Nairobi, Kenya

Déclaration de l’OMSA sur la survenue de cas de fièvre charbonneuse en Afrique

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Sensitisation of villagers in Guinea Bissau, following an anthrax outbreak. Picture (c) B. Cassama (PACE) 2004

Sensibilisation de villageois en Guinée-Bissau, à la suite d’une épidémie de charbon. Photo (c) B. Cassama (PACE) 2004

 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) note avec préoccupation la survenue récente de cas de fièvre charbonneuse dans plusieurs Pays Membres d’Afrique, notamment des foyers touchant les populations d’animaux domestiques et sauvages. Ces événements constituent un rappel important de la menace persistante que représente l’anthrax et de la nécessité de disposer de systèmes de santé animale solides, d’une surveillance efficace et d’une notification rapide des cas. 

La fièvre charbonneuse (charbon bactéridien ou anthrax en Anglais) est une maladie zoonotique causée par Bacillus anthracis, qui touche un large éventail d’animaux domestiques et sauvages et peut également infecter l’être humain. Dans de nombreuses régions d’Afrique, où les animaux d’élevage, la faune sauvage et les populations humaines interagissent étroitement, certaines conditions environnementales, telles que la sécheresse, les inondations et d’autres changements écologiques, peuvent accroître l’exposition aux spores de fièvre charbonneuse présentes dans l’environnement. 

L’OMSA souligne l’importance de renforcer la surveillance à l’interface animal-humain-environnement et de promouvoir l’approche « Une Seule Santé » aux niveaux national, transfrontalier et régional. Une prévention et une riposte efficaces reposent sur une collaboration étroite entre les Services Vétérinaires, les autorités chargées de la faune sauvage, les institutions de santé humaine, les organismes en charge de l’environnement et les services chargés de l’application de la loi, soutenue par de solides capacités de laboratoire, le partage d’informations et la coordination des investigations sur les foyers. 

L’OMSA encourage vivement la vaccination systématique des animaux d’élevage sensibles dans les zones endémiques et à haut risque, conformément aux normes internationales de l’OMSA ainsi qu’à ses recommandations relatives aux vaccins et à la vaccination. Des programmes de vaccination durables contribuent à protéger la santé animale, à préserver les moyens de subsistance et à réduire le risque de propagation de la maladie. 

La gestion appropriée des carcasses est tout aussi importante. En cas de suspicion de mortalité due à la fièvre charbonneuse, les carcasses ne doivent pas être ouvertes, cette manipulation pouvant favoriser la formation de spores et entraîner une contamination durable de l’environnement. 

Les méthodes recommandées par l’OMSA pour l’élimination des animaux morts ainsi que pour la désinfection générale fournissent des orientations aux Membres. La gestion sécurisée des carcasses, notamment par enfouissement profond avec du formaldéhyde ou par incinération contrôlée, associée à des mesures de biosécurité appropriées, est essentielle pour prévenir la propagation de la maladie chez les animaux et sa transmission à l’être humain.

La fièvre charbonneuse est une maladie inscrite sur la liste de l’OMSA. L’OMSA encourage donc ses Membres à notifier rapidement les foyers ainsi que les informations épidémiologiques pertinentes par l’intermédiaire du Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS). Une notification en temps opportun contribue à la transparence à l’échelle mondiale, facilite l’évaluation des risques et renforce les efforts de préparation et de riposte. 

L’OMSA collabore avec ses Membres et ses partenaires afin de soutenir la prévention, la préparation et la riposte face à la fièvre charbonneuse. Ces efforts comprennent notamment : 

  • Le renforcement des systèmes de surveillance, des réseaux de laboratoires et de la collaboration multisectorielle pour lutter contre les maladies zoonotiques à l’interface entre la faune sauvage, les animaux d’élevage et l’être humain ; 
  • Le soutien à la communication sur les risques, à la sensibilisation des communautés et à la détection précoce des menaces zoonotiques ; 
  • Le renforcement de la préparation face aux menaces biologiques, notamment à travers l’élaboration de plans d’urgence, de manuels de biosûreté et de biosécurité, de lignes directrices pour les interventions sur le terrain et d’outils opérationnels ; 
  • L’élaboration et la diffusion d’une fiche d’information sur l’anthrax à l’intention des Services Vétérinaires et pour la sensibilisation des communautés. 

La fièvre charbonneuse demeure à la fois une préoccupation de santé publique et une menace biologique susceptible d’affecter la santé animale, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance, la biodiversité ainsi que les systèmes nationaux de préparation. Le renforcement de la surveillance, de la vaccination, de la biosûreté, de la biosécurité et de la coordination selon l’approche « Une Seule Santé » est essentiel pour réduire l’impact de la fièvre charbonneuse et renforcer la résilience face aux futures menaces zoonotiques et biologiques en Afrique. 

 

En savoir plus

Fiche maladie

Fièvre charbonneuse

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