La rage reste endémique dans la région de Kavango-Est, située dans la zone communale du Nord de la Namibie, où il est depuis longtemps difficile d’atteindre un taux élevé de vaccination canine. Pour y remédier, la Direction des services vétérinaires (DVS), avec le soutien technique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et de l’Institut Friedrich-Loeffler (FLI), a introduit la vaccination orale contre la rage comme approche complémentaire à la vaccination injectable (parentérale) classique lors de la campagne de vaccination antirabique de mai 2026. Cette stratégie a permis aux équipes de vaccination d’atteindre les chiens errants et difficiles à maîtriser, qui échappent souvent aux campagnes de vaccination traditionnelles. Avant le lancement des activités sur le terrain, un programme de formation de deux jours a été organisé les 5 et 6 mai 2026 à l’intention de toutes les équipes de vaccination. Cette formation a permis au personnel de terrain d’acquérir les compétences nécessaires pour mettre en œuvre en toute sécurité la vaccination orale contre la rage, manipuler les appâts vaccinaux, collecter des données de terrain à l’aide de téléphones portables et suivre la couverture vaccinale.
Oral Rabies Vaccine baits (Rabitec) used for vaccination in dogs in Namibia. Picture @ T.Tenzin (woah) 2026
Appâts contenant le vaccin oral contre la rage (Rabitec) utilisés pour la vaccination des chiens en Namibie. Photo (c) T. Tenzin (omsa) 2026
La campagne a été menée par 11 équipes de vaccination et s’est d’abord concentrée sur la circonscription urbaine de Rundu pendant deux semaines, avant de s’étendre au reste de la région. Au total, les équipes ont vacciné 8 890 chiens et 1 393 chats. Parmi les chiens vaccinés, 5 826 ont reçu des appâts, tandis que les autres ont été vaccinés selon la méthode conventionnelle par injection. Seuls 404 chiens ont refusé les appâts et ont par la suite été vaccinés par injection parentérale.
À l’issue de la campagne ciblée, qui s’est achevée le 5 juin 2026, environ 32 % de la population canine estimée de la région avait été vaccinée. La combinaison de la vaccination orale et parentérale a considérablement augmenté le nombre de chiens touchés et amélioré la couverture vaccinale globale dans les communautés où une faible couverture avait auparavant entravé les efforts de lutte contre la rage.
Constituency-level rabies vaccination coverage in dogs in the Kavango East Region of Namibia. All constituencies, except Mashare (red), achieved dog vaccination coverage exceeding 30% during the campaign. Map (c) T.Tenzin (woah) 2026 IIIIIIIIIII Couverture vaccinale contre la rage chez les chiens au niveau des circonscriptions électorales de la région du Kavango-Est, en Namibie. Toutes les circonscriptions, à l'exception de Mashare (en rouge), ont atteint une couverture vaccinale supérieure à 30 % chez les chiens au cours de la campagne. Carte (c) T.Tenzin (omsa) 2026
Children presenting a dog for vaccination. Picture (c) T.Tenzin (woah) 2026
Des enfants accompagnés d’un chien pour le faire vacciner. Photo (c) T.Tenzin (omsa) 2026
Contrairement aux campagnes de vaccination traditionnelles menées dans des centres fixes, les équipes de vaccination ont adopté une approche de porte-à-porte, se déplaçant en véhicule et à pied à travers les localités pour vacciner les chiens au sein même de leurs communautés. Cette stratégie a permis d’améliorer l’accès aux chiens qui, sans cela, n’auraient pas été vaccinés.
Bien que la campagne ciblée, menée pendant la période des vacances scolaires, se soit achevée le 5 juin 2026, les activités de vaccination se poursuivent dans les enclos de contention pour bovins, où d’autres chiens sont vaccinés dans le cadre des campagnes annuelles de vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) et la fièvre aphteuse.
Les vaccins antirabiques oraux et injectables continuent d’être utilisés dans ces contextes afin d’accroître encore la couverture vaccinale et de renforcer les efforts visant à réduire la transmission de la rage tant chez les animaux que chez les humains.
Les appâts contenant le vaccin oral contre la rage utilisés lors de la campagne ont été fournis dans le cadre d’un projet financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et géré par l’Organisation mondial de la santé animale (OMSA). Le soutien technique à la campagne a été assuré à la fois par le FLI et l’OMSA, ce qui souligne l’importance de la collaboration internationale pour faire progresser les efforts de lutte contre la rage en Namibie.
Ci-dessous : Carte indiquant les lieux où ont été menées la vaccination orale contre la rage et la vaccination par voie parentérale des chiens dans la région du Kavango-Est, en Namibie, lors de la campagne de vaccination massive des chiens menée en mai-juin 2026. Carte (c) T. Tenzin (omsa) 2026
A map showing the locations where oral rabies vaccination (ORV) and parenteral vaccination of dogs were conducted in the Kavango East Region of Namibia during the mass dog vaccination campaign in May-June 2026. Map (c) T.Tenzin (woah) 2026
Data-capturing-using-mobile-phone. Picture (c) T.Tenzin (woah) 2026
Saisie de données à l’aide d’un téléphone portable. Photo (c) T. Tenzin (omsa) 2026
L’un des éléments clés de la campagne a été le recours aux technologies numériques pour suivre les activités de vaccination. Les équipes de vaccination ont utilisé des téléphones portables pour enregistrer les vaccinations via la plateforme de données GARC, ce qui a permis un suivi en temps réel des animaux vaccinés, un contrôle des performances des équipes et une identification rapide des zones nécessitant une couverture supplémentaire. Ce système numérique a amélioré la qualité des données et fourni des informations précieuses pour la planification et la mise en œuvre des activités de vaccination. Il a également renforcé la responsabilisation, en permettant aux superviseurs de suivre les progrès des équipes au fur et à mesure de leur progression dans les communautés ciblées et de réaffecter les équipes vers les zones où la couverture vaccinale était insuffisante, améliorant ainsi l’efficacité et l’efficience globales de la campagne.
GPS-tracked movement of a vaccination team (blue line) within the designated vaccination area (yellow boundary) in Kavango East Region, Namibia. The geo-tracking system enabled real-time monitoring of team movements and coverage, facilitating the efficient deployment of teams to areas requiring additional vaccination efforts. Image (c) T. Tenzin (woah) 2026.
Déplacements d’une équipe de vaccination (ligne bleue), suivis par GPS, au sein de la zone de vaccination désignée (limites jaunes) dans la région du Kavango-Est, en Namibie. Le système de géolocalisation a permis de suivre en temps réel les déplacements de l’équipe et la couverture vaccinale, facilitant ainsi le déploiement efficace des équipes vers les zones nécessitant des efforts de vaccination supplémentaires. Photo (c) T. Tenzin (omsa) 2026.
La rage est une maladie virale mortelle qui touche les mammifères, y compris l’homme, et qui se transmet principalement par la morsure d’un animal infecté. La vaccination de masse des chiens est reconnue à l’échelle mondiale comme la stratégie la plus efficace pour lutter contre la rage canine et prévenir les décès humains liés à la rage et aux morsures de chiens.
Bénéficiant d’un soutien important de la part de la DVS, de l’OMSA, de la FLI, des communautés locales et de partenaires internationaux, la campagne menée dans la région du Kavango-Est montre comment des approches innovantes en matière de vaccination et les technologies numériques peuvent élargir l’accès aux mesures de prévention de la rage qui sauvent des vies et accélérer les progrès vers l’élimination de la rage transmise par les chiens.
Children supporting vax, Picture @ T.Tenzin (woah) 2026