En Afrique, l’accès aux services vétérinaires en milieu rural demeure un enjeu majeur de santé animale et de développement, fortement contraint par l’insuffisance de ressources humaines qualifiées. Pour y répondre, le projet “Professionnalisation des Para-professionnels Vétérinaires” (P3V), piloté par l’OMSA et financé par l’Agence française de développement (AFD), déploie depuis septembre 2020 une approche structurante au Sénégal et au Togo, étendue par la suite au Bénin. Alors que l’initiative arrive à son terme, le projet dresse le bilan et capitalise sur plus de cinq années de transformation et d’apprentissage.
Travaux de groupe. Photo (c) communication (omsa) 2025.
Le P3V s’est imposé comme un modèle de réussite en s’attaquant aux barrières systémiques du secteur. Ses interventions ont permis :
Une analyse complète du maillage et de la démographie vétérinaire des pays bénéficiaires a été réalisée, offrant une vue globale et permettant d’identifier les besoins prioritaires en ressources humaines, en tenant compte des dimensions de genre.
Une expertise diagnostique inédite : Des études approfondies ont précisé la situation des PPV, de la démographie à la rentabilité des modèles économiques de la santé animale, en passant par l’insertion professionnelle et l’équité de genre.
Un cadre institutionnel renforcé : Le projet a appuyé les pays bénéficiaires dans l’élaboration de cadres réglementaires clarifiant le rôle et les responsabilités des PPV, tout en favorisant leur intégration effective et une collaboration structurée avec les vétérinaires et les autres acteurs du secteur. Le projet a également facilité l’élaboration de deux stratégies nationales au Sénégal et au Togo, ainsi que le déploiement de cadres de concertation nationaux et régionaux. Ces instances renforcent la collaboration interprofessionnelle et le consensus autour des prérogatives de chaque métier pour lutter efficacement contre la pratique illégale de la médecine vétérinaire.
Une excellence pédagogique professionnalisante : La mise à jour de huit curricula de formation conformément aux lignes directrices de l’OMSA s’est accompagnée d’un soutien matériel et pédagogique aux établissements partenaires. Le projet a également formé 595 PPV (dont 27 % de femmes) en formation continue, et a soutenu la formation initiale de 1 331 étudiants (dont 33 % de femmes) ainsi que 1 293 stagiaires dans le projet professionnel au Togo, au Sénégal et au Bénin.
Une approche de formation et des ressources pédagogiques à l’endroit des pays bénéficiaires et au-delà
Travaux pratiques. Photo (c) communication (omsa) 2025.
Le projet P3V a posé les jalons d’un modèle pérenne. Alors que les bases techniques et pédagogiques sont désormais consolidées, l’enjeu se déplace vers l’appropriation des outils par les acteurs clés de la santé animale et vers le changement d’échelle. Pour soutenir cette ambition, des outils de capitalisation détaillant la méthodologie et les leçons apprises ont été développés. Ces ressources sont désormais disponibles sur le portail de l’OMSA (Outils et ressources) pour tous les acteurs souhaitant consolider durablement le rôle essentiel des PPV dans la résilience des systèmes vétérinaires en milieu rural africain.
Chacun des outils a été conçu de manière participative avec l’ensemble des bénéficiaires du projet et permet de retracer les processus d’implémentation et les leçons apprises.
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