Les animaux et les produits d’origine animale jouent un rôle essentiel dans la société humaine, en fournissant de la nourriture, des moyens de subsistance, de la compagnie et une valeur économique. Cependant, ils sont de plus en plus victimes d’activités illégales et criminelles qui mettent en péril la sécurité alimentaire, compromettent la stabilité économique et menacent la sécurité nationale. Collectivement appelées « agrocriminalité liée aux animaux », ces activités comprennent la falsification de produits vétérinaires, les violations du bien-être animal, la libération délibérée d’agents pathogènes, la fraude alimentaire, le non-respect de la réglementation, le commerce illicite d’espèces sauvages, la contrebande et le braconnage. Pour faire face à ces menaces, une action coordonnée des services vétérinaires et des forces de l’ordre est nécessaire. En favorisant la collaboration, ces deux secteurs peuvent mobiliser des ressources et des compétences supplémentaires, améliorer le partage d’informations et affiner l’évaluation des risques et des menaces afin de lutter plus efficacement contre la criminalité agricole liée aux animaux.
Afin de lutter contre l’agrocriminalité, l’OMSA et INTERPOL ont organisé conjointement un atelier visant à mettre en œuvre le projet de feuille de route sur l’agrocriminalité, un nouveau cadre destiné à renforcer la coopération entre les services vétérinaires et les services chargés de l’application de la loi. Organisé du 25 au 28 novembre à Harare, au Zimbabwe, l’atelier stratégique sur la lutte contre la criminalité agricole a réuni des représentants des neuf pays bénéficiaires du projet « Renforcement de la résilience institutionnelle face aux menaces biologiques » (FIRABioT) : l’Algérie, la République du Congo, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Maroc, la Namibie, la Tanzanie et le Zimbabwe.
« Le message que je souhaite vous transmettre aujourd’hui est simple : nous ne pouvons pas agir chacun de notre côté. Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne respectent ni les mandats institutionnels ni les frontières nationales. Une prévention, une détection et une réponse efficaces nécessitent toutes une collaboration : des évaluations conjointes, des activités de préparation communes et une réponse coordonnée. Mais surtout, elles nécessitent des relations de confiance. » – Dr Daniel Donachie, responsable du programme de gestion des urgences, OMSA
Dr Daniel Donachie, responsable du programme de gestion des urgences, OMSA
Participants working on the Agro-Crime Roadmap. Picture © I. Busuulwa (woah) 2025.
La séance d’ouverture a été marquée par les allocutions du Dr Daniel Donachie, au nom du Dr Moetapele Letshwenyo, représentant sous-régional de l’OMSA pour l’Afrique australe, et d’Adrien Sivignon, coordinateur de l’unité de prévention du bioterrorisme d’INTERPOL. Tous deux ont souligné le partenariat de longue date entre leurs organisations pour protéger les sociétés contre les menaces biologiques. Au nom du gouvernement canadien, Jessica Dawson, conseillère à l’ambassade du Canada au Zimbabwe, a souligné le soutien continu du Canada à travers le Programme de réduction des menaces liées aux armes et le Partenariat mondial contre la prolifération des armes et des matières de destruction massive.
L’atelier a été officiellement ouvert par le professeur Obert Jiri, secrétaire permanent du ministère des Terres, de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Eau et du Développement rural du gouvernement du Zimbabwe. M. Jiri a souligné la menace croissante que représente la criminalité agricole et a réaffirmé l’engagement du Zimbabwe en faveur de la biosécurité nationale et de la collaboration multisectorielle, soutenu par le FIRABioT et les partenariats avec l’OMSA, INTERPOL et Affaires mondiales Canada.
Adrien Sivignon, coordinateur, Unité de prévention du bioterrorisme, INTERPOL
Professeur Dr Obert Jiri, secrétaire permanent du ministère des Terres, de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Eau et du Développement rural, Zimbabwe
Ms. Jessica Dawson - Counsellor, Embassy of Canada to Zimbabwe, Professor Dr. Obert Jiri - Permanent Secretary for the Ministry of Lands, Agriculture, Fisheries, Water and Rural Development, Dr. Lawrence Dinginya – Director Veterinary Technical Services during the opening session. Picture © I. Busuulwa (woah) 2025.
Pendant quatre jours, les participants ont examiné la feuille de route sur l’agrocriminalité, identifié les crimes prioritaires qui touchent leur pays, les mesures à prendre pour les combattre et les principaux acteurs à mobiliser pour mettre en œuvre ces mesures. Grâce à une série d’interventions d’experts et d’exercices d’apprentissage guidés, l’atelier a permis aux participants de se familiariser avec l’agrocriminalité et ses effets, les éléments clés de la feuille de route, ainsi que les stratégies et les mesures que les pays peuvent mettre en place pour renforcer la collaboration entre les principaux acteurs. Les équipes ont partagé leurs connaissances et leurs expériences entre les pays et chacune a élaboré un projet de feuille de route nationale.
Elles ont également fourni des commentaires précieux sur la feuille de route, notamment des stratégies visant à garantir son adoption au niveau national. Le dernier jour, les pays ont présenté leur état de préparation actuel et les prochaines étapes visant à renforcer leurs réponses collectives à l’agrocriminalité. Le Dr Pious Makaya, délégué de l’OMSA pour le Zimbabwe, a prononcé le discours de clôture et a félicité les participants pour leurs excellents efforts tout au long de l’atelier.
Dr. Pious Makaya, WOAH Delegate for Zimbabwe (5th from the left) with workshop resource persons and facilitators. Picture © I. Busuulwa (woah) 2025.
À l’avenir, les neuf pays participant au projet FIRABioT continueront à élaborer et à mettre en œuvre leurs feuilles de route en matière d’agrocriminalité, tandis que l’OMSA et INTERPOL affineront l’outil d’orientation et fourniront une assistance technique aux Membres pour sa mise en œuvre.
Cette initiative de renforcement des capacités s’inscrit dans le cadre du projet « Fortifying Institutional Resilience against Biological Threats » (FIRABioT), financé par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Global Affairs Canada, en soutien à l’initiative phare du Partenariat mondial pour atténuer les menaces biologiques en Afrique.