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Surveillance de la PPCB en Afrique, une analyse de données WAHIS disponibles

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Dr Huyam Salih, Director of AU-IBAR and Chair of the GF-TADs for Africa Regional Steering Committee (RSC). Picture (c) G. H. Bazimo (woah) 2024

La Dre Huyam Salih, Directrice de l’UA-BIRA et Présidente du Comité de pilotage régional (CPR) du GF-TADs pour l’Afrique. Photo (c) G. H. Bazimo (omsa) 2024

Ce blog est le fruit de la troisième réunion du Groupe permanent d’experts (GPE) sur la péri-pneumonie contagieuse bovine (PPCB) en Afrique, qui s’est tenue en ligne du 5 au 7 mai 2025, sous l’égide de la section africaine du Cadre mondial pour la lutte progressive contre les maladies animales transfrontalières (GF-TADs). Une analyse approfondie des données disponibles dans le Système mondial d’informations zoosanitaires (WAHIS) de l’OMSA permet de mieux comprendre la répartition de la maladie en Afrique et les mesures que les pays (membres) ont mises en place pour surveiller l’absence, la présence ou la propagation de cette maladie pulmonaire débilitante du bétail, causée par Mycoplasma mycoides subsp. mycoides (Mmm) (pour en savoir plus : péri-pneumonie contagieuse bovine (PPCB) – Organisation mondiale de la santé animale).

La maladie est répertoriée par l’OMSA et bénéficie d’une procédure officielle de reconnaissance de l’absence de la maladie ainsi que d’un programme officiel de lutte contre la PPCB approuvé par l’OMSA. En résumé, les options de lutte comprennent la vaccination, les contrôles des mouvements et/ou l’abattage sanitaire.

Il convient de noter que la viande issue de l’abattage sanitaire (“dépistage et abattage”) est néanmoins propre à la consommation humaine et peut faire l’objet d’échanges commerciaux (article 11.5.2 du Code terrestre sur les “marchandises dénuées de risque”).

Sur les 54 Membres de l’OIMSA présents sur le continent africain (nous avons exclu les territoires d’outre-mer tels que Sainte-Hélène, La Réunion ou Ceuta), 52 ont signalé que la péri-pneumonie contagieuse bovine était soit « absente », soit « présente », y compris les cas où la maladie est « limitée à une ou plusieurs zones », « n’a jamais été signalée » et/ou « est suspectée » (3)

Les derniers rapports semestriels (qui peuvent dater de six mois ou de plusieurs années, selon la rapidité avec laquelle les pays transmettent leurs informations) indiquent que la maladie est « absente » dans 11 pays et qu’elle n’a « jamais été signalée » dans 15 autres. Cela représente la moitié des pays ayant récemment fait état de la PPCB à l’OMSA (26 sur 52). Toutes ces données concernent uniquement les animaux domestiques ; il n’existe aucune espèce sauvage connue servant de réservoir à la PPCB.

Quel que soit leur statut (maladie présente ou absente), tous les pays devraient mettre en œuvre certaines mesures de prévention et de lutte, dont l’une est la surveillance, thème de la Troisième réunion Groupe Permanent d’Experts (GPE) pour la PPCB réitère l’importance de la surveillance au niveau des abattoirs, qui s’est tenu en mai 2025. Pour la PPCB en particulier, il existe jusqu’à 16 mesures de prévention, de surveillance et de lutte applicables (à l’exclusion, par exemple, de la lutte contre les vecteurs, qui n’est pas pertinente d’un point de vue épidémiologique pour la PPCB), le nombre maximal signalé par les membres étant de 14.

Fig 1. Nombre de mesures sanitaires de riposte et/ou de surveillance mentionnées pour la PPCB dans le rapportage à WAHIS (2025). 

Les mesures suivantes pourraient être considérées comme faisant partie du continuum de surveillance, bien que d’autres (par exemple, le contrôle des déplacements) relèvent à la fois de la surveillance et de la lutte, selon que la maladie est endémique ou exotique :

  • Dépistage
  • Inspections ante et post mortem
  • Monitorage
  • Notification des maladies (maladies à déclaration obligatoire)
  • Surveillance ciblée
  • Surveillance générale

Fig 2. (ci-dessus). Les différentes mesures de lutte et de surveillance, avec leur fréquence (N=17 260).  

 

D’après les 17 260 rapports semestriels transmis depuis 2005, la mesure la plus fréquemment mentionnée est la notification des maladies (22 % des rapports), suivie des mesures de précaution aux frontières (18 %) et de la surveillance générale (15 %).

Pour ces 17 260 rapports, les mesures de surveillance et de contrôle/lutte/riposte sont plus ou moins équilibrées, avec respectivement 54 % et 46 %, sur la base des six mesures de surveillance choisies ci-dessus. Pour ces six mesures, la répartition est la suivante : 40 % concernent la notification des maladies, 28 % la surveillance générale (passive) et 9 % la surveillance ciblée (active).

 

Fig 3. (ci-dessous).  Les 6 mesures de surveillance, avec leur fréquence : 40 % concernent la notification des maladies, 28 % la surveillance générale et 9 % la surveillance ciblée.

Une analyse plus approfondie s’est concentrée sur la question suivante : les mesures de surveillance diffèrent-elles entre les pays infectés et les pays non infectés ? Pour distinguer ces deux catégories, nous avons utilisé la carte composite à droite, qui compile tous les rapports générés depuis le lancement du WAHIS en 2005. Contrairement à la carte précédente, elle inclut 32 pays (60 %) ayant signalé la présence ou la suspicion de la maladie.

Dans le tableau ci-dessous, nous mettons en évidence des différences notables dans ce qui est par ailleurs une attention similaire portée aux mesures de surveillance et de contrôle. C’est le cas (une fois encore) de la notification des cas et des précautions aux frontières, qui, comme on pouvait s’y attendre, sont plus importantes dans les pays non infectés. Il est intéressant de noter que la surveillance générale et la surveillance ciblée sont signalées dans des proportions exactement identiques dans les deux catégories (respectivement 15 % et 5 %).

En conclusion, alors que 50 % des Membres en Afrique se sont déclarés indemnes de la maladie dans leur dernier rapport semestriel, le nombre cumulé de pays « très probablement » infectés s’élève à 60 % des pays, situés en Afrique de l’ouest, centrale et orientale (la « ceinture » rouge sur la carte précédente). Il convient de noter que seuls le Botswana, l’eSwatini, la Namibie (zone située au sud du cordon vétérinaire) et l’Afrique du Sud ont été officiellement déclarés indemnes de PCCB par l’OMSA. Un pourcentage extrêmement faible de (pays) Membres font état d’« inspections ante et post mortem » dans le cadre de leurs mesures de surveillance, alors que celles-ci sont généralement considérées comme l’outil le plus approprié, le plus sensible et le plus rentable de la panoplie des outils de surveillance. Est-ce parce que les Membres considèrent cela comme faisant partie de la surveillance générale ? Ou même de la surveillance ciblée ? Il ne semble pas y avoir de différences significatives dans la manière dont les pays indemnes de la maladie conçoivent ou réglementent la surveillance, à l’exception d’une attention plus marquée portée à la  notification des maladies et au contrôle aux frontières.

Auteurs: Patrick Bastiaensen1, Viola Chemis2

  1. Représentation sous-régionale de l’OMSA pour l’Afrique orientale et Secrétariat régional GF-TADs, Nairobi, Kenya
  2. Service de préparation aux urgences et résilience (Emergency Preparedness and Resilience Department, EPRD) et Secrétariat régional GF-TADs, Nairobi, Kenya
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