Photo de groupe lors de l'atelier de validation des textes techniques par les parties prenantes au Togo. Photo (c) Communication P3V (omsa) 2026
Depuis 2020, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) met en œuvre, avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD), le Projet “Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires” (P3V) dans trois pays pilotes : le Sénégal, le Togo et le Bénin avec un objectif clair : améliorer l’accès des éleveurs à des services vétérinaires de qualité, en renforçant les compétences et le cadre institutionnel des acteurs de la santé animale.
La composante 1 du projet offre au pays pilote la possibilité de bénéficier de l’appui des experts de l’OMSA, mobilisés dans le cadre du Programme d’appui à la législation vétérinaire (PALV), un appui ciblé du processus PVS de l’Organisation. Cet accompagnement vise à réviser et moderniser la législation vétérinaire nationale afin de garantir un encadrement cohérent des différentes catégories de professionnels, y compris les paraprofessionnels vétérinaires (PPV). Dans ce cadre, le Togo a bénéficié de cet appui pour actualiser et harmoniser sa législation encadrant l’exercice de la profession vétérinaire, afin de la rendre plus moderne, inclusive et adaptée aux besoins et priorités du pays.
Une mission d’identification conduite en 2021 a permis d’évaluer les forces et les lacunes de la législation vétérinaire togolaise. Sur cette base, le pays a sollicité l’appui de l’OMSA pour renforcer son cadre juridique. En décembre 2024, le Togo a signé un Accord PALV, prévoyant deux phases :
Les interventions portaient également sur la loi de 2005 créant l’Ordre national des médecins vétérinaires du Togo (ONMVT), afin de clarifier les rôles respectifs de l’ONMVT et de la Direction des services vétérinaires (DSV) dans l’enregistrement et la régulation des PPV
Les étapes du programme de soutien au Togo
Une assistante vétérinaire (à gauche) au travail. Photo (c) P3V Communications (omsa) 2026
Le groupe de travail « législation », composé de représentants ministériels, de l’ONMVT, du secteur privé et de juristes, s’est réuni à plusieurs reprises en 2025. Ces concertations ont permis de dégager des consensus majeurs :
Ces avancées ont débouché sur l’élaboration d’un projet de texte, validé techniquement le 24 février 2026 en visioconférence .
Étape décisive, un atelier national de validation s’est tenu les 8 et 9 avril 2026 à Kpalimé, avec l’appui du projet P3V. Il a réuni l’ensemble des acteurs du secteur : DSV, ONMVT, associations de PPV, établissements de formation, ONG, secteur privé et experts internationaux.
Les participants ont examiné et validé trois projets de textes :
Un procès-verbal signé par toutes les parties prenantes a matérialisé leur engagement en faveur de l’adoption des textes.
La validation des textes marque une avancée majeure : elle ouvre la voie à l’intégration officielle des PPV dans le système de santé animale du Togo. La DSV et l’ONMVT assureront la finalisation technique et la transmission des textes au Gouvernement pour adoption. Un mécanisme de suivi est prévu dès juin 2026, ainsi qu’un plan d’action opérationnel pour mailler le territoire en services vétérinaires après l’adoption des textes.
Toutefois, un défi persistant demeure : l’inclusion du genre. L’atelier de Kpalimé a révélé une participation féminine très limitée, soulignant la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation et d’intégration des femmes dans les futures activités
Le processus engagé au Togo illustre la pertinence du projet P3V et du PALV : en modernisant la législation vétérinaire et en reconnaissant le rôle des paraprofessionnels, le pays se dote d’un cadre solide pour améliorer durablement la santé animale et soutenir les éleveurs. Cette démarche exemplaire pourrait inspirer d’autres pays de la région, en favorisant une professionnalisation inclusive et pérenne des services vétérinaires