Twin baby mountain gorilla- VINP. Picture (c) D. Nenwa (Amani Safaris) 2026
Bébés jumeaux, gorilles de montagne- VINP. Photo (c) D. Nenwa (Amani Safaris) 2026.
La Journée mondiale de la vie sauvage (World Wildlife Day – WWD) est une journée annuelle organisée par les Nations Unies pour célébrer les animaux et les plantes sauvages et reconnaître leur contribution essentielle aux populations humaines ainsi qu’à la planète. La date du 3 mars marque la signature, en 1973, de la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et cette journée a été officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2013.
Guidée par la mission de l’OMSA et par l’approche ‘’Une Seule Santé’’, qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes, et vise à les aborder de manière intégrée et coordonnée, l’importance des plantes médicinales apparaît comme un pilier important de la santé intégrée.
Elles offrent des bénéfices thérapeutiques naturels à la faune sauvage. L’importance des plantes médicinales et aromatiques (PMA) nous rappelle que la protection de la diversité végétale est fondamentale pour le maintien de la vie au sein de toutes les espèces.
Pour illustrer ce lien, des chercheurs ont notamment observé comment les grands singes en particulier les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei) du Parc national des Volcans (PNV) au Rwanda utilisent certaines plantes médicinales dans leur alimentation naturelle et dans leurs comportements liés à la santé.
Silverback mountain gorilla eating bambou shoots. Picture (c) J. Ndayambaje (ADEK) 2023
Les types de végétation du Parc National des Volcans sont principalement déterminés par la variation altitudinale. Bien que d’autres facteurs locaux tels que les conditions du sol, la pente, le microclimat, l’exposition au soleil et les conséquences des pratiques de pâturage illégal antérieures des animaux domestiques, influencent également la composition des communautés végétales, l’altitude demeure le facteur dominant qui façonne la répartition de la végétation dans le parc.
Gorille de montagne à dos argenté mangeant des pousses de bambou. Photo (c) J. Ndayambaje (ADEK) 2023.
Map : Vegetation zones in the Virunga Massif (McNeilage 1995) and home range locations of study groups in the northeast (NE) groups and the southwest (SW) group of the Volcanoes National Park in Rwanda (Karisoke/ RDB data) Dietary Variability Among Mountain Gorilla Groups Across Volcanoes National Park, Rwanda - Ihimbazwe - 2025 - Ecology and Evolution - Wiley Online Library.
Carte : Zones de végétation dans le Massif des Virunga (McNeilage 1995) et localisation des domaines vitaux des groupes étudiés dans le nord‑est (NE) et dans le sud‑ouest (SW) du Parc National des Volcans au Rwanda (RDB). Dietary Variability Among Mountain Gorilla Groups Across Volcanoes National Park, Rwanda – Ihimbazwe – 2025 – Ecology and Evolution – Wiley Online Library.
La découverte révolutionnaire selon laquelle les chimpanzés, une autre espèce de Grands Singes utilisaient certaines plantes à des fins médicinales a été révélée pour la première fois dans les années 1970 grâce au travail pionnier du primatologue Dr Richard Wrangham. En étudiant les chimpanzés du Parc National de Gombe Stream, en Tanzanie, il observa un comportement inhabituel : une femelle malade nommée Melissa qui sélectionnait avec soin puis mâchait la moelle amère d’une plante qui ne faisait normalement pas partie du régime alimentaire des chimpanzés. Cette plante, identifiée plus tard comme Vernonia amygdalina (feuille amère), est utilisée depuis longtemps dans la médecine traditionnelle africaine.
Kimanuka silverback lowland gorilla KBNP. Picture (c) D. Nenwa (Amani Safaris) 2025
Gorille des plaines à dos argenté Kimanuka KBNP. Photos (c) D. Nenwa (Amani Safaris) 2025
Des études complémentaires ont montré que certaines des plantes consommées par les gorilles de plaine (Gorilla beringei graueri ) sont utilisées pour les mêmes fins thérapeutiques chez l’être humain. En effet, des plantes utilisées dans la médecine traditionnelle par les guérisseurs gabonais présentent des activités antioxydantes et antibactériennes : Ceiba pentandra, Myrianthus arboreus, des sous‑espèces de Ficus (spp.), ainsi que des extraits bruts d’écorce de Milicia excelsa.
Ces mêmes plantes sont également consommées par les gorilles de plaine de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla) dans le Parc national de Moukalaba‑Doudou (PNMD) au Gabon.
Ceci est au cœur même du projet ZOOSURSY de l’OMSA.
Conscients de ces nouvelles connaissances, les scientifiques ont développé des techniques novatrices et non invasives permettant de collecter du matériel viral à partir de plantes mâchées ou abandonnées par les gorilles. Ces méthodes offrent la possibilité de détecter directement des virus excrétés par voie orale à partir de végétaux mordillés, constituant ainsi un outil sûr et efficace pour la surveillance des maladies de la faune sauvage. Grâce à ces techniques, les virus herpès et les virus foamy simiens zoonotiques ont été identifiés sur des plantes mâchées.
La célébration de la Journée mondiale de la vie sauvage (JMVS) de cette année met en lumière l’urgence de préserver les plantes médicinales et aromatiques qui soutiennent la survie de la faune, les savoirs traditionnels et les moyens de subsistance des communautés. Comme l’illustre le Parc national des Volcans, ces plantes sont indispensables à la santé et aux comportements des grands singes ainsi que de nombreuses autres espèces.