Les systèmes agricoles sont essentiels pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance, la santé publique et la sécurité nationale, mais ils demeurent de plus en plus vulnérables à l’agrocriminalité et à l’agroterrorisme. Ces menaces — allant du vol de bétail et de la fraude alimentaire à l’introduction délibérée ou à la manipulation d’agents pathogènes animaux — sont motivées par des intérêts financiers, criminels ou idéologiques. Leur impact est amplifié par la complexité croissante des systèmes de production animale, les mouvements transfrontaliers d’animaux et de produits, les lacunes réglementaires et l’évolution des technologies susceptibles d’être détournées pour manipuler des agents biologiques. Compte tenu des conséquences potentiellement graves sur les plans économique, sanitaire et sécuritaire, le renforcement de la collaboration entre les Services vétérinaires et les forces de l’ordre — notamment dans l’investigation des événements biologiques suspects — est essentiel pour détecter, prévenir et répondre efficacement à ces risques.
À la suite d’un atelier régional sur l’agrocriminalité axé sur les politiques et les stratégies, organisé en novembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), en collaboration avec l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), a organisé une formation régionale sur l’investigation des événements biologiques suspects à l’intention des neuf pays bénéficiaires du projet Renforcement de la résilience institutionnelle face aux menaces biologiques (FIRABioT) — Algérie, Congo (République du), Kenya, Madagascar, Malawi, Maroc, Namibie, Tanzanie et Zimbabwe — du 21 au 24 avril 2026 à Dar es Salaam, en Tanzanie.
Participants engage in a group discussion during the training. Picture © J. Galiwango (woah) 2026
La session d’ouverture a été marquée par les interventions du Dr Neo Mapitse (Représentant sous‑régional pour l’Afrique de l’Est, OMSA), de M. Adrien Sivignon (Coordonnateur, Unité de prévention du bioterrorisme, INTERPOL), de Mme Carol Mundle (Cheffe de coopération, Haut‑commissariat du Canada en Tanzanie) et du Dr Fabian Madele (Secrétaire permanent adjoint, Ministère de l’élevage et de la pêche, Tanzanie). Les intervenants ont souligné la menace croissante que représente l’agrocriminalité et ont mis en avant la nécessité urgente de renforcer la collaboration entre les différents secteurs.
Ms Carol Mundle (Head of Cooperation, High Commission of Canada to Tanzania) delivering her opening remarks. Picture © I. Busuulwa (woah) 2026
Dans ses remarques, Mme Carol Mundle a souligné que l’investissement du Canada dans l’initiative phare du Partenariat mondial pour atténuer les menaces biologiques en Afrique reflète la reconnaissance du fait que les menaces biologiques affectent tous les pays — directement ou indirectement — et que l’action collective est essentielle pour atténuer efficacement ces risques.
‘Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, la santé animale, la santé publique et la sécurité sont indissociables. ’
— Mme Carol Mundle, Cheffe de coopération, Haut‑commissariat du Canada en Tanzanie
Dr Fabian Madele (Deputy Permanent Secretary, Ministry of Livestock and Fisheries, Tanzania) delivers his opening remarks. Picture © I. Busuulwa (woah) 2026
La formation a été officiellement ouverte par le Dr Fabian Madele, Secrétaire permanent adjoint au Ministère de l’élevage et de la pêche, Tanzanie. Dans son discours d’ouverture, il a souligné que l’atténuation des menaces biologiques transfrontalières nécessite la mise en place de réseaux solides et l’élaboration de stratégies pratiques pouvant être mises en œuvre dans différents pays. Il a encouragé les participants à partager les connaissances acquises lors de la formation et à agir en tant qu’ambassadeurs dans la lutte contre l’agrocriminalité et l’agroterrorisme.
Dr Néo Mapitse, Représentant sous‑régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est
Tout au long de la formation, les participants ont analysé des études de cas concrètes d’agrocriminalité et examiné les rôles complémentaires des Services vétérinaires et des forces de l’ordre dans l’investigation des événements biologiques suspects. Les principaux thèmes abordés comprenaient l’agrocriminalité et l’agroterrorisme, les maladies animales transfrontalières comme potentielles armes biologiques, les signaux d’alerte et indicateurs d’incidents biologiques, les évaluations conjointes de la crédibilité des menaces, la logistique des investigations en santé animale, la gestion des scènes de crime biologique, les techniques d’entretien d’investigation, les principes de la chaîne de custody, ainsi que la cartographie des systèmes nationaux de coordination et des lacunes pour les investigations conjointes. Les participants ont également élaboré des plans d’action visant à renforcer la collaboration intersectorielle et à améliorer la mise en œuvre des mécanismes nationaux de réponse à l’agrocriminalité.
L – R: Fanny Ewann (INTERPOL), Samir Kebdani (Morocco) and Emmanuel Bouquot demonstrating biological crime scene management. Picture © J. Galiwango (woah) 2026
À la suite de la formation, les pays participants poursuivront la mise en œuvre de leurs feuilles de route nationales en matière d’agrocriminalité, en donnant la priorité aux actions visant à combler les lacunes identifiées dans les capacités d’investigation conjointe. À plus long terme, l’OMSA et INTERPOL, avec l’appui technique de la Commission européenne pour la lutte contre la fièvre aphteuse (EuFMD), organiseront un exercice régional de simulation sur l’agrocriminalité, réunissant les Services vétérinaires et les forces de l’ordre des neuf pays bénéficiaires du projet.
Cette formation régionale s’inscrit dans le cadre du projet de l’OMSA Renforcement de la résilience institutionnelle face aux menaces biologiques (FIRABioT), financé par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Affaires mondiales Canada, dans le cadre de l’initiative phare du Partenariat mondial pour atténuer les menaces biologiques en Afrique.