Les exercices de simulation constituent un élément essentiel de la préparation aux situations d’urgence. Ils permettent d’évaluer les capacités globales des Services vétérinaires, de former le personnel à la réponse aux flambées de maladies, d’identifier les lacunes ou insuffisances en matière de préparation et de favoriser l’apprentissage continu. En outre, ils peuvent être utilisés pour valider et tester les plans de contingence, garantissant ainsi que ces derniers demeurent des « documents évolutifs ». Ils renforcent également la préparation multisectorielle et interdisciplinaire face aux maladies zoonotiques ou aux événements de dissémination délibérée d’agents biologiques.
Consciente de cette importance, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) soutient ses Membres afin de renforcer leurs capacités à concevoir et conduire des exercices de simulation grâce aux Lignes directrices de l’OMSA relative’s aux exercices de simulation. Elle a notamment dirigé la mise en œuvre d’exercices de simulation sur table, tels que l’Exercice Phoenix en 2023, dans le cadre du projet conjoint OMSA–FAO–INTERPOL Building Resilience Against Agro-Crime and Agro-Terrorism, organisé en 2025 une formation sur la conduite d’exercices de simulation dans le cadre du projet Fortifying Institutional Resilience Against Biological Threats (FIRABioT), soutenu le Kenya dans l’élaboration et la conduite d’un exercice national de simulation sur table en 2026, ainsi que de nombreuses autres initiatives.
L’OMSA encourage également le recours aux exercices de simulation selon une approche tous risques (all-hazards approach), soulignant qu’ils contribuent à renforcer la coordination entre différents secteurs, notamment les Services vétérinaires et les forces de l’ordre, dans des scénarios liés à l’agrocriminalité ou à l’agroterrorisme. Malgré leur importance, les exercices de simulation restent sous-utilisés dans la région africaine. Depuis 2002, les Membres de l’OMSA ont déclaré avoir organisé 550 exercices de simulation. Toutefois, seuls 16 d’entre eux ont été réalisés dans la région africaine.
Par conséquent, dans le cadre du projet FIRABioT, deux exercices régionaux de simulation sur table (TTX) réunissant plusieurs pays ont été planifiés avec l’assistance technique de la Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse (EuFMD): un destiné aux pays bénéficiaires anglophones du projet FIRABioT (21–23 juillet 2026) et un autre aux pays bénéficiaires francophones (4–6 août 2026).
Ces deux exercices de simulation sur table s’appuient sur les activités précédemment menées dans le cadre du projet FIRABioT, notamment les formations sur les exercices de simulation organisées en 2025 (en anglais et en français), un atelier stratégique sur l’agrocriminalité et l’agroterrorisme en 2025, ainsi que des activités consacrées à l’investigation des événements biologiques suspects en 2026. En collaboration avec l’EuFMD, les supports de l’Exercice Phoenix ont été modifiés et adaptés aux contextes régionaux concernés ainsi qu’au temps disponible. Le financement a été assuré par le projet FIRABioT, soutenu par le Programme de réduction de la menace liée aux armes (Weapons Threat Reduction Programme) d’Affaires mondiales Canada.
Dr. Neo Mapitse, WOAH Eastern Africa Sub-Regional Representative. Photo © E. Wijers (woah) 2026
Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est. Photo © E. Wijers (omsa), 2026.
Le mot de bienvenue a été prononcé par Dr Neo Mapitse au nom de l’OMSA. Il a salué l’engagement des participants à renforcer la collaboration entre les services chargés de l’application de la loi, les Services Vétérinaires et les autres institutions concernées dans la préparation face aux actes d’agro-terrorisme. Il a souligné que cet exercice contribuait à la mise en œuvre du 8ᵉ Plan stratégique de l’OMSA, en renforçant la préparation interinstitutionnelle, la coordination et la résilience des systèmes de santé animale. Il a également rappelé que les menaces biologiques ont des répercussions considérables sur la santé publique, la sécurité alimentaire, le commerce et la stabilité nationale, insistant sur le fait que la véritable mesure de la préparation réside dans la capacité à évaluer rapidement les situations, à enquêter, à détecter les menaces et à y répondre efficacement, plutôt que dans la seule capacité à les identifier.
L’allocution d’ouverture d’INTERPOL a été prononcée par M. Adrien Sivignon, Chef de l’Unité de lutte contre le bioterrorisme à INTERPOL. Il a souligné qu’une réponse efficace aux menaces biologiques repose sur une action coordonnée entre les services chargés de l’application de la loi et les Services Vétérinaires, aux niveaux national, régional et international. Il a insisté sur le fait que les partenariats doivent être établis bien avant qu’une crise ne survienne afin de garantir une évaluation, une prévention et une réponse efficaces.
Au nom d’Affaires Mondiales Canada / Global Affairs Canada, Mme Siobhan Kerr a souligné que les menaces communes nécessitent des solutions communes. Elle a rappelé que les capacités limitées et l’insuffisance de la coordination continuent d’entraver l’atténuation efficace des risques et les interventions, mettant en évidence la nécessité d’une collaboration étroite entre les services chargés de l’application de la loi et les Services Vétérinaires à toutes les étapes de la prévention, de la préparation et de la réponse.
Dr. Jacqueline Lichoti Kasiiti, Deputy Director of Veterinary Services, Kenya. Picture © E. Wijers (woah) 2026
Dre Jacqueline Lichoti Kasiiti, Directrice adjointe des Services Vétérinaires, Kenya. Photo © E. Wijers (omsa), 2026.
Elle a également présenté l’Initiative phare pour l’atténuation des menaces biologiques en Afrique (Signature Initiative to Mitigate Biological Threats in Africa), une initiative du Partenariat mondial contre la prolifération des armes et des matières de destruction massive, dirigé par le G7, qui vise à renforcer la préparation face aux menaces biologiques et à réduire les risques biologiques sur le continent africain.
La Dre Jacqueline Kasiiti, s’exprimant au nom du Dr Allan Azegele, Directeur des Services vétérinaires (et Délégué auprès de l’OMSA), a souhaité la bienvenue aux délégués régionaux et internationaux et a officiellement ouvert l’atelier. Elle a souligné que la nature de plus en plus complexe et transfrontalière des menaces biologiques exige une action coordonnée et multisectorielle. Elle a ajouté que l’exercice de simulation permettrait de mettre à l’épreuve les dispositifs de préparation, les partenariats, les canaux de communication et les processus décisionnels, tout en identifiant les lacunes opérationnelles et en renforçant la préparation collective.
Chaque scénario comprenait des injects (éléments de simulation) adaptés, qui ont été examinés et testés au moyen de discussions en groupe et de séances de restitution réunissant les participants, les facilitateurs, les évaluateurs de l’exercice de simulation (SIMEX) et les observateurs. Les participants ont été répartis en groupes conformément à la structure de l’exercice, chaque groupe étant accompagné par des facilitateurs chargés d’orienter les échanges.
Au sein de leurs groupes, les participants ont analysé et testé chaque scénario afin d’évaluer et de renforcer les capacités actuelles de préparation, de réponse et de coordination des Services Vétérinaires, des services chargés de l’application de la loi (forces de l’ordre) et des organisations internationales, tant au niveau national que régional, face à un incident d’agro-terrorisme.
Chaque groupe a consigné ses conclusions dans une présentation PowerPoint, qui a ensuite été présentée à l’ensemble des participants, suivie d’une séance interactive de questions-réponses favorisant les échanges entre les différents groupes. Les principales observations et recommandations issues des discussions ont été consignées par le rapporteur afin d’alimenter le rapport final de l’atelier.
L’atelier a réuni 47 participants inscrits, dont 45 % de femmes, représentant soit les Services Vétérinaires, soit les forces de l’ordre, issus des pays anglophones bénéficiaires du Projet FIRABioT, à savoir le Kenya, la Tanzanie, le Malawi, le Maroc et le Zimbabwe.
les participants issus des Services Vétérinaires nationaux et des services nationaux chargés de l’application de la loi de chacun des pays participants ont été confrontés à un scénario simulant une réunion de crise interinstitutionnelle, déclenchée à la suite de la découverte d’informations ayant suscité des préoccupations au sein de leurs institutions respectives.
La première session était consacrée à cette réunion de crise, au cours de laquelle les participants ont examiné les événements survenus au cours des semaines précédentes. Ils ont analysé les informations disponibles, élaboré une analyse de la situation et établi une chronologie de l’enquête afin d’évaluer la probabilité qu’il s’agisse d’un acte d’agro-terrorisme.
À l’issue de leur évaluation, les participants ont décidé s’il convenait de demander la tenue d’une réunion conjointe d’évaluation de la menace avec leurs homologues, qu’ils soient issus des Services Vétérinaires ou des forces de l’ordre. Cette étape a été suivie d’un exercice conjoint d’évaluation de la menace, au cours duquel les équipes des Services Vétérinaires et des services chargés de l’application de la loi de chaque pays se sont réunies pour échanger les informations pertinentes, évaluer la probabilité d’un acte d’agro-criminalité ou d’agro-terrorisme et déterminer s’il était nécessaire de mettre en œuvre une réponse conjointe.
Lors de la dernière session, les participants ont analysé les principaux éléments déclencheurs identifiés dans leur analyse de la situation ayant conduit au lancement d’une enquête conjointe officielle. Ils ont également examiné les difficultés de coordination rencontrées au cours de l’exercice et dégagé les principaux enseignements tirés afin de renforcer la préparation et la réponse face à de futurs incidents.
… a débuté par une séance de récapitulation et une mise à jour de la situation, au cours de laquelle les participants ont reçu la confirmation que l’événement sanitaire était d’origine intentionnelle. Cette séance a été suivie d’une discussion sur l’importance de reconnaître rapidement un potentiel acte d’agro-criminalité ou d’agro-terrorisme, ainsi que sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les Services Vétérinaires et les services chargés de l’application de la loi.
Au cours de la deuxième session, les participants ont pris part à un exercice national mené au sein de chaque agence. Les équipes des Services Vétérinaires et forces de l’ordre ont défini leurs priorités respectives, ainsi que leurs rôles et responsabilités dans le cadre d’une enquête et d’une réponse conjointes, tout en identifiant les domaines nécessitant une coopération interinstitutionnelle. Cet exercice a été suivi d’une séance de restitution, au cours de laquelle chaque groupe a présenté les rôles et responsabilités convenus.
La quatrième session était consacrée à une enquête nationale conjointe sur un acte d’agro-terrorisme. Les participants ont élaboré une réponse coordonnée et préparé une note d’information conjointe destinée à leur Ministre, décrivant la manière dont les deux institutions collaboreraient pour gérer un tel incident. Les progrès réalisés dans l’élaboration de ces réponses conjointes ont ensuite été présentés lors d’une nouvelle séance de restitution.
Le dernier exercice portait sur la communication nationale dans le cadre d’une enquête et d’une réponse conjointes à un acte d’agro-terrorisme. Les participants ont examiné les informations devant être communiquées au public, les modalités d’élaboration et de validation de messages clés communs, ainsi que les stratégies permettant de prévenir et de gérer la mésinformation et la désinformation pendant un incident.
La première session a débuté par une séance de récapitulation et une mise à jour de la situation présentée par le facilitateur. Le scénario indiquait que l’incident avait pris une dimension transfrontalière et pouvait désormais s’être propagé à d’autres pays. Cette séance a été suivie d’une présentation sur le rôle des organisations internationales dans l’appui apporté à la région pour la prévention, la préparation et la réponse aux actes d’agro-criminalité et d’agro-terrorisme.
La troisième session était consacrée à la coordination de la riposte au niveau régional. Les représentants des différentes institutions ont examiné les éléments déclencheurs justifiant l’activation des mécanismes et réseaux régionaux de coopération. Les discussions ont également porté sur leurs rôles respectifs en matière de partage d’informations, de coordination des interventions et de collaboration entre les pays afin d’assurer une réponse rapide, cohérente et efficace face à un incident d’agro-terrorisme à caractère transfrontalier.
Cette session a été suivie d’une séance de restitution consacrée à la réponse régionale, à la coordination entre les différents acteurs et au rôle des réseaux régionaux dans les enquêtes et la réponse aux incidents d’agro-terrorisme.
La quatrième session a porté sur le rôle des organisations internationales dans la gestion de l’incident, notamment en ce qui concerne l’appui, l’assistance, la coordination et les mécanismes de coopération qu’elles peuvent mettre à disposition. Les participants ont d’abord examiné ces aspects au sein de leurs agences respectives avant de présenter leurs conclusions lors d’une séance de restitution en plénière.
La session finale a été consacrée au débriefing général de l’exercice. M. Hassen Gelaw, observateur du SIMEX, a présenté ses observations générales, suivies des premières conclusions de l’évaluation de l’exercice par M. Emmanuel Bouquot, évaluateur de l’exercice.
La cérémonie de clôture a ensuite été marquée par les allocutions de M. Gift Likoswe, au nom des participants, de Mme Zorana Mehmed, au nom des facilitateurs, de M. Ian Peter Busuulwa, Mme Madison Wimmers et Dr Neo Mapitse, au nom de l’OMSA, et enfin de Dr Allan Azegele, représentant la Direction des Services Vétérinaires de la République du Kenya, qui a officiellement clôturé l’atelier.
L’atelier a été animé par :