Arusha, Tanzanie

Atelier PPR pour l'épisystème de l'Afrique de l'Est, en enchaînement avec un atelier d'harmonisation transfrontalière des activités PPR dans la région des Grands Lacs

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Dr Benezeth Lutege (left), WOAH Delegate and Mrs. Agnes Meena (right), Permanent Secretary, from the Ministry of Livestock and Fisheries in the United Republic of Tanzania. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Dr Benezeth Lutege (à gauche), Délégué de l’OMSA et Mme Agnes Meena (à droite), Secrétaire générale du Ministère de l’Élevage et des Pêches de la République Unie de Tanzanie. Photo (c) N. Mapitse (omsa) 2026.

 

 

Un atelier régional sur les approches basées sur les épisystèmes et l’harmonisation transfrontalière pour l’éradication de la Peste des Petits Ruminants (PPR) s’est tenu à Arusha, en République-Unie de Tanzanie, du 27 au 30 avril 2026.

République Unie de Tanzanie, du 27 au 30 avril 2026. L’atelier a été organisé dans le cadre de la Composante PPR du GF TADs et facilité par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) en collaboration avec des partenaires nationaux et régionaux.

La réunion a réuni des représentants des services vétérinaires nationaux, des institutions régionales (Inter-Governmental Authority on Development, IGAD) et des experts techniques.

Contexte et objectifs:

La PPR reste endémique dans plusieurs régions de l’Afrique de l’Est et de la région des Grands Lacs, où la mobilité du bétail, le commerce transfrontalier et les systèmes de production partagée continuent de stimuler la circulation du virus. Ces réalités épidémiologiques nécessitent des stratégies d’éradication qui dépassent les limites administratives.

Le schéma directeur (Blueprint) du Programme Mondial d’Éradication de la PPR promeut une approche épisystémique, axée sur les populations d’hôtes interconnectées et les systèmes de transmission capables de maintenir la circulation virale au fil du temps. La mise en œuvre efficace de cette approche dépend de données partagées, d’interventions coordonnées et d’actions transfrontalières harmonisées.

Les objectifs de l’atelier étaient de :

  • Renforcer la compréhension de l’approche épisystique et de son rôle au sein du PPR GEP ;
  • Soutenir les pays dans l’identification et la caractérisation des épisystèmes PPR à partir des données disponibles ;
  • Examiner comment l’analyse des épisystèmes informe-la surveillance basée sur le risque et les stratégies de vaccination ;
  • Renforcer-l’harmonisation transfrontalière des activités d’éradication des PPR ;
  • Identifier les actions prioritaires, les besoins en capacité et les approches pour suivre les progrès.

Opening address by Permanent Secretary, Mrs. Agnes Meena, from the Ministry of Livestock and Fisheries in the United Republic of Tanzania. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Discours d’ouverture par la Secrétaire générale, Madame Agnes Meena, du Ministère de l’Élevage et de la Pêche de la République Unie de Tanzanie. Photo (c) N. Mapitse (omsa) 2026

Les sessions techniques ont commencé le 27 avril. La cérémonie officielle d’ouverture a eu lieu le matin du deuxième jour, conformément à l’itinéraire du Ministre, avec des remarques de la Secrétaire générale, Agnes Meena, du Ministère de l’Élevage et des Pêches de la République unie de Tanzanie, responsable de l’élevage, et de l’OMSA. La session d’ouverture a été animée par le Délégué de l’OMSA pour la République unie de Tanzanie, le Dr Benezeth Lutege, qui a souligné la nécessité d’une compréhension commune de la manière dont les données sont générées, gérées et utilisées pour soutenir une coordination régionale efficace au sein du cadre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Les participants ont été rappelés que l’éradication de la PPR nécessite une action harmonisée au-delà des frontières, en particulier en ce qui concerne les petits mouvements de ruminants, la surveillance, la vaccination et le partage de données, car le virus ne reconnaît pas les frontières nationales.

Group discussion. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Overview of the meeting room. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Aperçu de la salle de réunion. Photo (c) N. Mapitse (omsa) 2026

 

L’importance de la prise en main nationale, de la mise en œuvre cohérente et de la traduction des engagements politiques en actions concrètes a été soulignée. L’engagement continu de l’OMSA à soutenir les pays membres par la coordination, les outils techniques et les partenariats a été souligné par le Dr Neo Maptise, le Représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique de l’Est.

Les autorités nationales ont réaffirmé leur fort engagement envers l’éradication des PPR et la collaboration régionale, soulignant le rôle crucial de l’élevage dans la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la résilience. Le gouvernement de la République unie de Tanzanie a mis en avant d’importants investissements nationaux pour soutenir la vaccination et la traçabilité, complétés par le soutien des partenaires, y compris des contributions aux vaccins. Les intervenants ont souligné que la réalisation de l’objectif d’éradication de 2030 nécessitera non seulement un engagement politique et financier, mais aussi un renforcement des capacités de laboratoire, une utilisation efficace des preuves, et un ciblage plus précis-et basé sur les données des interventions via l’approche épisystémique. L’atelier a été officiellement ouvert avec un appel à des discussions ciblées et axées sur les résultats-, menant à des étapes concrètes aux niveaux national et régional.

Les pays, à savoir:

 

  • Burundi,
  • Djibouti, 
  • Congo (République Démocratique)
  • Kenya,
  • Ouganda
  • Rwanda,
  • Somalie,
  • Soudan,
  • Soudan du Sud et la
  • Tanzanie

…ont partagé leurs expériences nationales, contextes épidémiologiques et les données dont ils disposent. 

Dr Amira Awad, participant from Sudan. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Dre Amira Awad, participante du Soudan. Photo (c) N. Mapitse (omsa) 2026

 

Les présentations techniques ont abordé:

  1. Le schéma directeur PPR GEP qui prévoit des stratégies d’éradication structurées autour des épisystèmes ;
  2. Les lignes directrices et exigences en matière de données pour l’identification et la cartographie des épisystèmes ;
  3. Les perspectives régionales sur les épisystèmes de la PPR en Afrique de l’Est, dans la région des Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique.

Les participants ont participé à des exercices de groupe pour comprendre comment cartographier les populations de bétail, les déplacements, les marchés et les corridors transfrontaliers, ainsi que pour intégrer la surveillance, la vaccination et les données moléculaires afin d’identifier et de valider les épisystèmes PPR.

Les discussions ont mis en lumière l’importance de passer d’approches géographiquement uniformes à des interventions ciblées et basées sur les risques, visant à interrompre la transmission.

Cela a été suivi par la cartographie des épisystèmes spécifiques à chaque pays, qui ont été encore enrichis lors des présentations et des sessions interactives. Ces mesures étaient considérées comme des tirages zéro et constituaient un début suffisant pour concentrer les efforts d’éradication de la PPR.

L’absence de systèmes complets d’identification et de traçabilité animale reste une limitation importante pour cibler et surveiller les interventions PPR. Cependant, en travaillant dans ces contraintes, les informations générées par l’engagement communautaire et les parties prenantes de la chaîne de valeur peuvent fournir des informations pratiques pour les services vétérinaires. De telles informations peuvent soutenir la planification et l’alignement des interventions pour améliorer la couverture vaccinale selon les épisystèmes identifiés, tout en renforçant les-approches communautaires pour atteindre les zones peu desservies et peu desservies. Sur le plan administratif, les pays devront réfléchir attentivement à la manière dont les approches basées sur les épisystèmes-peuvent être opérationnelles en pratique, en particulier lorsque les systèmes de transmission ne correspondent pas aux frontières administratives existantes.

La deuxième composante de l'atelier sur l'harmonisation transfrontalière (29–30 avril 2026) s'est concentrée sur le renforcement de la coordination des pays partageant des écosystèmes communs dans la région des Grands Lacs

Cette région couvre le Burundi, la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, ainsi que la Tanzanie.

Les sessions ont passé en revue :

  • La raison d’être de-l’harmonisation transfrontalière selon l’approche épisystémique ;
  • Les expériences régionales et nationales avec les activités PPR transfrontalières ;
  • Le barrières opérationnelles, politiques et techniques à une mise en œuvre harmonisée.

À travers des discussions animées et des groupes de travail, les participants ont identifié des opportunités pratiques de collaboration, notamment des activités de surveillance conjointes, des campagnes de vaccination synchronisées et un partage des données amélioré. Les contributions ont été regroupées en éléments provisoires d’un cadre d’action harmonisé, qui ont été discutés et approuvés par les participants.

L’atelier transfrontalier a donné lieu à :

  • Une compréhension partagée de l’approche épisystémique comme élément central de l’éradication de la PPR dans le cadre du GEP;
  • Un accord sur la nécessité de cibler les zones ou systèmes de transmission plutôt que les zones administratives ;
  • Une identification des actions nationales et transfrontalières-prioritaires pour la cartographie épisystémique, la surveillance, la vaccination et la coordination ;
  • Une reconnaissance du rôle des indicateurs au niveau de l’outil de monitorage et d’appréciation de la PPR (PMAT : PPR Monitoring and Assessment Tool) et des épisystèmes dans le suivi des progrès et le soutien à l’avancement à travers les étapes du GEP.

La mise en œuvre efficace d’une stratégie d’éradication de la PPR harmonisée basée sur l’épisystème devrait rencontrer plusieurs défis interconnectés. La planification et la collaboration transfrontalières restent complexes en raison de contraintes politiques, techniques et de ressources, soulignant la nécessité de formaliser et d’opérationnaliser les protocoles d’entente (memorandum of understanding, MoU) pertinents et les mécanismes de coordination qui soutiennent la planification conjointe, le partage de données et la synchronisation des interventions entre les épisystèmes partagés.

Atteindre les zones touchées par les conflits, l’insécurité et les infrastructures défaillantes, en particulier dans les pays enclavés et les régions éloignées ou-difficiles d’-accès, présente d’importantes contraintes opérationnelles. Ces défis sont aggravés par la couverture limitée des services vétérinaires dans les zones mal desservies et inaccessibles. Pour y répondre, il faudra des solutions spécifiques au contexte, notamment des approches communautaires renforcées, l’engagement des dirigeants locaux et des parties prenantes de la chaîne de valeur (internes et externes), l’utilisation d’équipes vétérinaires mobiles, ainsi que des modalités de mise en œuvre flexibles adaptées à l’insécurité et aux limitations d’accès.

La diversité politique et institutionnelle complique encore la mise en œuvre, en particulier dans les systèmes fédéraux ou de gouvernance dévolue. Un engagement politique soutenu avec les institutions nationales et-infranationales, y compris-les autorités autonomes et dévolues, est donc essentiel. Mettre en œuvre des approches basées sur les épisystèmes au niveau fédéral, tout en assurant une coordination efficace avec les structures décentralisées, sera essentiel pour maintenir la cohérence des politiques et une mise en œuvre cohérente à l’échelle nationale.

Enfin, les contraintes financières, la capacité de diagnostic insuffisante et l’infrastructure de laboratoire limitée restent des obstacles majeurs. Surmonter ces défis nécessitera une priorisation claire des interventions, une utilisation stratégique de ressources limitées, un renforcement de la collaboration avec les institutions partenaires et une plus grande dépendance aux laboratoires de référence régionaux ou internationaux et aux centres d’excellence pour fournir des services de diagnostic, l’assurance qualité et le soutien technique.

Le Représentant Sous-Régional de l’OMSA, le Dr Neo Mapitse.

WOAH Sub-Regional Representative, Dr Neo Mapitse. Picture (c) S. Kihu (woah) 2026

Le Représentant Sous-Régional de l’OMSA, le Dr Neo Mapitse. Photo (c) S. Kihu (omsa) 2026

 

Dans son allocution de clôture, le Dr Honoré N’lemba Mabela, Président de la Commission régionale de l’OMSA pour l’Afrique, et Délégué OMSA de la RDC, s’exprimant au nom des participants, a remercié tous les participants pour leur présence et a salué le haut niveau d’engagement démontré tout au long de la réunion. Il a exprimé une reconnaissance particulière pour la participation active et les contributions constructives lors des travaux et discussions de groupe, qu’il a notées essentielles à la promotion d’approches pratiques et harmonisées de l’éradication de la PPR.

Le Dr N’lemba a également remercié le gouvernement de la République unie de Tanzanie pour avoir accueilli la réunion et a reconnu les efforts du Secrétariat PPR et de l’OMSA dans l’organisation de l’atelier.

Dr Viola Chemis, WOAH Sub-Regional Representation for Eastern Africa. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Dr Wubishet Wakene, PPR Regional Coordinator for IGAD (PAPS). Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Dr. Simon Kihu, PPR Expert (PAPS), Sub-Regional Representation for Eastern Africa. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026.

Group discussion. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

Group discussion. Picture (c) N. Mapitse (woah) 2026

La réunion a été officiellement close par le Dr Benezeth Lutege, Délégué de la République unie de Tanzanie, qui a réitéré sa reconnaissance à l’OMSA, y compris à la Représentation sous-régionale, pour avoir choisi la Tanzanie comme pays hôte. Au nom du Gouvernement tanzanien, il a réaffirmé l’engagement du pays à mettre en œuvre l’approche épisystémque discutée lors de la réunion et à poursuivre la collaboration avec les partenaires régionaux en vue de l’éradication de la PPR.

Pour aller de l’avant, les participants ont convenu de continuer à renforcer la planification basée sur les épisystèmes, de renforcer-les interventions transfrontalières harmonisées et de maintenir la collaboration via des plateformes régionales. Ces actions contribueront à des progrès durables vers l’objectif mondial d’éradication de la PPR d’ici 2030.

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