibles sur demande auprès du Secrétariat de la CNB.

  1. Nosémose des abeilles
  2. Tuberculose aviaire (avec l’adoption du chapitre en mai 2024, les informations sur la tuberculine aviaire ont été transférées dans le chapitre sur la tuberculose des mammifères et ce chapitre a été supprimé).
  3. Entérite à virus du canard
  4. Choléra aviaire
  5. Variole aviaire
  6. Fièvre catarrhale maligne
  7. Lymphangite épizootique
  8. Adénocarcinome pulmonaire ovin (adénomatose)
  9. Rhinite atrophique du porc
  10. Encéphalomyélite à Teschovirus
  11. Cryptosporidiose
  12. Infection par Campylobacter jejuni et C. coli
  13. Listeria monocytogenes
  14. Gales
  15. Toxoplasmose

Le Dr Couacy-Hymann a également fait part d’un changement de format de rapport dans le but d’accroître la transparence du processus d’élaboration des normes de l’OMSA.

La répartition et les activités des Laboratoires de Référence et des Centres Collaborateurs ont ensuite été présentées, en soulignant l’importance des projets de jumelage de l’OMSA pour améliorer la capacité des laboratoires dans le monde entier. Il a exprimé le besoin de Laboratoires de Référence pour certaines maladies importantes, notamment la PPR en Afrique.

Sept nouveaux projets de jumelage de laboratoires ont été approuvés, dont (pour l’Afrique) :

  • Allemagne/Cameroun (maladie de Newcastle)
  • Afrique du Sud/Chine (dermatose nodulaire)
  • Afrique du Sud/Ghana (peste porcine africaine)
  • Afrique du Sud/Türkiye (fièvre de la vallée du Rift)

Une mise à jour des installations de confinement de la peste bovine a été fournie, le nombre de laboratoires étant passé de 44 en 2012 à 5 en 2024. En termes de préparation aux situations d’urgence, il existe 2 réserves de vaccins (y compris UA-PANVAC), une banque de semences de vaccins et 4 Laboratoires de Référence OMSA.

Le Dr Couacy-Hymann a ensuite présenté le registre des kits de diagnostic. Les nouveaux kits de diagnostic terrestre certifiés par WOAH pour une période de 5 ans sont :

  • Kit de détection PCR en temps réel GenelixTM ASFV
  • Sentinel® ASFV Antibody Rapid Test (test rapide de détection des anticorps du virus de la peste porcine africaine)

Renouvellement pour une période de 5 années supplémentaires :

  • Kit de détection des anticorps de la grippe aviaire
  • Kit de recherche d’anticorps contre la maladie de Newcastle

En raison du faible nombre de kits de diagnostic enregistrés au cours des 20 dernières années, il a été décidé de geler complètement les activités du registre et toutes les procédures connexes immédiatement après la 91e Session générale pour une période de 24 mois jusqu’en mai 2026. Au cours de cette période, seuls les cas exceptionnels liés à une situation d’urgence en matière de santé animale seront examinés à la demande des membres.

Le Dr Couacy-Hymann a ensuite présenté le programme de travail du CNB, notamment la mise à jour du Manuel terrestre, l’amélioration de l’examen annuel des performances du réseau d’expertise et l’accroissement de sa visibilité et de son accessibilité, la mise en œuvre de procédures opérationnelles normalisées (SOP) pour la définition des cas et la création d’une biobanque virtuelle.

Il a remercié tout particulièrement le Dr Steven Edwards, qui a pris sa retraite après plus de quarante ans de bons et loyaux services rendus à la Commission à divers titres. Il a conclu en remerciant les différentes personnes impliquées dans le processus d’élaboration des normes.

Suite à une demande de clarification de la part du Botswana, la Directrice générale a expliqué pourquoi le registre des kits a suspendu. Elle a expliqué que le nombre de soumissions était trop faible pour justifier le processus et que le gel avait pour but de permettre l’analyse de la situation et de déterminer comment le processus pouvait être rendu plus attractif pour les fabricants.

Dr Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), President of the Biological Standards Commission (BSC), presenting the annual activity report. Picture (c) M. Tric (woah) 2024

Dr Emmanuel Couacy-Hymann (Côte d’Ivoire), Président de la Commission des normes biologiques (CNB), présentant le rapport d’activité annuel. Photo (c) M. Tric (omsa) 2024

 

Reconnaissance de nouveaux Centres de Référence par l’Assemblée mondiale

La Commission Scientifique pour les Maladies Animales a présenté une résolution pour la reconnaissance de plusieurs nouveaux Centres Collaborateurs, dont les suivants sont situés en Afrique :

  • Centre collaborateur de l’OMSA pour la gestion de la santé des poissons dans la région du Moyen-Orient, Laboratoire central de recherche en aquaculture (Central Laboratory for Aquaculture Research, CLAR), Sharkia, EGYPTE.
  • Centre collaborateur d’OMSA pour l’épidémiologie de terrain, Centre National de Veille Zoosanitaire (CNVZ), Tunis, TUNISIE.

La Commission des Normes Biologiques a présenté une résolution pour la reconnaissance de plusieurs nouveaux laboratoires de référence, qui a été adoptée à l’unanimité. Les laboratoires suivants sont basés en Afrique :

  • Laboratoire de référence OMSA pour la salmonellose. Laboratoire vétérinaire central, Ministère de l’agriculture, de l’eau et de la réforme agraire, Windhoek, NAMIBIE.
  • Laboratoire de référence OMSA pour l’épidémiologie, les parasites et les vecteurs de la theilériose. Agricultural Research Council, Onderstepoort Veterinary Research institute, Pretoria, AFRIQUE DU SUD.

 

Reconnaissance de statuts sanitaires

La Commission Scientifique pour les Maladies Animales a présenté une résolution pour la reconnaissance de plusieurs nouveaux statuts officiels de maladies, dont l’un est la reconnaissance de l’Égypte comme pays indemne de la peste équine. Il est intéressant de noter que deux Membres européens (la République tchèque et la Norvège) ont obtenu la reconnaissance de leur statut de pays indemne d’une maladie actuellement presque exclusivement « africaine », la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB).

The outgoing Director General, Dr Monique Eloit (left) with the WOAH Regional Representative for Africa, Dr Karim Tounkara. Picture (c) M. Tric (woah) 2024

La Directrice générale sortante, Dre Monique Eloit (à gauche) avec le Représentant Régional de l’OMSA pour l’Afrique, Dr Karim Tounkara. Photo (c) M. Tric (omsa) 2024

Deuxième session administrative (ouverte)

La deuxième session administrative a été consacrée aux activités du Conseil et à la présentation de la performance financière de l’Organisation, en termes de rapports financiers par le Directeur de l’Administration, M. Xavier Pairault, l’audit interne du Conseil, présenté par le Dr. Wilmer José Juarez (Nicaragua) et l’audit externe (M. Didier Selles), ce dernier ayant consacré une partie de son rapport aux défis de développement de la nouvelle plateforme WAHIS, qui sont maintenant surmontés avec la nomination d’un chef de projet informatique externe, financé par la Fondation Gates.

 

Le budget de l’Organisation, en 2023, était principalement constitué de trois composantes :

  • le budget général, qui s’élève à 19,53 millions d’euros ;
  • le Fonds mondial pour la santé et le bien-être des animaux et les
  • les budgets des Représentations régionales/sous-régionales.

Les dépenses de l’Organisation ont augmenté de 61 % par rapport à 2018 et de 18 % par rapport à 2022, ce qui s’explique en grande partie par l’élargissement du champ d’activités de l’Organisation.

Le budget 2025 s’élève à 43 113 950 euros, ce qui nécessite une augmentation de 6,9 % de la contribution statutaire. Cette résolution a été approuvée, de nombreux membres s’étant néanmoins abstenus lors du vote, n’ayant pas été mandatés pour accepter une augmentation de leurs contributions nationales.

La résolution concernant la révision des textes de base a été approuvée par tous les membres présents, sans abstention ni opposition.

Télécharger l'analyse et l'évaluation des Textes de base (résumé)

Analyse et évaluation de la gouvernance  institutionnelle, technique et financière de  l'Organisation mondiale de la santé animale
Analyse et évaluation de la gouvernance institutionnelle, technique et financière de l'Organisation mondiale de la santé animale

PDF - 475.04KB

Analysis and evaluation of the institutional, technical, and financial governance of the World Organisation for Animal Health
Analysis and evaluation of the institutional, technical, and financial governance of the World Organisation for Animal Health

PDF - 605.85KB

Dr Monique Eloit receiving a bouquet of flowers from incoming President Dr Susana Pombo. Picture (c) M. Tric (woah) 2024

La Dre Monique Eloit recevant un bouquet de fleurs de la part de la nouvelle Présidente Dre Susana Pombo. Photo (c) M. Tric (omsa) 2024

 

Cérémonie de clôture et dates de la 92ème Session générale.

La Session générale a été déclarée close par le Président sortant, le Dr Hugo Federico Idoyaga Benítez, qui a remercié tous les Délégués pour leur soutien au cours des trois dernières années, ainsi que pour le soutien de son propre Gouvernement (du Paraguay) qui lui a permis de mener cette mission avec efficacité et diligence. Il a souhaité beaucoup de succès à son successeur, la Dre Susana Pombo (Portugal), et a appelé les deux directeurs généraux – sortant et entrant – sur la scène pour un dernier adieu sincère.

La prochaine Session générale aura lieu du dimanche 25 au jeudi 29 mai 2025.

Panel discussion on the future of WOAH. Left : Ms. Christiana Ololade Olajimbiti (Animal Welfare Chair of the IVSA). Right : Dr. Fajer Sabah Al Salloom (Delegate of Bahrein and Vice-President of the WOAH Council). Picture (c) M. Tric (woah) 2024

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