L’Algérie est confrontée à toute une série de maladies zoonotiques endémiques et émergentes, notamment la rage, la tuberculose, la peste des petits ruminants (PPR), la grippe aviaire, la fièvre du Nil occidental (West Nile), la fièvre de la vallée du Rift (FVR) et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Ces agents pathogènes aux conséquences graves constituent des menaces biologiques importantes, car des épidémies non maîtrisées pourraient entraîner des pertes considérables de bétail, perturber les échanges commerciaux, provoquer des urgences de santé publique et avoir des répercussions socio-économiques plus larges. De plus, ces agents pathogènes présentent des risques non seulement en raison des épidémies d’origine naturelle, mais aussi en raison du risque de dissémination accidentelle ou d’utilisation abusive délibérée.
Dans ce contexte, la biosécurité et la biosûreté des laboratoires constituent des éléments fondamentaux des systèmes nationaux de gestion des risques biologiques. Les laboratoires manipulant des agents pathogènes à haut risque sont essentiels à la surveillance, au diagnostic et à la réponse d’urgence face aux maladies, mais ils peuvent également présenter des vulnérabilités si des mesures de protection appropriées ne sont pas mises en place. Le renforcement des mesures de biosécurité contribue à prévenir l’exposition accidentelle aux agents pathogènes ou leur dissémination accidentelle, tandis que des mesures de biosécurité rigoureuses réduisent le risque d’accès non autorisé, de perte, de vol, de détournement ou d’utilisation abusive des matériaux biologiques et des connaissances associées
Dr Kaddour Karim, former WOAH Delegate for Algeria and current Director of the National institute for Veterinary Medicine (INMV), delivering the opening remarks. Picture. © E. Wijers (woah) 2026.
Le Dr Kaddour Karim, ancien Délégué de l’OMSA pour l’Algérie et actuel Directeur de l’Institut national de médecine vétérinaire (INMV), prononce le discours d’ouverture. Photo. © E. Wijers (omsa) 2026.
Consciente de ces défis, l’OMSA, en collaboration avec l’Institut national de la médecine vétérinaire (INMV) algérien, a organisé, dans le cadre du Projet « Renforcement de la résilience institutionnelle face aux menaces biologiques » (FIRABioT), une formation nationale sur la biosécurité et la biosûreté à l’intention des laboratoires de santé animale algériens, du 22 au 24 juin 2026 à Alger. Cette formation s’inscrivait dans la continuité des activités de renforcement des capacités menées précédemment dans le cadre du projet, notamment une formation sur le contrôle de la qualité des vaccins et les bonnes pratiques de biosécurité en laboratoire, soutenue par l’AU-PANVAC en avril 2026, suivie d’une formation d’auditeurs en biosécurité et biosûreté, soutenue par l’Institut Pirbright en mai 2026.
L’atelier a été officiellement inauguré par le Dr Karim Kaddour, ancien Délégué de l’OMSA pour l’Algérie et actuel Directeur de l’Institut national de médecine vétérinaire (INMV). Dans son allocution d’ouverture, il a souligné que la protection contre les menaces biologiques était devenue une priorité nationale pour l’Algérie et a insisté sur le fait que la biosécurité et la biosûreté ne relevaient plus de la responsabilité d’un seul secteur, mais nécessitaient une approche coordonnée et multisectorielle. Le discours d’ouverture au nom de l’OMSA a été prononcé par le Dr Rachid Bouguedour, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique du Nord.
Dr Rachid Bouguedour, Représentant sous-régional pour l'Afrique du Nord (OMSA)
Cette formation a réuni 45 participants représentant les services vétérinaires nationaux et régionaux, les laboratoires vétérinaires, les autorités environnementales, les douanes, l’armée, la protection civile et les services d’inspection alimentaire. Tout au long de cet atelier de trois jours, l’équipe d’animation a proposé des présentations interactives, des discussions de groupe et des démonstrations pratiques. Parmi les thèmes clés abordés figuraient la gestion des risques biologiques, les équipements de protection individuelle (EPI), le conditionnement et le transport en toute sécurité des échantillons biologiques, les risques biologiques émergents et la coordination intersectorielle en cas d’incident sanitaire animal présumé.
Participants engaged in group work during the simulation exercise. Picture © E. Wijers (woah) 2026.
Les participants ont pris part à des travaux de groupe au cours de l’exercice de simulation. Photo © E. Wijers (omsa) 2026.
Le dernier jour, les participants ont pris part à un exercice de simulation-sur-table portant sur l’apparition d’un foyer d’une maladie suspecte. Répartis en groupes pluridisciplinaires représentant les Services Vétérinaires, les autorités douanières et les laboratoires, ils ont enquêté sur l’incident et coordonné une réponse appropriée.
Au cours de la discussion finale sur les priorités futures visant à renforcer la gestion des risques biologiques en Algérie, les participants ont formulé plusieurs recommandations clés. Parmi celles-ci figuraient le renforcement de la collaboration entre les services vétérinaires et les secteurs partenaires par le biais d’exercices de simulation multisectoriels réguliers, l’élaboration d’un manuel national de biosécurité et de biosûreté destiné aux laboratoires, ainsi que l’élargissement du programme de formation existant en matière de biosécurité et de biosûreté afin de renforcer les capacités dans l’ensemble des secteurs concernés.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités menées par l’Algérie en tant que bénéficiaire du projet « Renforcement de la résilience institutionnelle face aux menaces biologiques » (FIRABioT), financé par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Global Affairs Canada, en soutien à l’initiative phare du Partenariat mondial visant à atténuer les menaces biologiques en Afrique.