Nairobi, Kenya

Premier symposium ZOOSURSY sur le renforcement de la surveillance « Une Seule Santé » des zoonoses émergentes et réémergentes en Afrique

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Dr. Baba Soumaré, WOAH Deputy-Director General for Global Frameworks and Capacity-Building (left) and Ms. Stephanie Signoret, ZOOSURSY Project Officer (right). Picture (c) Y. Guigma (woah) 2026.

Le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OIE chargé des cadres mondiaux et du renforcement des capacités (à gauche), et Mme Stéphanie Signoret, Chargée de projet ZOOSURSY (à droite). Photo (c) Y. Guigma (omsa) 2026.

Le projet ZOOSURSY, financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme « Global Gateway » et mis en œuvre par l’OMSA en partenariat avec le CIRAD, l’IRD, l’Institut Pasteur, l’Institut Helmholtz pour le « One Health » (HIOH)et l’Université d’Helsinki, soutient une approche collaborative  Une Seule Santé ou « One Health » visant à assurer la surveillance des maladies zoonotiques émergentes et réémergentes dans les pays africains. S’appuyant sur les résultats du projet EBO-SURSY, qui a renforcé les capacités de surveillance des fièvres hémorragiques virales dans dix pays africains, ZOOSURSY vise à améliorer les connaissances et les systèmes de surveillance des maladies zoonotiques émergentes et réémergentes dans 17 pays d’Afrique de l’occidentale, centrale, orientale et australe. Le projet se concentre sur quatre groupes de maladies prioritaires : la grippe aviaire à haute pathogénicité (GAHP), le charbon bactéridien, les fièvres hémorragiques virales (FHV) et la variole simienne (Mpox).

Organisé à Nairobi, au Kenya, du 13 au 15 octobre 2026, le premier symposium du projet se voulait à la fois un événement scientifique et technique, réunissant les partenaires scientifiques et techniques afin qu’ils puissent faire connaissance, collaborer et échanger sur les trois années à venir du projet.

Ce symposium a également été l’occasion pour les membres des clubs étudiants de se réunir, de présenter leurs travaux et de faire connaissance entre eux, ainsi qu’avec les différents chercheurs et acteurs de leurs domaines respectifs. De plus, à travers des discussions techniques et des présentations scientifiques, le symposium visait à améliorer la compréhension de la dynamique des maladies à l’interface homme-animal-environnement et à identifier les possibilités de renforcer les approches « One Health » dans l’ensemble des pays participants.

Le symposium a réuni plus de 135 participants issus de 16 membres de l’OIE de la région Afrique et d’au-delà, parmi lesquels des scientifiques, des représentants gouvernementaux et des partenaires. Trente pour cent des participants étaient des femmes. Par ailleurs, 43 organisations nationales et partenaires institutionnels issus des domaines de la santé animale, de la santé publique et de la santé environnementale étaient représentés, dont 26 étudiants. Le symposium s’est articulé autour de quatre axes thématiques abordés à travers des exposés pléniers, des communications orales, des tables rondes, des sessions de posters et des ateliers pratiques.

Les Délégués de l’OMSA présents provenaient des pays suivants :

  • Cameroun,
  • Centrafricaine (Rép.),
  • Congo (Republique Democratique),
  • Congo (Republique),
  • Gabon,
  • Guinée, et
  • Mozambique.

Thème du jour 1 : Mise en contexte : comprendre les maladies zoonotiques émergentes et réémergentes.

La séance d’ouverture a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la gestion des maladies zoonotiques, d’améliorer la détection précoce et d’investir dans la préparation au-delà des agents pathogènes individuels. Le Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA, a souligné l’importance de renforcer les capacités des pays à identifier les foyers épidémiques et à y répondre, tandis que les remarques formulées au nom de l’Union Européenne ont mis en avant l’importance d’un investissement soutenu dans les capacités liées à l’approche « One Health ». La Dre Jacqueline Kasiti Lichoti, représentant le Gouvernement du Kenya (DVS), a réaffirmé l’engagement du Kenya en faveur de l’approche « One Health » et de l’interdépendance entre la santé humaine, animale et environnementale.

La présentation d’orientation du symposium a été prononcé par le Dr Ekta Patel, point de contact du Centre collaborateur de l’OMSA pour le « One Health » à l’Institut international de recherche sur l’élevage (International Livestock Research Institute, ILRI).

La première session thématique a porté sur l’état des lieux des zoonoses prioritaires et des menaces émergentes, avec des présentations consacrées aux épidémies et aux résurgences de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo, à l’épidémiologie de la variole simienne (Mpox) et aux applications de l’intelligence artificielle pour la détection des lésions au Cameroun, à la transmission des hantavirus, à la surveillance de l’influenza aviaire à haute pathogénicité (IAHP) au Zimbabwe et aux outils d’ADN environnemental pour l’écologie des maladies. Des tables rondes et des présentations par affiches (posters) ont approfondi l’examen de la variole simienne et des agents pathogènes zoonotiques aux interfaces entre l’homme et la faune sauvage, notamment ceux impliquant les babouins, les petits mammifères et les chauves-souris.

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous : Vue d’ensemble de la salle de conférence lors du discours d’ouverture du Dr Baba Soumaré, Directeur général adjoint de l’OMSA chargé des cadres mondiaux et du renforcement des capacités. Photo (c) L. Kemunto (omsa) 2026

Thème du jour 2 : Traduire les connaissances scientifiques en politiques et en actions concrètes, et analyser les facteurs socio-anthropologiques.

La deuxième journée a été consacrée à l’application pratique des données scientifiques dans la prise de décision et à l’examen des écarts existant entre la science, les politiques et leur mise en œuvre, en mettant l’accent sur les zoonoses prioritaires traitées par le projet ZOOSURSY. Une présentation liminaire a dressé le bilan de dix années d’activités de recherche sur les virus au Kenya et de leurs implications sur les politiques, tandis qu’une autre présentation a porté sur la rédaction d’une note d’orientation. Ces interventions ont été suivies d’une table ronde réunissant des Délégués de l’OMSA et des chercheurs, consacrée au renforcement de l’interface entre science et politique.

Un atelier de cartographie des politiques nationales a permis aux participants d’identifier les lacunes, les opportunités et les actions politiques prioritaires concernant les zoonoses émergentes, en particulier celles traitées par le projet ZOOSURSY. Les discussions ont révélé que, bien que les pays aient élaboré des stratégies et des plans de préparation pertinents, la mise en œuvre reste entravée par un financement national insuffisant, une dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs, des fonds dédiés limités à la surveillance des zoonoses, ainsi que par des plateformes de coordination « One Health » sous-financées ou fonctionnant mal. Les participants ont également identifié des plans de préparation obsolètes ou non approuvés, des lacunes dans la législation relative à la santé de la faune sauvage, des mécanismes d’indemnisation inadéquats pour les mesures de lutte contre les maladies, une coordination multisectorielle fragmentée, un personnel de terrain insuffisant ainsi que des faiblesses en matière de surveillance et de partage intersectoriel des données.

L’atelier a mis en évidence la nécessité d’une formation approfondie à l’utilisation d’outils tels que les notes d’orientation et les livres blancs pour communiquer les résultats scientifiques aux décideurs politiques, ainsi que d’un dialogue structuré entre chercheurs et décideurs, d’un engagement accru auprès des commissions parlementaires et de l’intégration de la coordination « One Health » dans les budgets nationaux. Les expériences menées au Cameroun ont démontré comment la collaboration entre chercheurs et ministères peut faciliter l’intégration des données scientifiques dans les politiques et les pratiques de santé publique.

Le troisième axe thématique a examiné les facteurs socio-anthropologiques du risque de maladies zoonotiques à travers des présentations sur les perceptions et les pratiques communautaires au Mozambique, les dynamiques sanitaires multi-espèces dans un abattoir de Bukavu (République Démocratique du Congo), la coordination multisectorielle lors de la réponse du Rwanda à la maladie à virus de Marburg, le cinéma itinérant pour l’engagement communautaire, et l’outil pédagogique ALERTE pour la participation des parties prenantes.

Overview of the Conference Hall during the opening address of Dr. Baba Soumaré, WOAH Deputy-Director General for Global Frameworks and Capacity-Building. Picture (c) L. Kemunto (woah) 2026

Dr Neo Mapitse, WOAH Sub-Regional Representative for Eastern Africa. Picture (c) L. Kemunto (woah) 2026

Le Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est. Photo (c) L. Kemunto (omsa) 2026

Thème du 3e jour : Alerte précoce et diagnostics de première ligne menés par les communautés.

La dernière journée a été consacrée au renforcement de la détection précoce grâce à la participation des communautés, à des approches innovantes de surveillance et au développement des capacités de diagnostic de première ligne. Des présentations sous forme d’affiches (posters) ont examiné les risques zoonotiques associés aux élevages porcins, à la faune sauvage, aux marchés de viande de brousse et aux chaînes de valeur en Guinée et en République du Congo, mettant en évidence les variations d’exposition en fonction de la situation géographique, de la profession et de la sensibilisation aux risques zoonotiques.

D’autres présentations ont porté sur le virome des écosystèmes forestiers, l’utilisation des fourmis légionnaires comme sentinelles des écosystèmes des grottes abritant des chauves-souris, les facteurs environnementaux influençant l’abondance des moustiques et des rongeurs au Kenya et au Zimbabwe, ainsi que la conception conjointe d’un système de surveillance « One Health » communautaire avec les populations vivant à proximité de la faune sauvage.

Une présentation principale consacrée au suivi des carcasses dans les zones protégées de Dzanga-Sangha, en République centrafricaine (RCA), a démontré comment la mortalité de la faune sauvage peut servir de signal d’alerte précoce face à des menaces sanitaires potentielles.

D’autres présentations ont porté sur la surveillance communautaire et l’intervention rapide en Guinée, la première détection de la grippe aviaire à haute pathogénicité du clade 2.3.4.4b au Gabon, une plateforme intégrée de surveillance « One Health » à Taï, en Côte d’Ivoire, ainsi que sur les données relatives aux anticorps contre le virus Ebola chez les chauves-souris.

Des approches innovantes faisant appel à l’ADN environnemental et à des indicateurs écologiques ont également été identifiées comme des opportunités pour renforcer l’alerte précoce.

Mr. Amour Mouanda, Laboratoire national de santé publique (LNSP), Republic of Congo, winner of the WOAH Poster Session Price. Picture (c) B. Soumare (woah) 2026

Un concours ‘poster’ a désigné Amour Mouanda (photo de droite), doctorant originaire de la République du Congo, comme lauréat pour avoir réalisé la meilleure affiche. Le symposium s’est conclu par un atelier visant à consolider les principaux résultats et à discuter des prochaines étapes, suivi d’un discours de clôture du Dr Neo Mapitse, Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est (photo ci-dessus à gauche), qui a souligné l’importance d’une collaboration soutenue et d’une action collective en vue d’un avenir Une Seule Santé plus résilient pour l’Afrique.

Dans l’ensemble, le symposium a mis en évidence le fait qu’une surveillance et une préparation efficaces ne se limitent pas aux avancées scientifiques et aux interventions spécifiques à certaines maladies. Un financement national durable, des mécanismes de coordination multisectoriels fonctionnels, un dialogue efficace entre la science et les décideurs politiques, des systèmes de surveillance intégrés, un partage d’informations en temps opportun et une participation significative des communautés sont essentiels pour traduire les données scientifiques en actions concrètes. Les discussions ont jeté les bases d’un renforcement de la collaboration entre les instituts de recherche, les gouvernements, les autorités de santé publique et vétérinaires, les acteurs environnementaux et les communautés, dans le but ultime d’améliorer la capacité de l’Afrique à anticiper, détecter et répondre aux menaces zoonotiques émergentes et réémergentes.

M. Amour Mouanda, du Laboratoire national de santé publique (LNSP) de la République du Congo, lauréat du prix de la session d’affiches de l’OMSA. Photo (c) B. Soumare (omsa) 2026

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