A closeup of honeybees flying out of a hole in a wooden surface under the sunlight at daytime IIIIIIIIII Gros plan sur des abeilles sortant d'un trou dans une surface en bois, sous la lumière du soleil en pleine journée
Il est urgent de renforcer la surveillance et la déclaration des maladies des abeilles liées à la résistance aux antimicrobiens (RAM), d’élaborer des recommandations sur le traitement de ces maladies, de mener des recherches sur des alternatives pour lutter contre les ravageurs et les maladies des abeilles, notamment la loque américaine et la loque européenne, et de sensibiliser les apiculteurs aux risques liés à la RAM dans le secteur de l’apiculture.
Les abeilles et les produits de la ruche sont exposés aux antimicrobiens et à d’autres produits agrochimiques, par le biais des traitements appliqués au sein des ruches, de la contamination environnementale, de l’application de pesticides et d’herbicides, ainsi que des interactions entre l’élevage et les systèmes apicoles.
La présence de résidus de produits vétérinaires, y compris d’antimicrobiens, dans le miel a des répercussions sur la sécurité alimentaire, la confiance des consommateurs et l’accès au marché. L’importance de la détection des maladies et des ravageurs des abeilles, de la prévention, de la biosécurité et des pratiques appropriées de gestion des maladies pour réduire le recours aux traitements antimicrobiens a été soulignée.
Dr Neo Mapitse, WOAH Sub-Regional Representative for Eastern Africa. Picture (c) B. Barasa (woah) 2026.
Le Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est. Photo (c) B. Barasa (omsa) 2026.
Le Dr Neo Mapitse (OMSA) a souligné l’importance des abeilles pour l’agriculture et les écosystèmes, tout en appelant à améliorer le partage des données sur leurs maladies et l’usage des antimicrobiens.
La Dre Beatrice Nganso (icipe) a souligné l’importance de la santé des abeilles pour l’alimentation et l’environnement, réclamant une meilleure surveillance de l’usage des antimicrobiens en apiculture.
De son côté, le Dr Abraham Sangula (Direction des Services Vétérinaires du Kenya) insista sur la sécurité des produits apicoles. Il a préconisé l’élaboration de codes de bonnes pratiques destinés aux régulateurs et aux apiculteurs. Ses propositions incluaient la réglementation des pesticides et herbicides, la délimitation des zones apicoles et la définition claire du rôle des parties prenantes. Enfin, il a mis l’accent sur la sensibilisation pour instaurer la confiance au sein de la chaîne de valeur.
L’Afrique possède une grande diversité d’abeilles indigènes, mais l’apiculture y affronte des défis majeurs : pesticides, fragmentation paysagère, changement climatique et risques élevés de contamination par les antimicrobiens non documentés. Face à des pratiques bien différentes de celles de l’Europe, des recherches récentes ciblent les pertes de colonies et l’amélioration des ruches. Pour y remédier, il est fortement recommandé d’investir dans le renforcement des capacités, les infrastructures et la consolidation des systèmes de surveillance afin de sécuriser ce secteur crucial pour le continent.
Ces sessions ont souligné l’importance de la biosécurité en apiculture, abordant les ravageurs, les maladies, l’usage des antimicrobiens et leurs alternatives. Pour protéger la santé des abeilles, une collaboration étroite s’impose entre vétérinaires, services apicoles et apiculteurs, incluant la déclaration de l’utilisation des antimicrobiens sur la plateforme ANIMUSE de l’OMSA.
L’OMSA se concentre sur les normes internationales pour le genre Apis, ciblant six maladies spécifiques, dont la loque américaine et européenne, le petit coléoptère des ruches et Varroa spp. Les pays peuvent effectuer des auto-déclarations de ces pathologies via le système WAHIS.
Enfin, le Centre Collaborateur de l’OMSA en Italie a présenté des outils essentiels : contrôles sanitaires officiels, méthodes de surveillance, évaluation des risques et techniques de lutte. Des innovations technologiques majeures ont également été mises en avant pour identifier les menaces, telles que les séparateurs mobiles et l’analyse d’ADN à partir de débris.
L’apiculture en Éthiopie, au Kenya, au Rwanda, en Ouganda et en Tanzanie fait face à des défis communs. La santé des abeilles souffre d’un manque de diagnostic, de traitements spécifiques et de biosécurité. De plus, la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de leur résistance reste très limitée.
L’examen des services apicoles et vétérinaires a identifié plusieurs interventions prioritaires. Il est crucial de renforcer leur collaboration, de surveiller l’usage des antimicrobiens et de partager les données. Les autres priorités incluent l’amélioration des capacités techniques, le renforcement du cadre réglementaire des produits phytopharmaceutiques, la promotion de la biosécurité et des bonnes pratiques, ainsi que l’implication active des acteurs de la chaîne de valeur.
Cette formation a bénéficié du soutien technique de la Dre Beatrice Nganso et de Mme Nelly Ndungu, du Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) de Kasarani, au Kenya, un Centre Collaborateur de l’OMSA spécialisé dans les maladies des abeilles mellifères en Afrique.