Dr. Daniel Otieno, Adult Learning Expert. Department of Educational Management Policy and Curriculum Studies at Kenyatta University (Kenya). CBPP : Regional training course on abattoir surveillance. Picture (c) T. Tenzin (woah) 2026
Dr. Daniel Otieno, expert en formation des adultes. Département de gestion de l’éducation, de politique et d’études curriculaires à l’université Kenyatta (Kenya). PPCB: Formation régionale sur la surveillance des abattoirs. Photo (c) T. Tenzin (omsa) 2026
Du 23 au 27 mars 2026, l’Organisation mondiale de la santé animale, par l’intermédiaire de sa représentation sous-régionale pour l’Afrique de l’Est, a organisé un atelier régional de formation à Nairobi afin de renforcer les capacités de surveillance dans les abattoirs, qui constituent un point d’entrée clé pour la détection et le contrôle de la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) et d’autres maladies prioritaires. Les abattoirs offrent une opportunité de surveillance peu coûteuse mais très efficace, en particulier dans les contextes où la surveillance sur le terrain est limitée par les ressources, la mobilité ou la géographie. L’atelier a réuni des vétérinaires gouvernementaux, des inspecteurs d’abattoirs de première ligne, des experts en laboratoire et en épidémiologie, ainsi que des experts régionaux et mondiaux.
Group photograph. CBPP : Regional training course on abattoir surveillance. Picture (c) Communication (KALRO) 2026 ----- Photo de groupe. PPCB : Formation régionale sur la surveillance des abattoirs. Photo (c) Communication (KALRO) 2026
Cet équilibre a permis d’assurer une formation des formateurs (FdF) complète, renforçant les capacités de détection, de notification et de réponse non seulement à la PPCB, mais aussi à d’autres maladies pouvant être identifiées lors de l’abattage. La formation a renforcé l’engagement commun à lutter contre l’une des maladies animales transfrontalières et zoonoses les plus persistantes en Afrique.
La PPCB reste endémique dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne, en particulier dans les systèmes de production pastorale où la mobilité du bétail accroît le risque de transmission. Malgré son impact économique considérable, qui se traduit par la mortalité du bétail, une baisse de la productivité et des restrictions commerciales, cette maladie continue d’être sous-déclarée et ne bénéficie pas d’une priorité suffisante. Les participants ont souligné la nécessité urgente d’améliorer les systèmes de surveillance et de générer des données plus précises afin de mieux éclairer les décisions politiques et d’investissement.
Au cours des sessions techniques et pratiques, les participants ont échangé leurs points de vue sur un large éventail d’autres affections importantes détectables lors de l’inspection post mortem, dont beaucoup ont des implications significatives en matière de santé publique, de diagnostic ou d’économie. La surveillance en abattoir offre donc une occasion unique et rentable de recueillir simultanément des informations précieuses sur plusieurs maladies.
Outre les lésions de type PPCB, les participants ont abordé la détection :
Les participants ont également passé en revue plusieurs maladies respiratoires et systémiques pouvant imiter la PCCB ou être rencontrées lors de l’abattage, renforçant ainsi le rôle des abattoirs en tant que points de surveillance stratégiques. Parmi celles-ci figuraient :
Le fait de mettre en avant cet ensemble plus large de maladies a permis de renforcer le message selon lequel investir dans des systèmes de surveillance efficaces dans les abattoirs apporte de multiples avantages connexes : amélioration des données sur la santé animale, renforcement de la détection des zoonoses, amélioration de la sécurité sanitaire de la viande, et protection de l’intégrité et de la valeur des chaînes de valeur de l’élevage.
Examination of CBPP infected lung with sequestra; preparation for sample collection. CBPP : Regional training course on abattoir surveillance. Picture (c) V. Chemis (woah) 2026.
L’atelier a combiné des exposés techniques et un apprentissage pratique sur le terrain. Les participants ont été formés aux domaines suivants :
L’un des moments forts a été les sessions pratiques menées en abattoir, où les participants ont pu observer directement les lésions caractéristiques de la PPCB et renforcer leurs compétences en matière de diagnostic.
L’atelier a été conçu comme un programme de formation des formateurs (FdF), visant à doter les participants non seulement de connaissances techniques, mais aussi des outils nécessaires pour diffuser la formation dans leurs pays respectifs.
Au cours de sessions interactives, les participants se sont exercés à animer des modules de formation et ont discuté des stratégies permettant d’adapter les supports pédagogiques aux contextes nationaux. Cette approche garantit que l’impact de l’atelier dépasse le cercle des participants initiaux pour toucher un réseau plus large de professionnels vétérinaires.
Les discussions ont mis en évidence l’importance :
Les participants ont également examiné l’utilisation d’outils numériques et de plateformes de communication pour améliorer le partage des données et la coordination entre les pays.
Un large consensus s’est dégagé sur la nécessité de traduire les connaissances en actions concrètes. Parmi les principales priorités identifiées figurent :
Les participants se sont engagés à maintenir la communication via les plateformes existantes et à partager leurs progrès à mesure qu’ils mettent en œuvre les activités de formation dans leurs pays respectifs.
Pour transformer la dynamique créée par cette formation régionale en progrès durables, il est urgent de mettre en place des investissements ciblés et une action nationale coordonnée. Les pays ont été encouragés à s’appuyer sur l’atelier de Nairobi (cohorte 1) en :
En s’engageant à mettre en œuvre ces mesures — et en mobilisant le soutien financier et institutionnel nécessaire —, les pays peuvent transformer les abattoirs en centres de surveillance stratégiques et rentables, capables de détecter la fièvre catarrhale ovine ainsi qu’un large éventail d’autres maladies prioritaires. De tels investissements contribuent non seulement à améliorer la santé animale, mais aussi à protéger la santé publique, à renforcer le secteur de l’élevage et à soutenir des chaînes d’approvisionnement en viande résilientes et à forte valeur ajoutée dans toute la région.
Vidéo Signes cliniques de la PPCB. Video (c) IZS - Teramo, Italie
Fltr : Daniel Otieno (KU), Mamadou Toure (Cote d’ Ivoire), Daniel Senerwa (UoN), Massimo Scacchia (IZS) and Neo Mapitse (WOAH). CBPP : Regional training course on abattoir surveillance. Picture (c) V. Chemis (woah) 2026.