Le bien-être animal désigne l’état physique et mental d’un animal au regard des conditions dans lesquelles il vit et meurt. Un animal bénéficie d’un bon bien-être s’il est en bonne santé, à l’aise, bien nourri, en sécurité, s’il ne souffre pas d’états désagréables tels que la douleur, la peur et la détresse, et s’il est capable d’exprimer des comportements importants pour son état physique et mental. Un bon bien-être animal ne consiste pas seulement à éviter aux animaux des expériences négatives, mais aussi à leur offrir la possibilité de vivre des expériences positives. Un bon bien-être animal nécessite la prévention des maladies et des soins vétérinaires appropriés, un abri, une gestion et une alimentation adéquates, un environnement stimulant, confortable et sûr, ainsi qu’une manipulation et un abattage ou une mise à mort sans cruauté. Alors que le bien-être animal fait référence à l’état de l’animal, le traitement que celui-ci reçoit est couvert par d’autres termes tels que les soins aux animaux, l’élevage et le traitement sans cruauté.
Le bien-être animal est une question complexe et sensible. Il remet en question notre relation avec les animaux et notre responsabilité éthique envers les espèces utilisées ou affectées par les communautés humaines à des fins diverses. Sujet suscitant un intérêt croissant auprès du public, notamment d’un point de vue éthique, le bien-être animal doit également être envisagé sous l’angle d’interactions humaines plus durables et responsables avec les animaux. En effet, le bien-être animal ne peut être abordé indépendamment d’un contexte plus large, dans lequel des compromis doivent être trouvés pour établir un équilibre entre les besoins et les contraintes de la société. Les perceptions sociales modernes et les considérations scientifiques remettent en question les pratiques actuelles, notamment en ce qui concerne les systèmes de production animale, auxquels est consacrée une cinquième de la population mondiale.
Le bien-être animal est considéré comme une priorité stratégique de l’OMSA depuis 2001, conformément au mandat qui lui a été confié par l’ensemble de ses Membres. Pour définir les normes en matière de bien-être animal, l’OMSA s’est appuyée jusqu’en 2016 sur son Groupe de travail sur le bien-être animal, ainsi que sur des groupes ad hoc (AHG). Les normes de l’OMSA en matière de bien-être animal sont reprises respectivement à la section 7 du Code sanitaire pour les animaux terrestres (OMSA 2016) et à la section 7 du Code sanitaire pour les animaux aquatiques (OMSA 2016) et comprennent :
Chapitre : 7.1. Introduction aux recommandations relatives au bien-être animal
Chapitre : 7.2. Transport des animaux par voie maritime
Chapitre : 7.3. Transport des animaux par voie terrestre
Chapitre : 7.4. Transport des animaux par voie aérienne
Chapitre : 7.5. Bien-être animal lors de l’abattage
Chapitre : 7.6. Mise à mort d’animaux à des fins de lutte contre les maladies
Chapitre : 7.7. Gestion des populations canines
Chapitre : 7.8. Utilisation des animaux dans la recherche et l’enseignement
Chapitre : 7.9. Bien-être animal et systèmes de production bovine de viande
Chapitre : 7.10. Bien-être animal et systèmes de production de poulets de chair
Chapitre : 7.11. Bien-être animal et systèmes de production laitière
Chapitre : 7.13. Bien-être animal et systèmes de production porcine
Chapitre : 7.14. Mise à mort de reptiles pour leur peau, leur viande et d’autres produits
Chapitre : 7.1. Introduction aux recommandations sur le bien-être des poissons d’élevage
Chapitre : 7.2. Bien-être des poissons d’élevage pendant le transport
Chapitre : 7.3. Aspects liés au bien-être lors de l’étourdissement et à la mise à mort des poissons d’élevage destinés à la consommation humaine
Chapitre : 7.4. Mise à mort des poissons d’élevage à des fins de contrôle sanitaire
Le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OMSA contient des normes relatives à la qualité des Services Vétérinaires et l’outil PVS de l’OMSA est conçu pour aider les Services Vétérinaires des (pays et territoires) Membres à identifier les lacunes dans leur capacité à se conformer à ces normes.
Le bien-être animal a été intégré au programme d’enseignement des écoles vétérinaires en Afrique, afin d’approfondir les connaissances professionnelles en la matière en établissant un lien avec la santé animale. Cette initiative a été mise en œuvre avec le soutien d’une réunion des doyens des écoles vétérinaires africaines organisée par l’OMSA. En outre, l’Association mondiale vétérinaire et l’Association vétérinaire du Commonwealth jouent un rôle majeur en tant que moteurs de l’amélioration du bien-être animal en Afrique. Au sein des pays africains, de nombreux partenaires de développement travaillent sur diverses questions connexes.
Les perceptions du bien-être animal varient d’une région à l’autre et d’une culture à l’autre, tout comme la manière dont les animaux contribuent à la société humaine. C’est pour cette raison que les travaux de l’OMSA visant à élaborer des normes internationales doivent reposer sur des bases scientifiques solides, impliquer une large participation de toutes les parties prenantes, garantir une vision globale des systèmes au sein desquels les animaux sont élevés et utilisés par l’homme, et viser à avoir un impact tangible sur le bien-être des animaux.
La Stratégie mondiale pour le bien-être animal vise à servir de guide permanent pour les activités de l’OMSA dans ce domaine. Présentée lors de la 4e Conférence mondiale sur le bien-être animal, en décembre 2016, cette stratégie a été adoptée par l’ensemble des Membres en 2017. Elle a été élaborée pour parvenir à « un monde où le bien-être des animaux est respecté, promu et développé, de manière à compléter la recherche de la santé animale, du bien-être humain, du développement socio-économique et de la durabilité environnementale ».
Cette stratégie est axée sur l’élaboration de normes internationales en matière de bien-être animal. Élaborée en concertation avec les Membres et les principales parties prenantes internationales, elle souligne la nécessité de renforcer les capacités des Services Vétérinaires, d’améliorer la communication avec les parties prenantes et les gouvernements afin de sensibiliser davantage au bien-être animal, et d’accompagner les États membres dans la mise en œuvre de ces normes.
La Stratégie africaine pour le bien-être animal (de l’Union Africaine) est étroitement liée à la Stratégie mondiale pour le bien-être animal de l’OMSA, car elle constitue le cadre africain permettant de mettre en œuvre les principes mondiaux en matière de bien-être animal d’une manière qui reflète les besoins et les priorités spécifiques du continent. Alors que la Stratégie mondiale de l’OMSA définit la vision d’ensemble, les normes internationales et les orientations visant à améliorer le bien-être animal à l’échelle mondiale, la Stratégie africaine traduit ces objectifs en actions concrètes pour les pays africains.
Ces deux stratégies reconnaissent que le bien-être animal est étroitement lié à la santé animale, au bien-être humain, au développement économique et à la durabilité environnementale. Elles encouragent l’adoption de normes de bien-être animal fondées sur des données scientifiques, le renforcement des capacités, l’implication des parties prenantes et l’intégration du bien-être animal dans les politiques et la législation nationales.
En Afrique, la Stratégie africaine est mise en œuvre grâce au soutien de l’Union Africaine et de la Plateforme africaine pour le bien-être animal, qui collaborent avec les gouvernements et leurs partenaires afin d’encourager l’adoption des normes de l’OMSA et de renforcer les pratiques en matière de bien-être animal sur l’ensemble du continent. Ainsi, ladite Stratégie fait office de mécanisme régional permettant d’atteindre en Afrique les objectifs de la Stratégie mondiale de l’OMSA pour le bien-être animal. Par conséquent, la relation entre ces deux stratégies peut être considérée comme une relation d’orientation mondiale et de mise en œuvre régionale, la Stratégie africaine adaptant et faisant progresser les objectifs de la Stratégie mondiale de l’OMSA en matière de bien-être animal dans le contexte africain.
La stratégie mondiale de l’OMSA reconnaît que la mise en œuvre est plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur des plateformes régionales dédiées au bien-être animal. En Afrique, ce rôle est assumé par la Plateforme africaine pour le bien-être animal, créée parallèlement à la Stratégie africaine. La Plateforme facilite la collaboration entre les États Membres de l’Union Africaine, les communautés économiques régionales, la société civile et l’OMSA.
Les principes directeurs qui guident les travaux de l’OMSA en matière de bien-être des animaux terrestres comprennent les «cinq libertés». Élaborées en 1965 et largement reconnues, ces cinq libertés décrivent les attentes de la société concernant les conditions de vie des animaux placés sous le contrôle de l’homme, à savoir :
L’OMSA a élaboré des normes internationales relatives au bien-être des poissons d’élevage (à l’exclusion des espèces ornementales) dans le Code aquatique et préconise l’utilisation de « méthodes de manipulation adaptées aux caractéristiques biologiques des poissons et d’un environnement approprié pour répondre à leurs besoins ».
Tous les Membres africains de l’OMSA disposent désormais d’un Point focal chargé du bien-être animal, dont les responsabilités consistent à mettre en place un réseau d’experts en bien-être animal au sein de leur pays ; à établir et à entretenir un dialogue avec l’autorité compétente en matière de bien-être animal dans leur pays ; à recevoir de l’OMSA les rapports de la ou des commissions spécialisées ; mener, au niveau national, un processus de consultation avec des experts reconnus en matière de bien-être animal sur les projets et les textes proposés pour les codes, et préparer des commentaires à l’intention du délégué de l’OMSA sur chacun des rapports de réunion pertinents, reflétant le point de vue scientifique et la position de chaque État membre de l’OMSA.
Une collaboration efficace avec les points focaux chargés du bien-être animal passe par des formations régulières, le partage des connaissances et des initiatives de renforcement des capacités afin de consolider leur aptitude à soutenir l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et le compte rendu des politiques relatives aux questions de bien-être animal. Grâce à leur collaboration avec ces points focaux, les pays peuvent mieux aligner leurs cadres nationaux en matière de bien-être animal sur les normes de l’OMSA et les objectifs de la Stratégie africaine. En Afrique, l’UA-BIRA et l’OMSA travaillent en étroite collaboration avec les Points focaux chargés du bien-être animal afin d’améliorer la coordination entre les États Membres, de partager les meilleures pratiques, d’identifier les défis liés à la mise en œuvre et de promouvoir les bonnes pratiques en matière de bien-être animal à travers le continent. Cette collaboration contribue à garantir que les considérations relatives au bien-être animal soient intégrées dans la production animale, le transport, la lutte contre les maladies, la conservation et d’autres secteurs liés aux animaux.
PDF - 127.52KB
PDF - 179.27KB
PDF - 2.29MB
PDF - 445.18KB