Le 26 novembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), avec le soutien financier de l’Agence française de développement (AFD), a organisé un webinaire consacré à l’impact et à la capitalisation du Projet « Professionnalisation des para-professionnels vétérinaires » (P3V). Cet événement avait pour objectif de mettre en lumière les principaux résultats du Projet, les enseignements tirés de sa mise en œuvre et les perspectives de consolidation des acquis.
Le présent article s’inscrit dans une série de cinq contributions issues de ce webinaire, chacune correspondant à une présentation. Après un premier article consacré à la présentation générale du projet P3V et un deuxième article dédié à l’analyse de ses impacts et des enseignements tirés de sa mise en œuvre, ce troisième article porte sur l’analyse des besoins réels des éleveurs et éleveuses en matière de services vétérinaires, avec une attention particulière accordée aux femmes et aux jeunes, notamment au Sénégal et au Togo.
Ce troisième article s’appuie sur la présentation assurée par Dr Géraud Hellow, de Vétérinaires Sans Frontières Suisse (VSF-Suisse), réalisée en collaboration avec Brooke, dans le cadre de leur mandat au titre de la composante 1 du Projet P3V, dédiée au développement de l’environnement institutionnel, à la concertation entre les acteurs de la santé animale et au renforcement de la place des para-professionnels vétérinaires (PPV) au sein des réseaux de services vétérinaires.
L’objectif principal de cette étude était de mieux comprendre les besoins spécifiques des femmes et des jeunes éleveurs et éleveuses, notamment en milieu rural, afin de contribuer à l’amélioration de leur accès à des services vétérinaires de qualité, adaptés à leurs réalités socio-économiques.
Cette démarche répond à un constat partagé : malgré leur rôle central dans les systèmes d’élevage, les femmes et les jeunes restent souvent insuffisamment pris en compte dans la conception et la mise en œuvre des dispositifs de santé animale.
Pour identifier ces besoins, Brooke et VSF-Suisse ont mobilisé une méthodologie différenciée, tenant compte des contextes propres à chaque pays.
Au Sénégal, l’approche a reposé principalement sur :
Au Togo, la méthodologie a combiné :
Ces approches ont permis de recueillir des données riches, reflétant la diversité des profils d’éleveur(euse)s, des systèmes de production et des contraintes locales.
Les résultats de l’étude mettent en évidence des besoins variés, influencés par plusieurs facteurs : localisation géographique, niveau d’instruction, type d’élevage et niveau de revenu.
Parmi les besoins clairement exprimés par les éleveur·euses figurent :
Dans les zones rurales, notamment auprès de femmes peu ou pas scolarisées, certains besoins sont apparus de manière indirecte, car les éleveurs et éleveuses n’étaient pas en mesure d’exprimer leurs propres besoins. Ils concernent notamment :
Renforcer la concertation entre les acteurs
Au Sénégal, le P3V a contribué à la redynamisation du cadre national de concertation, existant depuis 2018, et à la mise en place de cinq cadres régionaux couvrant les principaux bassins d’élevage.
Au Togo, le projet a appuyé la création d’un cadre national de concertation, formalisé par un projet d’arrêté, ainsi que l’installation de cadres locaux dans les cinq zones agroécologiques, intégrant explicitement la participation des femmes.
Soutenir la communication et la sensibilisation
Le Projet a également renforcé les actions de communication et de sensibilisation, à travers :
Avec pour objectif de mieux faire connaître les rôles des PPV, de renforcer la confiance des éleveur(euse)s et de favoriser un recours plus éclairé aux Services Vétérinaires.
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis demeurent, parmi lesquels :
L’étude met en avant plusieurs axes d’amélioration, notamment :
Cette troisième présentation du webinaire souligne l’importance de placer les besoins réels des bénéficiaires au cœur des interventions en santé animale. En tenant compte de manière ciblée des attentes des femmes et des jeunes éleveurs et éleveuses, le Projet P3V a contribué à renforcer la pertinence, l’équité et l’efficacité des Services Vétérinaires au Sénégal et au Togo.
Les enseignements tirés de cette analyse constituent un socle essentiel pour réfléchir à la pérennisation des acquis et à la capitalisation des expériences, qui feront l’objet du quatrième article de cette série, consacré aux outils de capitalisation et à leur rôle dans la durabilité du Projet P3V.
Besoins des éleveurs et éleveuses en matière de Services Vétérinaires au Togo et au Sénégal, Dr Géraud Hellow (VSF).