Rencontre entre l’équipe projet et les partenaires institutionnels du projet P3V au Togo. Photo (c) P3V (omsa) 2026
3Pays pilotes Sénégal · Togo · Bénin |
19Structures partenaires engagées pour la pérennisation |
90+Engagements formalisés avec indicateurs de suivi |
2027
Mécanismes de suivi évaluation durables |
Lancé en septembre 2020, le Projet “Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires” répond à un constat partagé dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest : les paraprofessionnels vétérinaires (PPV), acteurs de première ligne au contact des éleveurs et des communautés rurales, exercent souvent sans reconnaissance officielle, sans cadre réglementaire clair et sans formation harmonisée avec les standards internationaux de l’OMSA. L’intervention structurée du projet P3V en quatre (4) composantes complémentaires, a couvert l’ensemble des étapes clés du parcourt professionnel des PPV : un diagnostic approfondi fondé sur des études de maillage de la démographie vétérinaire et de genre (composante 0) ; le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire (composante 1) ; l’amélioration de la qualité de la formation initiale et continue (composante 2) ; et l’accompagnement à l’insertion professionnelle et à la viabilité économique des activités vétérinaires de proximité (composante 3).
En cinq (5) années d’intervention, le Projet P3V a notamment accompagné les trois pays pilotes dans l’amélioration du cadre réglementaire favorisant l’intégration des PPV, le renforcement de la compréhension des besoins en personnel vétérinaire et paraprofessionnel, ainsi que le développement de formations sur des thématiques prioritaires, la révision et l’adoption de nouveaux curricula de formation alignés sur les lignes directrices de l’OMSA renforcé les capacités des enseignants des établissements partenaires, doté ces derniers en matériel et équipements pédagogiques, et mis en place des dispositifs nationaux d’accompagnement à l’insertion des PPV diplômés. Ces acquis, dont la pertinence est largement reconnue par l’ensemble des acteurs, devaient désormais trouver leur ancrage au-delà de la durée de vie du projet.
Dans le cadre du projet P3V, sensibilisation des éleveurs et des PPVs sur les bonnes pratiques en santé animale. Photo (c) P3V (omsa) 2025.
En novembre 2025, à l’issue de l’atelier régional de capitalisation organisé à Saly (Sénégal) il a été confirmé la pertinence des acquis du Projet et une recommandation clé a été formulée : la nécessité de formaliser les engagements autonomes par les acteurs nationaux pour en assurer la pérennité. En réponse, l’équipe P3V a conduit des missions de terrain ciblées dans chacun des pays pilotes afin de structurer cette appropriation nationale. Conduites sur la base d’un guide d’entretien partagé en amont avec chaque institution, ces tournées avaient pour objectifs de : dresser une synthèse partagée des appuis reçus jusqu’au 31 décembre 2025, évaluer le niveau réel d’appropriation des outils et dispositifs développés, et recueillir des engagements formalisés, assortis d’indicateurs de suivi mesurables, permettant un suivi post-projet structuré.
Les missions se sont déroulées au Togo du 12 au 17 janvier 2026, au Sénégal du 26 au 31 janvier 2026, et au Bénin du 3 au 6 mars 2026.
Ces tournées ont réuni des acteurs issus de toutes les sphères du système vétérinaire : autorités publiques, ordres professionnels, établissements de formation, ONG et associations de paraprofessionnels. Cette transversalité est précisément ce qui garantit la robustesse des engagements recueillis.
| Catégorie | Sénégal | Togo | Bénin |
| Services vétérinaires | Direction des Services Vétérinaires (DSV) | Direction des Services Vétérinaires (DSV) | Direction de l’Élevage / MAEP (DE-MAEP) |
| Organismes statutaires vétérinaires | Ordre des Docteurs Vétérinaires du Sénégal (ODVS) | Ordre National des Médecins Vétérinaires du Togo (ONMVT) | Ordre National des Médecins Vétérinaires du Bénin (ONMVB) |
| Établissements de formation | ISFAR Bambey · CNFTEIA · USSEIN | INFA · ISMA | EPAC · LAMS |
| ONGs partenaire | Brooke West Africa | Vétérinaires Sans Frontières Suisse au Togo (VSF) | — |
| Associations des PPV | Association des PPV du Sénégal (en structuration) | Association des PPV du Togo | ADENAPE · AMEVEP |
Formation et curricula
Les établissements partenaires des trois pays ont confirmé leur volonté de maintenir les dispositifs pédagogiques construits avec le projet : poursuite des travaux pratiques, maintenance des équipements, appui aux stagiaires et intégration des curricula révisés dans les programmes officiels. Les formations continues des PPV seront désormais financées en mobilisant les projets partenaires existants et les ressources propres des institutions, sans dépendre exclusivement du P3V.
Réglementation et gouvernance
Les Services vétérinaires et les Organismes statutaires des trois pays se sont engagés à maintenir les cadres de concertation dans la mesure du possible, à inscrire les PPV dans les budgets nationaux et à finaliser les textes réglementaires encadrant leur exercice. Ces engagements institutionnels, qui touchent au cœur de la reconnaissance officielle des PPV, constituent les jalons les plus structurants pour la durabilité du projet.
Insertion professionnelle et associations PPV
Les associations de paraprofessionnels vétérinaires du Sénégal, du Togo et du Bénin ont toutes pris des engagements pour renforcer leur fonctionnement interne, recenser les PPV en activité et affirmer leur rôle dans les cadres de concertation nationaux. Le réseau de cabinets vétérinaires partenaires soit plus de 50 structures mobilisées au Togo, Bénin et au Sénégal constitue le principal levier d’insertion des diplômés.
Au Sénégal, où les PPV évoluent déjà dans un cadre institutionnel relativement structuré, plusieurs acteurs avaient anticipé la tournée en engageant des actions concrètes avant même la mission. Les sept structures rencontrées ont démontré une bonne maîtrise des acquis du projet. Le défi principal reste la persistance des tensions entre PPV et vétérinaires privés autour du positionnement professionnel des PPV, et la dépendance aux financements externes pour les formations continues et la maintenance des équipements.
Le Togo présente la trajectoire la plus remarquable : au démarrage du projet en 2020, les PPV n’étaient pas reconnus dans le cadre réglementaire national. Aujourd’hui, leur intégration dans les politiques nationales est acquise, et les outils du P3V sont mobilisés dans d’autres projets partenaires. L’enjeu central reste la finalisation des textes réglementaires, engagée par la DSV, et la formalisation légale de l’Association des PPV du Togo, dont le groupe WhatsApp, créé pour faciliter le coaching des diplômés, illustre déjà la vitalité.
Au Bénin, la révision des curricula est encore en cours et la reconnaissance officielle des PPV se construit progressivement. Les six structures rencontrées ont démontré une mobilisation forte et une vision claire des enjeux. La complémentarité entre l’AMEVEP (vétérinaires praticiens) et l’ADENAPE (paraprofessionnels) illustre un modèle de collaboration inter-associations prometteur, tandis que la DE-MAEP s’engage à inscrire les activités sur le renforcement de capacité des PPV dans le budget national dès 2027.
Au-delà des engagements spécifiques, les acteurs rencontrés ont identifié six (6) conditions systémiques sans lesquelles les acquis du P3V risquent de s’éroder :
Rencontre entre l’équipe projet et les partenaires institutionnels du projet P3V au Togo. Photo (c) P3V (omsa) 2026
Ces conditions reflètent la nature profondément systémique du changement visé par le P3V : il ne s’agit pas seulement de maintenir des activités de formation ou des équipements pédagogiques, mais bien de consolider un écosystème institutionnel où les PPV sont reconnus, formés de façon standardisée, encadrés par des professionnels compétents et insérés de manière durable dans les chaînes de valeur de l’élevage et de la santé animale.
Les engagements recueillis lors de ces tournées serviront de base de référence officielle pour les discussions du dernier Comité de Pilotage (COPIL) du Projet, lors duquel les délégués nationaux seront invités à faire part de l’avancement de leur mise en œuvre. Ces engagements alimenteront également les travaux de capitalisation prévus d’ici la clôture en juin 2026, visant à documenter les bonnes pratiques, les innovations locales et les leçons apprises dans chacun des trois pays.
En parallèle, le projet conduit une étude de transférabilité approfondie destinée à identifier, au-delà des trois pays pilotes, les pays les plus propices à la réplication du modèle P3V. Cette démarche prospective s’appuie sur les analyses contextuelles produites lors des missions de terrain et sur les enseignements tirés des études de démographie vétérinaire et d’insertion professionnelle réalisées tout au long du projet. L’expérience du P3V démontre qu’un investissement ciblé et cohérent dans la formation et la professionnalisation des paraprofessionnels vétérinaires peut produire des changements significatifs et durables dans les systèmes de santé animale. Les engagements pris au Sénégal, au Togo et au Bénin en sont la manifestation la plus concrète : partout où la mission a été conduite, l’appropriation nationale des acquis du projet est désormais en marche.