Nkok, Gabon

Collaboration multisectorielle pour l’élaboration d’un Plan de Surveillance Intégrée de l’Influenza Aviaire à Haute Pathogénicité (IAHP) au Gabon.

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Presentation of group work on Day 3 of the workshop on Highly Pathogenic Avian Influenza, Gabon. Photo © Y. Guigma (woah) 2026.

Présentation d’un travail de groupe lors de la troisième journée de l’atelier sur la grippe aviaire à haute pathogénicité, au Gabon. Photo © Y. Guigma (omsa) 2026.

L’Influenza aviaire est une infection virale due aux virus Influenza de type A, dont les sous-types H5 et H7 sont reconnus pour leur haute pathogénicité.

Le Gabon a enregistré ses premiers foyers d’Influenza aviaire à haute pathogénicité (IAHP) en 2020, avec trois foyers détectés dans la zone de Meyang, à environ 50 km de Libreville. Le diagnostic avait été fait par le Centre Interdisciplinaire de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF). Cet épisode avait entraîné la mortalité de plusieurs centaines de volailles.

Depuis 2020, la maladie s’est installée dans le pays sous forme enzootique, particulièrement dans la province de l’Estuaire, où se concentre plus de 70 % de la production avicole nationale. En septembre 2025, un nouveau foyer d’IAHP H5N1 a été confirmé à Cap Estérias, au nord de Libreville, causant plus de 1 000 mortalités supplémentaires.

IAHP sur le continent Africain

En Afrique, des foyers d’Influenza aviaire à haute pathogénicité (IAHP) ont été signalés à plusieurs reprises chez les oiseaux sauvages et les volailles domestiques dans divers pays, notamment l’Afrique du Sud, le Bénin,  Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun,  la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Lesotho, la Namibie, le Niger,  le Nigeria, l’Ouganda, le Sénégal et le Togo.

Les virus des sous-types H5 et H7 ont entraîné des pertes considérables dans les élevages avicoles et constituent également une menace  pour la santé publique. Au-delà de ses impacts sur les systèmes de production avicole, l’IAHP représente également une menace majeure pour la faune sauvage et la santé humaine, comme l’ont illustré les épisodes épidémiques survenus au Sénégal, qui ont entraîné une mortalité massive de pélicans dans le Parc national des Oiseaux du Djoudj et l’estuaire du fleuve Sénégal, comme en témoignent les épisodes de mortalité massive observés au Sénégal.

Quelques années plus tôt toujours en Afrique, l’Influenza aviaire à haute pathogénicité (HPAI) avait été maîtrisée avec succès en Ouganda. Le dernier cas confirmé de HPAI (H5N8) date du 27 février 2017. Depuis, une surveillance soutenue en Ouganda est menée, mais tous les échantillons prélevés sur les oiseaux domestiques et sauvages se sont révélés négatifs.

Ces événements ont mis en évidence le rôle central des interfaces entre la faune sauvage, les animaux domestiques et les populations humaines dans la dynamique de transmission du virus, ainsi que le risque de retombées sanitaires, écologiques et socio-économiques. Dans ce contexte, le renforcement des mesures de biosécurité par les détenteurs de volailles l’adoption d’une approche intégrée « Une Seule Santé », et la sensibilisation des parties prenantes apparaissent essentielles pour prévenir l’émergence et la propagation de nouveaux foyers d’IAHP.

Lecture recommandée

06 Causes profondes / facteurs de propagation de maladies et comment les gérer - Grippe aviaire chez le pelican – Senegal - Mouhamadou M. Fall (Français) ( in French)
06 Causes profondes / facteurs de propagation de maladies et comment les gérer - Grippe aviaire chez le pelican – Senegal - Mouhamadou M. Fall (Français) ( in French)

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Forme

Le partenariat avec le projet ZOOSURSY intervient à un moment clé, alors que le Gabon engage une stratégie majeure de développement de la production avicole nationale, intégrant la prévention des maladies zoonotiques

Dr. Morgan Bignoumba, Délégué OMSA, Gabon

Opening ceremony chaired by the Minister of the Environment, in the presence of the Minister of Health, the Ambassador of the European Union, and the WOAH representative. Photo © JF. Kinani (woah) 2026.

Dans le cadre de son appui financier à l’organisation de cet atelier à travers l’initiative Global Gateway de l’Union Européenne, Le Project ZOOSURSY de l’OMSA en collaboration avec l’IRD, le CIRAD, l’Institut Pasteur, l’Université d’Helsinki et HIOH, contribue également au renforcement des capacités du personnel vétérinaire à travers des formations ciblées, tout en soutenant l’amélioration des plans de contingence et des stratégies de surveillance active, en particulier dans les zones à haut risque.

Cette intervention s’inscrit pleinement dans le premier objectif du projet ZOOSURSY, qui vise à renforcer la coopération et les pratiques conjointes entre les autorités de santé animale et humaine ainsi que les services en charge de l’environnement, en lien avec les maladies zoonotiques émergentes et réémergentes prioritaires à l’interface animal–humain–environnement dans les pays cibles. C’est dans ce cadre que les ateliers d’élaboration et de validation du plan de surveillance IAHP se sont tenus à Nkok à l’hôtel les Florentines au Gabon respectivement du 16 au 20 mars 2026.

Cérémonie d’ouverture présidée par le Ministre de l’Environnement, en présence de Mme la Ministre de la Santé, de Mme l’Ambassadeur de l’Union Européenne et du Représentant de l’OMSA. Photo © JF. Kinani (omsa) 2026.

L’atelier a réuni un large éventail de 29 professionnels dont 4 femmes issus de la recherche, des services de santé humaine, de la santé animale, de l’environnement et de la conservation de la faune, forts de plusieurs années d’expérience, dont de nombreux médecins humains et docteurs vétérinaires spécialistes de l’IAHP. Cette diversité d’expertises a permis des échanges riches et complémentaires autour des enjeux actuels de la surveillance intégrée.

Cet atelier a également réuni les représentants de 12 directions et institutions gouvernementales. Ces organisations nationales ont été accompagnées par des Organisations Internationales notamment, l’Organisation de Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’IRD, le CIRAD, ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers impliqués dans la prévention et la lutte contre les zoonoses.

L’objectif de cet atelier était d’élaborer et de valider un Plan national de surveillance multisectoriel et intégré de l’IAHP, qui tienne compte de l’évolution épidémiologique récente, notamment l’implication croissante des mammifères domestiques et sauvages dans l’épidémiologie de la maladie et qui soit aligné sur les référentiels internationaux (OMSA, OMS, FAO), et adapté aux réalités opérationnelles du Gabon  à travers par la mise en place d’un Groupe de Travail Technique multisectoriel et pluridisciplinaire composé d’experts IAHP (maximum 18 personnes) ; La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur le Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, le chargé du Conflit Homme-Faune, représentant le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural, en présence de Madame la Ministre de la Santé, de Madame Ambassadrice de l’Union Européenne, du Coordinateur Technique du Projet ZOOSURSY et du Délégué de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA) du Gabon.

The opening ceremony was presided over by the Minister for Water and Forests, the Environment and Climate, in the presence of the European Union Ambassador to Gabon (right). Picture (c) JF. Kinani (woah) 2026.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur le Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, en présence de Mme l’Ambassadrice de l’Union Européenne au Gabon (à droite). Photo (c) JF Kinani (omsa) 2026.

 

Cette présence de haut niveau illustre clairement la volonté politique de l’État gabonais de faire de la surveillance de l’IAHP une priorité nationale de santé publique, de santé animale et environnementale.

Dans ce contexte, le rôle de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) est essentiel. Grâce à son système mondial de surveillance épidémiologique (WAHIS), l’OMSA fournit un cadre structuré permettant au pays de notifier rapidement les foyers d’influenza aviaire à haute pathogénicité (IAHP) chez les animaux et de recevoir en retour des informations essentielles sur l’évolution de la maladie au niveau régional et mondial. Cette circulation transparente de l’information renforce la capacité des autorités vétérinaires nationales à anticiper les risques, à adapter les mesures de biosécurité et à renforcer les contrôles zoosanitaires dans les zones sensibles.

Forme

Au‑delà des élevages avicoles, chaque franchissement de barrière d’espèce par l’IAHP constitue un signal d’alerte appelant à une surveillance multisectorielle renforcée comme décrit par le projet ZOOSURSY

Dr Jean Felix Kinani, Coordonnateur terrain et chargé de Projet ZOOSURSY (Afrique orientale)

Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coordination « Une Seule Santé » et à doter le Gabon d’un dispositif opérationnel, cohérent et durable pour prévenir, détecter et maîtriser l’IAHP. L’atelier a été marqué par l’engagement collectif à renforcer la préparation nationale face à l’Influenza Aviaire à Haute Pathogénicité au Gabon.

Remerciements

Cet événement a eu lieu avec le concours de :

En savoir plus

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