Paris, France

Le Projet P3V, une approche concrète pour l’intégration des PPV dans des Services Vétérinaires accessibles, inclusifs et durables

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À l’occasion de la 93 Session Générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), le projet de Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires (P3V) a réuni décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, établissements de formation, organisations professionnelles et acteurs de terrain autour d’une ambition commune : renforcer durablement les ressources humaines vétérinaires afin d’améliorer l’accès des communautés à des services vétérinaires de qualité. 

Organisé le 20 mai 2026 à Paris, ce Side Event a permis de mettre en lumière les résultats obtenus après 6 (six) années de mise en œuvre du projet au Sénégal, au Togo et au Bénin. Les participants ont découvert une approche intégrée associant réforme des cadres réglementaires, modernisation des curricula de formation, développement d’outils pédagogiques innovants, accompagnement à l’insertion professionnelle des para-professionnels vétérinaires (PPV) et renforcement du dialogue entre l’ensemble des acteurs du secteur. 

Au-delà du partage des réalisations, cette rencontre a constitué un espace stratégique de réflexion sur l’avenir des ressources humaines vétérinaires en Afrique. Les échanges ont mis en évidence que la professionnalisation des PPV représente aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer la couverture sanitaire des territoires, renforcer la surveillance des maladies animales, soutenir les moyens d’existence des éleveurs et contribuer à la mise en œuvre de l’approche « Une Seule Santé » (One Health).

Le Side Event a également marqué une étape importante dans la capitalisation des acquis du projet. Les enseignements issus de six années d’expérience, associés aux résultats d’une étude de transférabilité menée dans sept pays francophones d’Afrique de l’Ouest, démontrent que le modèle développé est non seulement efficace, mais également reproductible, sous réserve d’une adaptation aux contextes nationaux. 

En réunissant plus d’une centaine de participants issus des Membres de l’OMSA, d’organisations internationales, de partenaires techniques et financiers ainsi que des secteurs public, privé et académique, cet événement a confirmé l’intérêt croissant porté au développement des ressources humaines vétérinaires comme investissement stratégique au service de systèmes de santé animale plus accessibles, plus inclusifs et plus résilients. 

Dre. Mariam Alhamdou, Coordinatrice Régionale du Projet P3V. Photo (c) P3V Photo Library (omsa) 2026

Des défis aux solutions : pourquoi professionnaliser les para-professionnels vétérinaires ?

Garantir des services vétérinaires accessibles et performants demeure un défi majeur dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Dans les zones rurales, où se concentre une grande partie del’élevage, les docteurs vétérinaires sont souvent peu nombreux et principalement installés dans les centres urbains. Les para-professionnels vétérinaires (PPV) constituent alors le premier, et parfois le seul, point de contact des éleveurs pour la prévention, la surveillance et la prise en charge des maladies animales. 

Acteurs essentiels des systèmes de santé animale, les PPV jouent un rôle déterminant dans la détection précoce des maladies, les campagnes de vaccination, la sensibilisation des éleveurs, la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale et la surveillance épidémiologique.

Leur contribution est également indispensable pour renforcer la résilience des communautés face aux maladies transfrontalières et aux zoonoses, dans une perspective « Une Seule Santé » (One Health). Malgré cette importance stratégique, les PPV demeurent confrontés à plusieurs défis qui limitent leur pleine contribution aux Services vétérinaires. Dans de nombreux contextes, leur statut juridique reste insuffisamment défini, les textes réglementaires ne précisent pas clairement leurs missions ni les modalités de leur supervision, tandis que les dispositifs de formation ne répondent pas toujours aux évolutions des normes internationales ni aux réalités du terrain. À ces contraintes s’ajoutent des difficultés d’insertion professionnelle et d’accès à des modèles économiques viables, qui fragilisent la pérennité de leurs activités. 

C’est pour répondre simultanément à ces différents enjeux que l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), avec le soutien financier de l’Agence française de développement (AFD), a lancé en 2020 le Projet de Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires (P3V) au Sénégal, au Togo et au Bénin.

Dès sa conception, le projet a fait le choix d’une approche systémique. Plutôt que d’agir uniquement sur la formation, il a travaillé sur l’ensemble de l’écosystème dans lequel évoluent les PPV. 

 

Cette approche intégrée combine le renforcement des cadres législatifs et réglementaires, l’amélioration de la qualité des formations, la production de ressources pédagogiques, le développement de mécanismes d’accompagnement à l’insertion professionnelle, la sensibilisation des différents acteurs de la santé animale ainsi que le renforcement de la gouvernance nationale des ressources humaines vétérinaires. Chaque intervention a été construite à partir d’un diagnostic approfondi réalisé dans les pays partenaires, permettant d’identifier les besoins spécifiques, les contraintes institutionnelles et les opportunités de réforme. Cette démarche participative a associé les Services vétérinaires, les établissements de formation, les organisations professionnelles, les ONG partenaires, les autorités publiques et les associations de PPV afin de construire des solutions adaptées aux réalités nationales. 

Après six années de mise en œuvre, cette stratégie intégrée porte aujourd’hui ses fruits. Les résultats présentés lors du Side Event démontrent qu’investir simultanément dans la réglementation, la formation, l’insertion professionnelle et le dialogue entre les acteurs permet de renforcer durablement les compétences des PPV, d’améliorer leur reconnaissance et de consolider leur contribution au fonctionnement des Services vétérinaires. 

 

Au cours de l’évènement satellite, l’équipe du Projet P3V a présenté les principaux résultats obtenus depuis son lancement en 2020, illustrant la manière dont une approche intégrée peut contribuer à renforcer durablement les Services Vétérinaires. Comme l’a rappelé la Dre Mariam Alhamdou, Coordinatrice régionale du projet P3V, l’objectif n’était pas seulement de former davantage de para-professionnels vétérinaires, mais de créer un environnement favorable leur permettant d’exercer pleinement leurs missions au service des communautés rurales et de contribuer durablement à la performance des Services Vétérinaires. 

Dr Emmanuel Sarr (à gauche) et Dre Laura Skippen (à droite), The Brooke (ONG). Photo (c) P3V Photo Library (omsa) 2026.

Plutôt que de répondre à un besoin ponctuel, le projet a accompagné les pays dans une transformation progressive de leur écosystème de formation, de réglementation et d’insertion professionnelle des para-professionnels vétérinaires (PPV). Cette approche globale constitue aujourd’hui l’une des principales forces du projet. 

Renforcer les cadres réglementaires pour mieux reconnaître les PPV 

L’une des premières étapes du projet a consisté à réaliser un diagnostic approfondi de la démographie vétérinaire, des dispositifs de formation existants et des cadres juridiques régissant l’exercice des PPV dans les trois pays partenaires. Ces analyses ont permis d’identifier les lacunes réglementaires limitant la reconnaissance et l’exercice de la profession. 

 

 

En réponse, le projet a accompagné les autorités nationales dans la révision des textes législatifs et réglementaires, l’élaboration de plans stratégiques nationaux et le développement de dispositifs favorisant une meilleure intégration des PPV au sein des Services vétérinaires.

Au-delà des réformes juridiques, cette démarche a contribué à instaurer un dialogue renforcé entre les administrations vétérinaires, les ordres professionnels, les établissements de formation et les associations de PPV, favorisant ainsi une meilleure compréhension des rôles et responsabilités de chaque acteur. 

Moderniser les formations pour répondre aux besoins du terrain 

Le renforcement des compétences représentait un second pilier majeur du projet. 

À partir de l’outil d’analyse des curricula développé par l’OMSA dans le cadre du Processus PVS, les établissements partenaires ont procédé à une révision approfondie de leurs programmes de formation afin de les aligner sur les normes internationales et les besoins des Services vétérinaires. 

De nouveaux modules ont ainsi été intégrés dans les curricula, notamment sur : 

  • l’approche « Une Seule Santé » (One Health) ; 
  • la résistance aux antimicrobiens ; 
  • la biosécurité ; 
  • la surveillance épidémiologique ; 
  • les zoonoses ; 
  • les bonnes pratiques cliniques et sanitaires. 

Cette modernisation s’est accompagnée de la production de ressources pédagogiques innovantes, du renforcement des capacités des formateurs ainsi que de la dotation des établissements en équipements pédagogiques et matériels de laboratoire, améliorant considérablement les conditions d’apprentissage des futurs PPV. 

Des résultats concrets au bénéfice des professionnels

Les investissements réalisés ont produit des résultats mesurables. 

À ce jour : 

  • 1 339 para-professionnels vétérinaires ont été formés à partir de curricula modernisés et harmonisés ; 
  • plus de 545 PPV en exercice ont bénéficié de formations continues afin d’actualiser leurs compétences ; 
  • plusieurs établissements partenaires disposent désormais d’équipements pédagogiques renforçant la qualité des travaux pratiques et des formations professionnelles. 

Ces avancées permettent aux diplômés d’être mieux préparés aux réalités du terrain et aux exigences des Services vétérinaires modernes. 

 

Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés 

Former des professionnels compétents ne suffit pas si ceux-ci ne trouvent pas leur place sur le marché du travail. Conscient de cet enjeu, le projet P3V a développé un important volet consacré à l’insertion professionnelle. Des études approfondies ont été réalisées au Sénégal et au Togo afin d’identifier les principaux obstacles rencontrés par les jeunes diplômés, d’évaluer la rentabilité économique des activités vétérinaires de proximité et d’analyser les opportunités d’installation. 

Sur cette base, plusieurs outils innovants ont été élaborés, notamment : 

  • des dispositifs d’accompagnement à l’installation des PPV ; 
  • des modèles économiques adaptés aux réalités locales ; 
  • des comptes d’exploitation prévisionnels ; 
  • des outils d’aide à la création et à la gestion d’activités génératrices de revenus. 

Ces travaux contribuent à renforcer la viabilité économique des activités des PPV tout en favorisant leur maintien dans les zones rurales, où leur présence est particulièrement essentielle. 

Sensibiliser les communautés et renforcer la reconnaissance des PPV 

La professionnalisation des PPV ne pouvait être pleinement efficace sans une meilleure reconnaissance de leur rôle par les communautés et les autres acteurs du secteur. 

Le projet a ainsi développé une stratégie de communication ambitieuse en partenariat avec des organisations de terrain telles que Brooke et VSF Suisse. 

À travers des caravanes de sensibilisation, des émissions radiophoniques, des campagnes de communication et des actions communautaires, les populations ont été sensibilisées aux missions respectives des PPV, des vétérinaires et des auxiliaires d’élevage. 

Cette démarche a contribué à réduire les incompréhensions, à renforcer la confiance entre les différents acteurs et à améliorer la visibilité des PPV auprès des éleveurs. 

 

Une gouvernance fondée sur la co-construction 

Enfin, les intervenants ont souligné que ces résultats n’auraient pas été possibles sans une gouvernance participative associant l’ensemble des parties prenantes. 

Les comités de pilotage, les réunions nationales de coordination, les ateliers techniques et les mécanismes de suivi ont permis d’ajuster en permanence les interventions du projet, de favoriser l’appropriation nationale des réformes et d’assurer une prise de décision concertée. 

Cette dynamique collaborative constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de réussite du projet P3V et l’une des raisons pour lesquelles son modèle suscite désormais un intérêt croissant bien au-delà des trois pays bénéficiaires. 

 

La Dre Fatou Ka (CNFTEIA, Sénégal), M.  Idossou Bayedjinou (Association de PPVs au Bénin), Dre Yempabou Damitoti (Déléguée OMSA du Togo). Photo (c) Photo library P3V (omsa) 2026

Des engagements nationaux pour assurer la pérennité des acquis

Au-delà des résultats techniques, le Side Event a surtout permis de donner la parole aux acteurs qui, depuis six ans, portent les réformes sur le terrain. Représentants des Services vétérinaires, établissements de formation, organisations professionnelles, ONG partenaires et experts de l’OMSA ont partagé leurs expériences et présenté les engagements pris pour inscrire durablement les acquis du projet dans les politiques nationales. 

Le panel a illustré la diversité des changements impulsés par le projet P3V et confirmé qu’une professionnalisation durable des para-professionnels vétérinaires ne peut être obtenue qu’à travers une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs de l’écosystème vétérinaire. 

 

 

Une reconnaissance institutionnelle forte 

À l’issue de la première présentation, le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA chargé des cadres mondiaux et du renforcement des capacités, a salué l’approche développée par le projet. Il a souligné que le P3V se distingue par une vision globale qui dépasse la simple formation technique des para-professionnels vétérinaires en intégrant également leur insertion professionnelle, leur reconnaissance institutionnelle et leur viabilité économique. 

S’appuyant sur son expérience de terrain, il a rappelé que, dans de nombreuses zones rurales, les PPV constituent souvent le premier point d’accès des éleveurs aux services de santé animale. Leur professionnalisation représente ainsi un investissement stratégique pour renforcer durablement les Services vétérinaires. Cette déclaration a envoyé un signal fort aux Membres de l’OMSA et aux partenaires présents, confirmant que le développement des ressources humaines vétérinaires demeure une priorité pour l’Organisation. 

Forme

Nous devons faire de l'extension de ce projet une priorité. Ce projet a un fort impact. Je m'engage à en faire une priorité dans notre recherche de financements afin que les acquis puissent bénéficier à davantage de pay

Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l'OMSA chargé des cadres mondiaux et du renforcement des capacités

Le Togo : une réforme législative portée par une forte appropriation nationale

La Dre  Yempabou Damitoti, Déléguée de l’OMSA pour le Togo, est revenue sur le processus engagé dans son pays pour renforcer le cadre juridique applicable aux PPV. Elle a expliqué qu’en quelques années, le Togo est passé d’une situation caractérisée par l’absence de cadre réglementaire spécifique à l’élaboration de textes législatifs validés au niveau national et actuellement en cours d’examen. 

Selon elle, cette évolution repose sur plusieurs facteurs essentiels : un diagnostic initial approfondi, une participation active de toutes les parties prenantes, un accompagnement technique continu de l’OMSA et une forte volonté politique des autorités nationales. Cette expérience démontre qu’une réforme ambitieuse peut être menée avec succès lorsque les différents acteurs partagent une vision commune et travaillent dans une logique de co-construction. 

Former autrement pour mieux répondre aux besoins des Services vétérinaires 

La Dre Fatou Ka, représentante du Centre national de formation des techniciens en inspection alimentaire (CNFTIA) au Sénégal, a présenté les transformations opérées au sein de son établissement grâce au projet. La révision des curricula a permis d’intégrer des thématiques devenues incontournables telles que la biosécurité, la résistance aux antimicrobiens, l’approche Une Seule Santé, les zoonoses ou encore la surveillance épidémiologique. 

Au-delà des contenus pédagogiques, le projet a également renforcé les plateaux techniques des établissements partenaires grâce à la mise à disposition d’équipements de laboratoire et de matériels pédagogiques modernes, offrant ainsi aux apprenants de meilleures conditions d’apprentissage pratique. Selon elle, ces évolutions permettent aujourd’hui de former des diplômés plus compétents, plus opérationnels et mieux préparés aux réalités du marché du travail. 

Investir dans l’insertion professionnelle des PPV 

Représentant l’Association nationale des para-professionnels vétérinaires du Bénin, M. Idossou Bayedjinou a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés en faveur de l’employabilité des jeunes diplômés. Il a rappelé que les PPV assurent quotidiennement des services essentiels auprès des éleveurs, souvent dans des zones éloignées où aucun vétérinaire n’est disponible. 

Pour lui, investir dans leur professionnalisation constitue un choix stratégique pour améliorer durablement la santé animale, protéger les moyens d’existence des communautés rurales et renforcer la sécurité sanitaire. À cette occasion, il a appelé à poursuivre les partenariats entre établissements de formation, Services vétérinaires, associations professionnelles et partenaires techniques afin d’assurer la pérennisation des disposi

Téléchargez les présentations et l'ordre du jour

1. P3V Présentation transférabilité
1. P3V Présentation transférabilité

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2. Présentation projet P3V
2. Présentation projet P3V

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3. Side Event P3V Agenda
3. Side Event P3V Agenda

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Une appropriation progressive par les partenaires de terrain 

Les organisations partenaires ont également partagé leur expérience de mise en œuvre. Le Dr Géraud Hellow, représentant de VSF Suisse au Togo, a souligné que les campagnes de sensibilisation conduites avec les communautés ont permis de mieux faire connaître les rôles respectifs des vétérinaires, des para-professionnels vétérinaires et des autres acteurs intervenant dans la santé animale. 

Selon lui, cette meilleure compréhension contribue progressivement à renforcer la confiance des éleveurs et favorise une collaboration plus efficace entre les différents professionnels. Il a également indiqué que VSF Suisse et Brooke poursuivent désormais l’intégration des outils et approches développés par le projet dans leurs propres interventions, illustrant ainsi la capacité du modèle P3V à être repris et adapté par d’autres organisations. 

Un accompagnement ouvert à de nouveaux pays 

En clôture du panel, la Dre Xyomara Chavez Pacheco, du Département du renforcement des capacités et du développement de l’OMSA, a rappelé que les pays souhaitant renforcer leurs ressources humaines vétérinaires peuvent bénéficier de l’appui de l’Organisation à travers les mécanismes d’Appui ciblé (Targeted Support). Elle a encouragé les Membres intéressés à s’appuyer sur les outils, les lignes directrices et l’expérience acquise dans le cadre du projet P3V afin d’engager ou d’accélérer leurs propres réformes nationales. 

L’ensemble des interventions a mis en évidence une conviction largement partagée : les acquis du projet dépassent désormais les frontières des trois pays bénéficiaires. Ils constituent une source d’inspiration pour d’autres Membres de l’OMSA souhaitant renforcer durablement leurs Services vétérinaires grâce à une meilleure professionnalisation des para-professionnels vétérinaires. 

Un modèle prêt à être adapté et déployé dans d'autres contextes

L‘un des temps forts du Side Event a été la présentation des résultats de l’étude de transférabilité du modèle P3V. Cette étude visait à évaluer dans quelle mesure les approches, les outils et les mécanismes développés au Sénégal, au Togo et au Bénin pourraient être adaptés à d’autres contextes nationaux en Afrique francophone. 

Conduite dans sept pays (le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Bénin), l’étude s’est appuyée sur une analyse documentaire approfondie des cadres réglementaires, complétée par des entretiens avec les autorités vétérinaires nationales et les principaux acteurs du secteur. 

L’évaluation a porté sur quatre dimensions essentielles : la reconnaissance juridique des para-professionnels vétérinaires, la définition de leurs missions et des modalités de leur supervision, la qualité des dispositifs de formation ainsi que les mécanismes favorisant leur insertion professionnelle. 

Les résultats montrent que, malgré des contextes institutionnels différents, les défis rencontrés par les pays restent largement similaires. Les besoins concernent notamment la clarification des cadres réglementaires, la modernisation des curricula, le renforcement des dispositifs de supervision et la création de meilleures opportunités d’emploi pour les PPV. L’étude met également en évidence que le modèle développé par le projet P3V est suffisamment flexible pour être adapté à d’autres réalités nationales, à condition de tenir compte des spécificités institutionnelles, réglementaires et socio-économiques propres à chaque pays. 

Cette conclusion confirme que les outils produits au cours des six dernières années constituent désormais un véritable bien public régional susceptible d’accompagner de nouvelles réformes en faveur du renforcement des Services vétérinaires. 

 

Des messages forts pour l'avenir des Services vétérinaires 

Au terme des échanges, plusieurs messages ont émergé avec force. Le premier est que les para-professionnels vétérinaires ne doivent plus être considérés comme des acteurs périphériques du système de santé animale. Lorsqu’ils sont correctement formés, reconnus et encadrés, ils constituent un maillon indispensable du réseau vétérinaire, en particulier dans les zones rurales où l’accès aux services reste limité. Le second enseignement est qu’aucune réforme durable ne peut reposer uniquement sur le développement des compétences. Les expériences du Sénégal, du Togo et du Bénin démontrent qu’il est nécessaire d’agir simultanément sur les cadres réglementaires, la qualité des formations, les perspectives d’insertion professionnelle, la sensibilisation des communautés et le dialogue entre l’ensemble des acteurs concernés. 

Enfin, le projet P3V montre que le renforcement des ressources humaines vétérinaires constitue un investissement stratégique. Au-delà de l’amélioration des services rendus aux éleveurs, il contribue au renforcement de la surveillance épidémiologique, à la prévention des maladies animales, à la sécurité sanitaire des aliments, à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et à la mise en œuvre de l’approche « Une Seule Santé » (One Health). 

Une dynamique à poursuivre 

La clôture du Side Event a été assurée par Alexandre Bouchot, représentant de l’Agence française de développement (AFD), partenaire financier du projet depuis son lancement. Dans son intervention, il a salué le travail accompli par l’ensemble des équipes nationales, des partenaires et des bénéficiaires, tout en soulignant la qualité des résultats obtenus grâce à une collaboration étroite entre les différents acteurs. 

Il a également invité les pays partenaires à poursuivre les dynamiques engagées, à consolider les réformes entreprises et à s’appuyer sur les outils développés pour inscrire durablement les acquis du projet dans leurs politiques publiques. Si le financement du projet P3V arrive aujourd’hui à son terme, les bases sont désormais solides pour poursuivre les transformations engagées. Les outils méthodologiques existent, les compétences ont été renforcées, les partenariats sont établis et les premiers résultats démontrent la pertinence de cette approche.

Le défi consiste désormais à accompagner le passage à l’échelle, à mobiliser de nouveaux partenaires techniques et financiers et à soutenir les pays qui souhaitent adapter ce modèle à leur propre contexte. En réunissant décideurs politiques, institutions de formation, organisations professionnelles, partenaires techniques et représentants des communautés, le Side Event de Paris a démontré qu’une vision commune est en train d’émerger : celle d’une profession vétérinaire plus inclusive, dans laquelle les para-professionnels vétérinaires occupent pleinement leur place aux côtés des vétérinaires pour offrir des services de santé animale plus accessibles, plus performants et plus résilients. 

Les six années du projet P3V ne marquent donc pas l’aboutissement d’une initiative, mais le point de départ d’une nouvelle dynamique. Une dynamique fondée sur l’expérience acquise, portée par l’engagement des pays et soutenue par une conviction partagée : investir dans les ressources humaines vétérinaires, c’est investir dans la santé animale, la sécurité alimentaire et le développement durable des communautés

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