Nairobi, Kenya

De la recherche à la pratique : comment mon stage à l'OMSA à Nairobi a façonné mon expertise en matière de réduction des menaces biologiques

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De février à juillet 2026, JohnBaptist Galiwango a eu le privilège d’effectuer un stage de six mois au sein de l’OMSA, à Nairobi, au Kenya, dans le cadre du Projet Fortifying Institutional Resilience Against Biological Threats (FIRABioT), financé par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Affaires Mondiales Canada (Global Affairs Canada), en soutien à l’initiative phare du Partenariat mondial visant à atténuer les menaces biologiques en Afrique (SIMBA).

Ce stage s’inscrivait dans le cadre de sa thèse de doctorat sur la biosécurité mondiale et la santé des écosystèmes à l’Université de Makerere, en Ouganda, lui offrant ainsi l’occasion de mettre en pratique ses connaissances académiques dans les domaines de la réduction des menaces biologiques, des Services Vétérinaires et de la santé animale internationale. Cette expérience a renforcé sa compréhension de la manière dont la recherche, les politiques, le renforcement des capacités, la préparation aux situations d’urgence, la coopération internationale et la coordination multidisciplinaire contribuent collectivement à la résilience face aux menaces biologiques, tout en mettant en évidence les rôles complémentaires des Services Vétérinaires, de la santé publique et des agences de sécurité dans les cadres « One Health » (Une Seule Santé) et de réduction des menaces biologiques.

JohnBaptist Galiwango presents findings from his research on AI governance in animal health systems to colleagues at the WOAH Sub-Regional Representation for Eastern Africa in Nairobi

JohnBaptist Galiwango présente les conclusions de ses travaux de recherche sur la gouvernance de l’IA dans les systèmes de santé animale à ses collègues de la Représentation sous-régionale de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est, à Nairobi.

Explorer une question émergente : comment l’IA devrait-elle être régie dans le domaine de la santé animale ?

Le principal axe de recherche de JohnBaptist portait sur les approches de gouvernance relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes de santé animale de certains pays africains. L’intelligence artificielle offre de plus en plus de possibilités en matière de surveillance des maladies, de diagnostic, de modélisation prédictive et d’autres applications pertinentes pour la santé animale. En même temps, son développement rapide soulève de nouvelles questions de gouvernance pour les Services Vétérinaires : qui régit ces technologies ? Dans quelle mesure les autorités vétérinaires sont-elles représentées dans la gouvernance nationale de l’IA ? Et les risques émergents à la croisée de l’IA, de la cybersécurité et de la sécurité biologique sont-ils traités de manière adéquate ?

Pour explorer ces questions, il a mené une analyse comparative qualitative des politiques couvrant l’Afrique du Sud, le Cameroun, l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya, Maurice et le Nigeria. Trente-quatre documents politiques et réglementaires, notamment des stratégies nationales en matière d’IA, des cadres de gouvernance des données et des législations sur la santé animale, ont fait l’objet d’un examen systématique.

Cette étude a mis en évidence des lacunes critiques en matière de gouvernance concernant l’intégration de l’IA dans les systèmes de santé animale et a formulé des recommandations visant à renforcer la gestion des risques émergents liés à la biosécurité et liés à l’IA. Ces conclusions et leurs implications plus larges seront présentées plus en détail dans le prochain article scientifique issu de cette étude, qu’il a présenté en interne à l’ensemble du personnel de l’OMSA, le 30 juillet 2026.

Apprendre au-delà de son pupitre !

JohnBaptist a découvert que la réduction des menaces biologiques ne peut être pleinement comprise à partir de la littérature et des documents stratégiques seuls. Travailler aux côtés de la très talentueuse équipe de FIRABioT lui a permis de participer à des initiatives nationales et régionales de renforcement des capacités ainsi qu’à des missions techniques abordant différentes dimensions de la préparation et de la résilience. Il a contribué à la rédaction de rapports techniques et de rapports de mission, de supports de communication scientifique, de notes conceptuelles d’ateliers et de budgets, tout en acquérant une expérience pratique de la planification, de la mise en œuvre et du suivi de projets, ainsi que de la communication avec les pays membres et les partenaires. Ces expériences l’ont conduit de son bureau de recherche à Nairobi vers des activités régionales au Zimbabwe, au Kenya et en Tanzanie. Elles lui ont permis d’acquérir une compréhension bien plus large de la manière dont la préparation se traduit, à partir des cadres politiques, en capacités opérationnelles.

Principaux ateliers et sessions de formation fréquentées au cours de son stage de six mois

Le Zimbabwe renforce les capacités des services de vulgarisation vétérinaire afin d’améliorer la surveillance des maladies en première ligne

20/03/2026
Lecture recommandée

Renforcement des capacités pour l’investigation des événements biologiques suspects à l’interface santé animale–sécurité

24/04/2026
Lecture recommandée
Mombasa, Kenya

Exercice national de simulation de table concernant la relâche délibérée de l'IAHP au Kenya renforce la préparation et la capacité de riposte aux menaces biologiques.

8/05/2026
Lecture recommandée
Arusha, Tanzanie

OMSA soutient l'élaboration de la Stratégie tanzanienne de communication des risques en situation d'urgence pour les Services Vétérinaires

5/06/2026
Lecture recommandée
Forme

JohnBaptist Galiwango (left) in a meeeting with the FIRABioT Project team; on the left Ms Emma Wijers (Project Consultant); on the right Mr Ian Peter Busuulwa (Project Officer) and Dr Nnomzie Charles Atama (Project Consultant)

JohnBaptist Galiwango (à gauche) lors d’une réunion avec l’équipe du Projet FIRABioT ; à gauche, Mlle Emma Wijers (consultante de projet) ; à droite, M. Ian Peter Busuulwa (chargé de projet) et le Dr Nnomzie Charles Atama (consultant de projet)

Comprendre le PVS et comment renforcer les Services Vétérinaires

Ce stage lui a également permis de se familiariser davantage avec le processus« Performance des Services Vétérinaires » (PVS). Grâce à une formation interne sur le Système d’Information PVS (PVSIS) dispensée par Mme Jennifer Lasley, JohnBaptist a acquis une meilleure compréhension de la manière dont les Services Vétérinaires peuvent identifier les lacunes en matière de capacités institutionnelles et favoriser l’amélioration continue.

Évoluer en tant que chercheur et professionnel de la gestion des biorisques

Au cours de ces six mois, il a renforcé des compétences qui allaient bien au-delà de sa mission de recherche initiale. Grâce à l’étude sur la gouvernance de l’IA, il a acquis des compétences pratiques en matière de revue de la littérature, d’analyse qualitative et comparative des politiques, de synthèse des données probantes et de rédaction scientifique. Son implication plus large au sein de FIRABioT lui a également permis d’approfondir sa compréhension de la cyber-biosécurité, des Services Vétérinaires, de la réduction des menaces biologiques, du renforcement des capacités, de la gestion de projets et de la communication scientifique. En participant à des formations régionales et nationales, il a acquis une expérience directe de la planification et de l’animation de programmes de renforcement des capacités.

De la mobilisation des parties prenantes à la logistique des ateliers, en passant par la documentation et la communication technique, ces expériences lui ont permis de mieux comprendre comment les connaissances peuvent se traduire par un apprentissage concret et un engagement significatif. Cette expérience a également renforcé ses compétences professionnelles. Il a appris à travailler dans un contexte interculturel, à gérer des priorités concurrentes, à communiquer avec différents publics, à s’adapter à des environnements inconnus, à réagir à des retours constructifs et à contribuer efficacement au sein d’équipes pluridisciplinaires. Vivre et travailler à Nairobi lui a donné l’occasion d’améliorer son Swahili et d’apprécier l’importance de la communication multilingue lorsqu’il s’agit d’interagir avec des communautés et des parties prenantes diverses.

Rétrospectivement, ces six mois ont représenté bien plus que la simple réalisation d’une mission de recherche.

The WOAH Eastern Africa team during the visit of Director General Dr Emmanuelle Soubeyran and Deputy Director General Dr Baba Soumaré to the Nairobi office. Picture (c) L. Iyadi (woah) 2026.

L’équipe de la Représentation pour l’Afrique orientale de l’OMSA lors de la visite de la Directrice générale, la Dre Emmanuelle Soubeyran, et du Directeur général adjoint, le Dr Baba Soumaré, au bureau de Nairobi. Photo (c) L. Iyadi (OMSA) 2026.

Ils ont marqué une étape importante dans son évolution en tant que chercheur, communicateur et futur professionnel de la gestion des risques biologiques, tout en lui permettant d’approfondir sa compréhension de la manière dont la recherche, les politiques, le renforcement des capacités et la communication peuvent agir de concert pour renforcer la préparation face aux risques biologiques.

Apprendre du leadership et de la collaboration internationale

L’un des moments marquants de son stage a été l’occasion de rencontrer la Directrice générale de l’OMSA, le Dr Emmanuelle Soubeyran, et le Directeur général adjoint, le Dr Baba Soumaré, lors de leur visite à la Représentation sous-régionale pour l’Afrique de l’Est.

Le fait d’assister aux discussions entre les dirigeants et le personnel concernant les priorités stratégiques et l’orientation future de l’OMSA lui a permis de mieux comprendre comment une organisation internationale traduit son mandat en programmes et en actions concrètes.

Bien plus qu’un simple lieu de travail

Certains de ses souvenirs les plus marquants de son passage à l’OMSA ne proviennent pas uniquement d’articles de recherche ou de réunions techniques, mais aussi des personnes qu’il a rencontrées au fil du temps. Le bureau de Nairobi offrait un environnement favorable où l’excellence professionnelle allait de pair avec l’amitié, le travail d’équipe et une attention sincère portée aux collègues.

Les activités sociales, les célébrations et les échanges informels de l’équipe de Nairobi ont créé des occasions de nouer des relations au-delà des responsabilités techniques. L’environnement de travail convivial et solidaire, la bienveillance dont faisaient preuve ses collègues, ainsi que les fêtes d’anniversaire et les fêtes d’adieu lui ont donné le sentiment d’être véritablement apprécié et ont conféré au concept de « famille OMSA » une signification profondément personnelle. Cette expérience a également réaffirmé son engagement à faire progresser la biosécurité et la biosûreté grâce à une approche « One Health » (Une Seule Santé)  et à s’appuyer sur des données factuelles pour renforcer la préparation et la réponse aux menaces biologiques émergentes. Plus important encore, elle lui a donné des bases solides pour réaliser son aspiration à contribuer, en tant que chercheur, formateur, conseiller politique et expert technique international, au renforcement de la sécurité sanitaire en Afrique et au-delà.

« Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mon responsable à l’OMSA, M. Ian Peter Busuulwa, pour son accompagnement, ses conseils techniques et ses encouragements tout au long de ce stage ; au Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional pour l’Afrique de l’Est, pour son leadership et son soutien ; ainsi qu’au Dr Patrick Bastiaensen pour son soutien lors de mon intégration et tout au long de ce stage. Je tiens également à exprimer ma gratitude à mes collègues du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est de l’OMSA, au ‘Service de la préparation aux urgences et de la résilience’ au siège de l’OMSA à Paris, aux partenaires du Projet FIRABioT, aux pays membres, aux Centres Collaborateurs et aux nombreux experts avec lesquels j’ai eu le privilège de travailler. Enfin, je remercie mon directeur de thèse, le Pr. Clovice Kankya, ainsi que le Département de biosécurité, des écosystèmes et de santé publique vétérinaire de l’Université de Makerere, pour avoir soutenu mon parcours universitaire et m’avoir fourni les bases qui ont rendu cette expérience possible.« 

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