Dans de nombreuses communautés africaines, notamment en zones rurales et reculées, les premiers gestes de santé animale sont assurés par les agents communautaires de santé animale (ACSA) et les para-professionnels vétérinaires (PPV). Acteurs de proximité, ils constituent souvent le premier, et parfois le seul, point de contact entre les éleveurs et les Services Vétérinaires.
Formés et encadrés, les PPV prolongent l’action du vétérinaire jusque dans les hameaux les plus isolés. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), le para-professionnel vétérinaire est une personne habilitée par l’Organisme statutaire vétérinaire d’un pays, conformément aux dispositions du Code sanitaire des animaux terrestres de l’OMSA, à exécuter certaines tâches vétérinaires sous la responsabilité et la supervision d’un docteur vétérinaire.
Le développement, la reconnaissance et le déploiement de différentes catégories de PPV, disposant de niveaux de compétences techniques variés, constituent une approche efficace pour renforcer les effectifs vétérinaires, aussi bien dans le secteur public que privé. Leur contribution est déterminante dans des domaines clés tels que la surveillance et la déclaration des maladies animales, le contrôle sanitaire, la sécurité sanitaire des aliments et l’amélioration de l’accès aux services cliniques et préventifs pour les éleveurs, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès.
Consciente de ce rôle stratégique, l’OMSA accompagne les (pays et territoires) Membres dans la reconnaissance juridique et la professionnalisation des para-professionnels vétérinaires. À cet effet, elle a défini 16 domaines d’activités et des compétences clés permettant aux PPV d’être immédiatement opérationnels sur le terrain, tout en garantissant la qualité et la sécurité des services fournis.
Le Projet Professionnalisation des Para-Professionnels Vétérinaires (P3V) s’inscrit pleinement dans cette dynamique de transformation. À travers l’analyse et la révision des curricula de formation, fondées sur les recommandations et les lignes directrices de l’OMSA, le projet a permis d’introduire des modules essentiels tels que la biosécurité, l’approche “Une Seule Santé” (One Health), la résistance aux antimicrobiens (RAM) et le bien-être animal, auparavant absents de certaines maquettes de formation.
Au-delà du renforcement des contenus pédagogiques, le P3V appuie concrètement les étudiants et futurs PPV à travers un accompagnement financier et la mise à disposition de kits de stage. Ces appuis leur permettent de réaliser efficacement leurs stages de terrain, d’appliquer les compétences acquises, d’être encadrés et de s’inscrire durablement dans les dispositifs nationaux de santé animale.
En structurant, formant et reconnaissant les para-professionnels vétérinaires, le Projet P3V contribue à élever ces acteurs au rang de partenaires indispensables de la santé animale. Cet investissement stratégique permet non seulement de renforcer la sécurité sanitaire des cheptels, mais aussi de soutenir les moyens de subsistance des communautés rurales et de consolider la résilience des systèmes de santé animale face aux défis actuels et futurs.
Les para-professionnels vétérinaires, piliers de la santé animale au cœur des communautés (en Français). Video (c) OMSA (P3V) 2025